Quelle éducation aux sciences et aux technologies ?

Nous nous proposons de porter un autre regard sur la jeunesse et de prendre positivement en considération les initiatives d’ordre scientifique d’adolescents qui n’ont cure de mises en garde.

Ils veulent vivre pleinement dans la réalité. Ils savent qu’il faut aimer ce qu’on fait et tout entreprendre pour faire ce que l’on aime car, là où se trouve une volonté, un chemin existe.

Souvent, nous nous rendrons compte qu’au départ, un petit coup de pouce est nécessaire pour mettre en route des réalisations concrètes. De nombreuses bonnes volontés n’hésitent pas à s’investir, de manière isolée ou au sein d’une organisation ou association pour organiser des classes vertes ou toute autre manifestation de découverte de la nature. Lors de ces stages, les enfants sont invités d’abord à observer, ensuite à essayer de comprendre et enfin à imaginer. Les animateurs veillent à ne jamais pousser les jeunes mais au contraire, à leur donner une idée de projet et un contexte pour le réaliser. Dans une ambiance la plus ludique possible, nos futurs scientifiques travaillent ensemble, et apprennent parfois plus par ce type d’expérience que pendant toute une année de cours. On ne le répétera sans doute jamais assez : l’expérience pratique reste un complément indispensable à la théorie. A ce stade, il semble intéressant de développer quelques réflexions sur l’enseignement des sciences.

Deux voies principales se dessinent et se rejoignent de temps à autre. La première voie est suivie par l’enseignant qui inculque la matière théorique et, dans le meilleur des cas, expose les applications qu’il sait omniprésentes dans notre environnement quotidien. Exemple : en chimie, il développe les principes des réactions d’oxydoréduction et les explique en montrant le fonctionnement interne des piles. Il continue parfois en insistant sur l’importance pour le cardiaque qui utilise un « pace-maker » implanté dans sa peau, de disposer d’une pile qui ne doit pas être remplacée après quelques mois d’utilisation. Notons que les établissements qui ont la chance de pouvoir encore assurer des séances pratiques de laboratoire procurent à leurs élèves un complément d’une richesse trop souvent sous estimée.

En généralisant, le message peut se résumer à ceci : « voici la Science et voici ce qu’on peut faire grâce à elle ». Si l’enseignant pense à développer l’esprit critique des élèves, le message devient : « Voici ce que sont les théories scientifiques développées à partir de cette compréhension de la nature ». Une deuxième voie consiste à intégrer la première dans une problématique posée aux élèves. Il s’agit dans ce cas de placer les étudiants devant un problème concret et, au travers du choix d’une solution, de leur apprendre les fondations théoriques.

Cette deuxième voie peut se résumer par cette formule : « Les cours de sciences ne se réduisent pas à l’apprentissage de formules théoriques qu’il faut ensuite appliquer dans un exercice pour trouver l’unique bonne réponse, pratique pour les corrections. Au contraire, les cours de sciences sont un moyen de découvrir et de comprendre modestement les choses qui nous entourent. Et au niveau des exercices, la quête de la solution unique est gérée dans un contexte plus global où l’accent est mis sur la capacité de proposer plusieurs solutions, d’en choisir une et de trouver, pour celle-là la réponse éventuellement unique». Le gain évident pour les élèves est de mieux comprendre la nature et le fonctionnement des objets qui les entourent. – La méthode leur permet de se prouver qu’ils sont capables d’observer et de comprendre et les amène à devenir plus curieux.

Comment générer autrement des vocations scientifiques qu’en les conduisant à aimer apprendre ? Par la suite, ils acquièrent un bagage qui leur permet, face à une situation, de jouir d’un champs d’imagination de plus en plus vaste et fertile. L’élève aura plus d’armes pour se positionner selon ses affinités par rapport aux différents choix de carrière.

S’il souhaite faire avancer la compréhension de la nature, il choisira la recherche fondamentale. Par contre, s’il souhaite développer des applications pour les connaissances actuelles, il pourra y arriver en choisissant, par exemple, des études d’ingénieur. Cette conception de l’enseignement n’exclut absolument pas l’ancienne. Elle la complète et est à ce titre, d’autant plus porteuse que non imposée. C’est en dehors de l’école que de nombreux projets scientifiques sont concrétisés par les jeunes à qui, une organisation ou association extérieure, a confié une idée pour les occuper intelligemment.

Cependant, une fois le premier pas franchi, ce sont les jeunes eux-mêmes qui transforment selon leur intuition, l’idée de départ et qui proposent même de nouveaux projets. Stimuler, au travers d’exemples concrets, de telles initiatives chez les adultes et les jeunes afin de communiquer chez ces jeunes une soif d’apprendre.
Remarquons, pour finir, que les programmes de notre enseignement primaire et secondaire trop chargés et assez théoriques, ne laissent malheureusement aucun, répit, à nos jeunes, pour développer convenablement leur imagination et leur créativité…

Ajouter à cela les heures supplémentaires et de bachotage qui abrutissent nos futurs hommes de sciences et qu’il faudra bannir. Enfin, on peut également suggérer à certains de nos enseignants d’éviter les  « dictées » des matières scientifiques et technologiques en incitant les jeunes à cultiver, à travers la leçon, un esprit critique et éveillé. Cela pourrait nous donner de meilleurs résultats…

Par Professeur Abdelaziz Daoud

La Société de L’Information : ENJEUX ET TENDANCES

Le développement croissant des Technologies de l’Information dans tous les secteurs de la vie économique, sociale et culturelle constitue un mouvement fort et irréversible qui contribue à l’émergence de ce que l’on appelle la Société de l’Information.

La Société de l’Information se caractérise par la généralisation progressive de l’immatériel dans la production industrielle et les services.

i. Au cours des dix dernières années sont, en effet, apparues des transformations économiques radicales dans les sociétés occidentales qui résultent de l’internationalisation des échanges (mondialisation de l’économie) et de leur accélération, de l’augmentation de la productivité, de modifications des rapports de forces à l’échelle planétaire, d’une recherche permanente de la réduction des coûts de gestion interne des organisations et de l’effacement progressif du rôle de l’Etat.

Ces transformations se traduisent par:

  • le renforcement des phénomènes de concentration économique et capitalistique (ex. : renforcement du rôle financier de Londres)
  • des délocalisations/relocalisations d’activités (ex. . sous-traitance « offshore » dans des pays à main d’oeuvre faiblement qualifiée),
  • l’introduction de la flexibilité dans l’organisation du travail (temps partagé, horaires modulés, annualisation du temps de travail..) et dans les rapports sociaux (ex. : modification des rapports entre sphère professionnelle et sphère privée),
  • la modification des processus de production (généralisation de l’immatériel dans la production, procédures de « juste à temps », Kan-Ban, EDI…dans l’automobile, la grande distribution, l’aéronautique, la fabrication du lait, le textile…),
  • des changements dans les rapports internes aux organisations (Ex: Business Process Re-Engeneering), entre organisations (ex: EDI) et entre organisations et clients (optimisation de la fonction guichet).

ii. Les Technologies de l’Information et l’Information elles-mêmes jouent un rôle déterminant dans de telles transformations et l’on peut légitimement penser que ce rôle va encore se renforcer. Selon certains experts, tels que Gérard Théry – auteur en 1994 du rapport sur le développement des autoroutes de l’information en France, elles introduiraient même une révolution comparable à celle de la révolution industrielle, de l’apparition de l’automobile, de l’électricité ou du chemin de fer, les impacts de cette révolution étant encore incalculables.

Quelques exemples montrent l’importance croissante des Technologies de l’Information, accélérée par les nouvelles possibilités techniques qu’offrent la compression numérique et le développement des réseaux à très haut débit (réseaux ATM) d’une part, et la baisse des coûts des matériels d’autre part :

  • la « corbeille » boursière est aujourd’hui mondialisée et virtuelle en raison du développement de réseaux de télécommunications mondiaux comme NASDAQ, SEAQ ou GLOBEX qui permettent une consultation en temps réel des informations et des cotations et des transactions électroniques;
  • les télécommunications permettent à un fabricant de matériel informatique comme Elonex de gérer sa production sur des sites différenciés: recherche et conception dans un laboratoire de la Silicon Valley en Californie, fabrication des composants électroniques dans le Sud-Est Asiatique, assemblage en Europe;
  • certaines administrations centrales situées à Dublin (Eire) ont pu délocaliser leurs activités dans d’autres régions de l’Irlande et permettre ainsi à leurs employés de bénéficier d’une meilleure qualité de vie, grâce à la mise en place d’un réseau de télécommunications dédié;
  • par l’introduction de l’EDI dans des secteurs comme le bâtiment et les travaux publics (programme « Communication-Construction » du Plan Construction et Architecture), les délais de paiement des entreprises de travaux publics ont été considérablement réduits;
  • la synergie développée entre les Ministères Américains de la Défense et de la Santé au cours des opérations de paix en Bosnie a conduit à accélérer les recherches sur les techniques de visiodiagnostic de patients utilisant la numérisation des images;
  • le développement d’Internet a permis à la ville de La Ferté-Bernard (Sarthe) d’engager des coopérations internationales en matière de recherche en robotique industrielle et de promotion des entreprises locales situées sur le territoire.

Signes de la généralisation des Technologies de l’Information, les mécanismes de concentration des opérateurs s’accélèrent. Ainsi, aux Etats-Unis on observe un rapprochement entre « telcos » et câblo-opérateurs; les nouveaux fournisseurs de services se multiplient, générant parfois des profits énormes comme Netscape avec le développement d’Internet; des entreprises se situant dans des secteurs plus traditionnels comme General Motors ou l’Union des Banques Suisses choisissent d’investir fortement dans le domaine des télécommunications; des accords entre éditeurs, opérateurs de télécommunications, fournisseurs de services, fabricants de matériels informatiques se concluent; les perspectives de la généralisation de la dérégulation en Europe étendue à la téléphonie vocale fixe tendent à accélérer ce mouvement comme cela a été observable dans le secteur de la téléphonie mobile ou de la transmission des données, avivant la concurrence entre les acteurs. Au total, on estime à près de 4000 milliards de francs le marché des services informatiques, audiovisuels et de télécommunications en Europe et aux Etats-Unis en 2000 alors que ce marché ne représentait qu’environ 1600 milliards de francs en 1990 et 2700 milliards de francs en 1995.

Se crée ainsi progressivement une poussée technologique (« technology push ») sous l’impulsion des industriels. Celle-ci exerce une pression de plus en pus forte sur la demande des consommateurs laquelle, en particulier dans le domaine privé, n’est pas encore clairement exprimée.

iii. Le développement de la Société de l’Information représente un certain nombre d’opportunités pour les organisations, les territoires et les activités, parmi lesquelles:

  • la dynamisation du tissu économique et social par l’introduction et la structuration de pratiques de réseaux qui remettent en question les cloisonnements traditionnels et par la flexibilité comme facteur de mobilité et d’innovation;
  • la diminution de coûts résultant de la mise en oeuvre de services partagés et de circuits courts;
  • l’amélioration de la qualité de vie par les possibilités d’aménagement du temps et de localisation du travail;
  • le développement et l’accélération des échanges qui permettent un enrichissement mutuel des organisations, des individus, de leurs savoir-faire et de leurs compétences;
  • la constitution ou le renforcement des pôles de croissance générateurs de valeur ajoutée dans les secteurs des télécommunications et de l’informatique et dans les autres domaines des transports, de la finance, de la distribution, de la formation, de la médecine, de la presse, etc…

En créant de nouveaux emplois et métiers, en valorisant les savoir-faire, en injectant de la valeur ajoutée financière, ces pôles contribuent à restructurer les territoires régionaux sur lesquels ils sont implantés et à créer dans une compétition internationale de plus en plus forte, un « différentiel d’attractivité » de nature à séduire de nouveaux investisseurs;

  • la création d’emplois qualifiés et surtout l’émergence de nouveaux métiers et de nouveaux savoir-faire dans des domaines encore inconnus il y a peu de temps. Le Livre Blanc « Croissance, Compétitivité, Emploi » de Jacques Delors souligne ainsi que « du fait qu’elles comptent parmi les secteurs qui connaissent la croissance la plus rapide dans les pays industriels et qu’elles exigent une main d’oeuvre très qualifiée, les technologies de l’Information et de la communication représentent un énorme potentiel en matière de création d’emploi, en particulier pour la création de nouveaux services ».

iv. Cette approche optimiste des opportunités de la Société de l’Information doit cependant être modulée par une prise en compte réaliste des risques et des impacts potentiellement négatifs des Technologies de l’Information: ..’

  • un certain nombre d’incertitudes lourdes illustrées par l’apparition de tendances, d’ailleurs parfois contradictoires, mais rapides dans leur évolution (concentrations économiques et urbaines, « fragilité » des activités économiques, accroissement des fragmentations économiques et sociales…) – ainsi que le montrent ces dernières années – existent quant aux impacts économiques, sociaux, culturels des Technologies de l’Information. De ce point de vue, la Société de l’Information constitue en grande partie un saut dans l’inconnu. ainsi, comment vont évoluer les territoires urbains dans les prochaines années au regard des modifications de flux d’échanges et d’activités (délocalisations) ? Quelle sera la nouvelle structure des emplois et des métiers de demain? Comment l’organisation sociale va-t-elle progressivement intégrer ce développement de la Société de l’Information?
  • on assiste aujourd’hui à l’échelle mondiale à une redistribution des pouvoirs et une modification des rapports de forces économiques qui combinent d’un côté flexibilité dans l’organisation des entreprises et dans leurs relations, et de l’autre concentration des capitaux et des savoir-faire.

Cette concentration se bâtit en grande partie sur des alliances stratégiques sur le plan mondial qui échappent totalement aux décisions politiques des Etats. Il en est ainsi des rapprochements entre éditeurs-concepteurs de programmes et de logiciels, opérateurs de télécommunications et prestataires de services.

L’enjeu est clair: contrôler à l’échelle mondiale l’ensemble de la chaîne multimédia « conception – diffusion – réseaux – commercialisation » de façon à créer des points de passage obligés d’accès à l’information pour les utilisateurs. Paradoxalement, la constitution et la survie de ces nouveaux empires est d’autant plus fragile que de nouvelles concurrences peuvent émerger à tous moments par la constitution de nouvelles alliances et/ou la fabrication de nouveaux produits réalisés à moindres coûts.

Le risque est, par conséquent, très important de voir se développer sur le plan mondial, de nouveaux mécanismes de contrôle de l’information qui échappent à toute négociation politique;

  • l’information devient un facteur de différenciation économique et sociale majeur par conséquent, d’accroissement des fragmentations.

L’histoire des sociétés montre que l’information a toujours joué un rôle important dans le développement économique: le dynamisme des ports phéniciens, de la république de Venise, le développement commercial des villes hanséatiques, la structuration des bourses financières, pour ne citer que quelques exemples, se sont réalisés grâce à l’apport et au rôle structurant de l’information sous ses formes les plus diverses (missives, navires, télégraphe…). Le changement qu’introduit la Société de information ne transforme pas fondamentalement ce rôle qui se caractérise au contraire par:

  • une accélération des processus d’échanges rendue possible par les nouvelles techniques de l’informatique et des réseaux, répondant à la nécessité d’augmenter la productivité,
  • le caractère de plus en plus stratégique de l’information.

Dès lors, se créent indiciblement, mais réellement, des différences entre les individus, organisations et entreprises qui possèdent l’information et qui peuvent avoir accès à cette information et les individus, organisations et entreprises qui ne disposent pas de l’information et des moyens d’y accéder. Ce processus de fragmentation par différenciation a bien entendu un impact social dans la mesure où l’information devient un nouveau facteur d’accroissement des exclusions. Le rapport Bangemann* souligne d’ailleurs ce risque: « Le principal danger réside dans la création d’une société à deux vitesses dans laquelle seule une partie de la population a accès aux nouvelles technologies, les utilise avec aisance et jouit des avantages qu’elles procurent » ayant pour conséquence possible « un rejet de la nouvelle culture de l’information et de ses outils ».

L’existence de ces risques ne doit pas apparaître comme un élément rédhibitoire contribuant à inhiber toute action en faveur de la Société de l’Information. La prise en compte réaliste des impacts potentiellement négatifs du développement des Technologies de l’Information est indispensable à l’accompagnement de l’émergence de la Société de l’Information. Elle ne saurait à elle seule masquer les opportunités que celle-ci représente.

La connaissance des enjeux, des tendances et des opportunités comme des risques de la Société de l’information apparaît indispensable à l’élaboration de toute stratégie régionale dans ce domaine et ce pour au moins deux raisons:

  • les Technologies de l’Information ont un impact économique et social sur les territoires. De ce point de vue, leur développement et leur accompagnement ne sauraient être pensés en dehors de l’action économique et sociale et de l’aménagement du territoire.
  • les Technologies de l’Information favorisent l’émergence de dynamiques internes et leur insertion dans les flux mondiaux d’échanges économiques et d’informations; elles ouvrent de ce fait de nouvelles perspectives pour la TUNISIE dans ses relations avec d’autres régions du monde.

C’est cette connaissance qui détermine aujourd’hui clairement l’engagement de notre pays, impliquée depuis quelques années dans une dynamique de soutien à la création de nouveaux services utilisant les Technologies de l’Information, dans la Société de l’Information.

* – Le rapport Bangemann identifie de façon précise dix domaines d’application permettant la mise en place de la Société de l’Information en Europe:

  • Le télétravail (davantage d’emplois et des emplois nouveaux pour une société mobile),
  • L’enseignement à distance (formation permanente dans une société en mutation),
  • Le réseau entre les universités et les centres de recherche (mise en réseau des cerveaux en Europe),
  • Les services télématiques pour les petites et moyennes entreprises (relancer le principal moteur de la croissance et de l’emploi en Europe),
  • La gestion du trafic routier (des routes électroniques pour une meilleure qualité de vie)
  • Le contrôle du trafic aérien (des voies aériennes électroniques pour l’Europe),
  • Les réseaux de santé (des systèmes de soins de santé moins coûteux et plus efficaces pour l’Europe),
  • L’informatisation des appels d’offres (des administrations plus efficaces et moins coûteuses ),
  • Le réseau trans-européen des administrations publiques,
  • Les autoroutes de l’information urbaines (pour porter la société de l’information chez le particulier).

Le rapport Bangemann précise par ailleurs que le développement de la Société de l’Information doit s’effectuer « sous la conduite du marché ».

Ce plan d’action mérite d’être envisagé et appliqué au niveau de l’UMA……

 

Par Professeur Abdelaziz Daoud

Tourisme et TIC

Comment la non utilisation des TIC constitue une menace pour les entreprises du tourisme

L’intégration des nouvelles technologies de l’information et de la communication TIC transforme continuellement le tourisme mondial. Hélas, en Tunisie, le sous-investissement en TIC dans le secteur touristique lui porte désormais préjudice par rapport aux pays concurrents de la méditerranée, notamment la Turquie, la Grèce, l’Italie, l’Espagne…

Raison pour laquelle, il est temps que notre pays s’emploie à diversifier ce secteur stratégique, entre autres en optant pour un tourisme scientifique (congrès, séminaires, colloques, expositions…), rien que pour répondre à la logique de confort désormais exigée par les tours- opérateurs occidentaux. Il est ainsi fondamental de concevoir un tourisme alternatif qui repose sur l’introduction régulière et progressive des innovations technologiques.

Les champs d’application des T.I.C nous permettent aussi de repenser l’avenir d’un territoire pour un tourisme qui profite à toutes les couches de la population. En effet, les T.I.C permettent de cibler des nouveaux marchés en assurant l’information, la prospection, la commercialisation de nouveaux produits du terroir en valorisant des nouveaux sites touristiques et des monuments historiques.

En d’autres termes, la politique d’innovation doit faire en sorte que les T.I.C irriguent l’ensemble des activités touristiques et cela dans toutes les régions. Autrement dit, le recours de plus en plus important aux TIC, de la part des régions, des municipalités et des communes, est vital pour le développement touristique… L’enjeu consiste à séduire le touriste en lui proposant des services répondant à ses attentes, mais aussi  à satisfaire les besoins des citoyens et des entreprises ancrés sur le territoire ciblé.

Ce qui est sûr, c’est que la géo-localisation apporte une plus-value par rapport à une communication traditionnelle. Elle introduit de nouvelles méthodes de communication pour le tourisme. C’est une communication localisante et en temps réel ; c’est donc un procédé d’accès à l’information rapide et complète qui a tout pour séduire et servir les touristes.
Afin de mettre à niveau nos sites touristiques, les innovations technologiques deviennent incontournables, elles doivent être conçues comme une transformation des façons de penser et d’agir nécessitant une ré-allocation des compétences nationales plus auto-centrées vers des sources de créativité au niveau de tout le territoire (littoral et rural). Idem, la géo-localisation permet de préserver les patrimoines historiques, et de structurer et mieux organiser le tourisme des circuits culturels et historiques.

En Occident, la géo-localisation fait désormais partie des fondamentaux dans le tourisme. En effet, les touristes ont besoin de ce type d’entrée pour préparer leur séjour : les itinéraires, les « attractions » (musées, restaurants, magasins et monuments…) à proximité du lieu ciblé. Les jeunes générations privilégient de plus en plus ce type de recherche « multimédia » pour chaque destination.
Avec la géo-localisation, l’on peut faire rêver l’internaute-touriste ; lui proposer du conseil, créer de la valeur ajoutée au produit touristique local et améliorer la visibilité aux professionnels avec un « retour sur investissement » attractif
L’internaute-touriste n’est plus prêt à payer pour disposer simplement d’informations géo-localisées figées, car la valeur perçue est beaucoup trop faible. En effet, à l’inverse d’une carte géographique papier, il est possible d’actualiser les données de la géo-localisation proposée en temps réel, …

A titre d’exemple, TourismeDecouverte.com est un guide touristique français géo-localisé qui facilite la recherche en temps réel et prépare de telles visites : identifier toutes les sorties possibles, découvrir les fiches détaillées de chaque site à visiter, visualiser les lieux en amont et préparer son itinéraire avant chaque sortie … Avec ce guide touristique français, l’on peut visualiser directement sur son smart-phone tout ce qu’il y a à visiter autour de soi : Parcs, châteaux, musées, spectacles, grottes, sites historiques… Ce faisant, toutes les possibilités de sorties s’affichent instantanément. Si une sortie séduit, il suffit de cliquer sur l’écran pour en savoir beaucoup plus… il est même possible de faire une pré-visite virtuelle en se déplaçant en 3D autour du monument que l’on souhaite visiter en précisant quel itinéraire on veut emprunter avec les détails qu’il faut.

La géo-localisation s’avère un outil non-négligeable au service du développement touristique des collectivités territoriales et des sites touristiques et des monuments historiques en vu de valoriser leurs patrimoines.

Un chiffre-clé, en Tunisie, il y a plus de 1000 hôtels et 30 000 sites historiques dignes de ce nom ; ce qui donne une idée réelle sur l’ampleur du travail de géo-localisation à réaliser.
C’est pourquoi il est temps que notre pays mette en place une première stratégie nationale pour géo-localiser en temps réel les plus importants de nos sites touristiques et de nos monuments historiques.

Hassen Chaari
Universitaire, Président de l’Association pour le développement de la recherche et de l’innovation ADRI et de l’Association de rapprochement tuniso-allemand ARTA

Colloque sur la géo-localisation des sites touristiques
et les monuments historique, Hammamet 3.4.2014

Nouveau Bureau Directeur pour l’ADRI

Suite à notre Assemblée Générale Ordinaire de l’ADRI tenue le 29.05.2014 au siège social de l’Association au technopark El-Gazala, un nouveau bureau a été désigné pour les deux prochaines années (2014-2016).

La composition du nouveau Bureau est la suivante:

  • Président : M. Hassen Chaâri
  • Vice-Président : M. Néjib Belhabib
  • Secrétaire Général : M. Hafedh Ghaha
  • Secrétaire Général Adjoint: M. Mehdi Hadrouchi
  • Trésorier : M. Essaaid Laâter
  • Trésorier Adjoint : M. Chaker Essid
  • Membre chargé de la communication : M. Abdelmonam Kouka
  • Membre chargé de la documentation : Mme Houda Jarraya
  • Membre chargé de développement des outils internes : Sofiène Dabbouli
  • Membre chargé de la veille : Mme Imène Masmoudi
  • Membre chargé de la plateforme technique : Maher Hosni