Quel enjeux pour rétablir la confiance ?

OPINIONS – 17.08.2012

http://www.leaders.com.tn/article/9099-quel-enjeux-pour-retablir-la-confiance

Héritière d’une civilisation vieille de 3000 ans, la Tunisie se distingue par un emplacement stratégique au cœur du bassin méditerranéen et par l’existence d’une brillante intelligentsia.

A l’aube de l’indépendance en 1956 à contre-courant de tous les pays arabes et au détriment de l’investissement en armement avec Bourguiba la priorité a été donnée à l’éducation et à la santé.

Bref, la Tunisie a su poser des jalons judicieux pour ancrer la société dans le monde moderne. L’accent a été mis sur le développement  de ses ressources humaines et l’égalité entre l’homme et la femme.

Le taux d’alphabétisation des adultes est passé de 16 % en 1960 à  75,3 % en 2001. Le nombre d’étudiants d’enseignement supérieur en Tunisie a subi une croissance vertigineuse, passant de : 5 593 en 1966 à 346 876 en 2011.

Mais le déséquilibre entre le développement vertigineux des capacités de production  de l’enseignement en Tunisie et l’emploi a précipité la faillite du  modèle économique. La peur, l’impuissance et surtout la résistance au développement démocratique ont été le catalyseur de  la défiance de la jeunesse et la révolution du 14 janvier 2011.

La confiance  est cruciale dans l’économie moderne, alors que les Anciens y voyaient un acte de foi soutenu par Dieu.

Le capitalisme moderne, qui semble reposer sur la seule recherche du profit matériel dépend en fait d’un pur acte de confiance celui de se fier à l’autre, à ses promesses et à ses engagements.

Certes depuis  la création de l’argent qui anime notre existence jusqu’aux transactions électroniques modernes basés sur  une simple ligne d’écriture informatique tout  repose sur une mystérieuse convention de foi souvent non  écrite et  jamais signée.

Par contre, dans l’antiquité et surtout chez les théologiens le seul socle solide qui permet d’assurer la confiance c’est la foi en Dieu.

La crise économique de 2008, appelée souvent  à raison dans le monde  anglophone  Grande Récession (Great Recession) est la résultante de la crise financière mondiale qui a débuté en 2007 qui n’est autre qu’une crise de confiance due à la découverte d’arnaqueurs qui manipulent les institutions financières.

Ainsi les banques et les États ne se font plus confiance ; et les individus ne se fient plus ni aux États, ni aux banques, ni à personne c’est la faillite des institutions financières, c’est le chômage et  c’est la crise !
Je cite le philosophe français Pierre-Henri Tavoillot « en temps de crise, ce n’est pas la confiance qui disparaît, c’est la défiance qui s’accroît. Mais si la méfiance advient, alors la fin est proche ».
Bref en Tunisie, dix huit mois après la révolution, c’est  toujours la défiance de certaine catégorie de population envers l’état généré par un manque de confiance.

Seuls le partage de la richesse et la justice sociale  et un nouveau modèle économique permettront de répondre aux aspirations exprimées par nos jeunes lors  de la révolution et ce pour générer la confiance et la motivation qui sont les deux atous capable de  construire une Tunisie plus sûr pour nous tous.
L’écosystème politique est encore aujourd’hui composé d’hommes d’un certain âge pour qui l’exercice du pouvoir se résume à ce qu’ils ont connu durant leur jeunesse. Leurs solutions et méthodes sont celles du passé, et ils ne comprennent pas pourquoi ils sont aujourd’hui inefficaces et impuissants face aux exigences de cette jeunesse  qu’ils ne contrôlent plus.

Soucieux de préparer la Tunisie aux défis de la mondialisation nos gouvernants , les partis politique et la société  civile n’ont aucune autre alternative que de se mettre à table pour discuter  des enjeux stratégiques de demain qui sont :

• L’enjeu des pratiques sociales et le développement de l’esprit de solidarité nationale.
• L’enjeu de l’économie du savoir
• L’enjeu de l’enseignement et la qualité des ressources humaines
• L’enjeu de la Recherche-Développement (R&D) et l’innovation industrielle
• L’enjeu des infrastructures de base
• L’enjeu du service public et du service universel

1. Les pratiques sociales et le développement de l’esprit de solidarité nationale

La Tunisie  parviendra grâce à un  programme audacieux et original  de développement et d’équité sociale à corriger les inégalités que subissent les personnes, les groupes et les régions défavorisés pour améliorer de façon constante le  bien-être et la paix sociale des Tunisiens.

Les programmes d’enracinement des valeurs de solidarité et le  renforcement des mécanismes d’entraide entre les différentes catégories sociales est  un levier formidable pour relever les grands défis,
Au contraire de ce qui a été dit sous le règne de Ben Ali par des institutions fantoches manipulés par le pouvoir en plac , la  Tunisie a beaucoup manqué de vrai élan de solidarité.

Pendant la révolution libyenne les Tunisiens ont su démontrer qu’ils sont généreux et capables d’un formidable élan de solidarité qui a défrayé la chronique et a été salué par le monde entier.

2. l’économie du savoir

Quant à l’enjeu de l’économie du savoir, qui est seul susceptible de corriger les inégalités entre les régions , les pays développés et pays en développement, entre ceux qui ont la jeunesse, le savoir, l’intelligence et ceux qui ont l’industrie, la matière première ou l’argent.

Le pari (car c’en est un) de la technologie numérique (ou T.I.C.) s’inscrit pleinement dans ce cadre-là. En effet, les technologies numériques, par le maillage de l’espace tunisien de communication ouvrent toute grande la porte à l’essor de l’économie du savoir et  à la mobilité des connaissances, des hommes et des moyens.
En définitive, l’information est devenue réellement la matière première de la nouvelle organisation du travail d’une économie de plus en plus orientée vers la production et la jouissance de biens immatériels et des services.
Les experts ont reconnu que la Tunisie a franchi un pas important dans le secteur TIC  , mais il recommande bon nombre de réformes. Il s’agit aussi de renforcer l’indépendance et les pouvoirs de l’instance nationale de Télécommunications et libérer Totalement le secteur. D’après les experts de la Banque Mondiale,  une libéralisation des télécommunications permettra d’augmenter le PIB de 1% .

Ces experts constatent aussi que le volume des communications à l’international en Tunisie est en stagnation par contre, il est en augmentation dans les  autres pays du Maghreb et en Europe, car les appels internationaux en Tunisie sont parmi les plus chers au monde, coût comparable à celui des économies faibles tels que le Sénégal et la république du Congo.

Les télécommunications à l’international constituent un outil de développement et d’intégration dans l’économie mondiale et sont susceptibles de booster l’investissement extérieur.

Avec la libéralisation totale du secteur des Télécommunications on pourrait assister à l’émergence de dizaines d’opérateurs virtuels dans la Téléphonie mobile (MVNO), le Téléphonie sur IP et la Télévision sur IP qui vont générer des milliers de postes d’emplois pour nos jeunes diplômés et  auront également pour conséquence l’amélioration de  l’offre et le choix pour les consommateurs et l’intensification des infrastructures.

La filialisation et la mutualisation des Infrastructures réseaux en fibre optique de la STEG, de la société des Autoroutes et de la SNCFT peut booster le secteur et créer des centaines d’emplois.

Avec la mise en œuvre en Tunisie de l’administration électronique , la carte d’identité électronique, l’école numérique avec le cartable électronique, le livre électronique, les tableaux interactifs et les classe virtuelle on pourrait générer des centaines de milliers d’emplois dans le secteur du multimédia pédagogique et ancrer une industrie génératrice de devises pour l’économie nationale.

Le  pôle de communication Elgazala  constitue un modèle du genre.

– Une population totale regroupant 4000 personnes
– 80 entreprises
– 1370 emplois dont 98% sont des cadres supérieurs
– Huit multinationales
– Un incubateur qui évolue vers une pépinière d’entreprises
–  7 unités de recherche
– Un centre d’études et de recherche en Télécommunications
– 3 établissements de formation dont une école doctorale
– Rayonnement international
–  75 % de la production destiné vers l’export

3. Recherche-Développement (R&D) et l’innovation industrielle

La recherche scientifique et technologique constitue aussi un axe majeur pour soutenir l’innovation et le développement économique en Tunisie.

Ainsi les domaines prioritaires en recherche sont les biotechnologies, les télécommunications, les nanotechnologies , le biomédical, le dessalement de l’eau de mer , l’environnement et l’énergie.
Le nombre d’ingénieurs et de scientifiques en Tunisie est l’un des plus élevés au monde, soit plus de 1 pour 1000 employés..

La Tunisie dispose d’un vivier de chercheurs expatriés qui  contribuent à des programmes prestigieux de recherche en  Europe, aux Etat unis d’Amérique et au Japon.

L’implication de nos meilleurs talents expatriés dans des programmes de coopération internationale peut constituer un levier formidable pour introduire notre pays dans la sphère des pays développés.
La Tunisienne Dr Zoubeïda Ounaïes est un exemple. Elle a à son actif à ce jour aux Etat unis , deux inventions: l’une portant sur «Materials made from carbone nanotube polymer composites and methods for making same » et l’autre portant sur : «Multilayer electroactive polymer composite material ».

Karim Ghariani était déjà à 19 ans, une icône mondiale en mathématiques en simplifiant un problème vieux de plus d’un siècle relatif aux nombres de Bernoulli , grâce à sa « Karimation ».

La Tunisie a enfanté des milliers de surdoués à l’instar de Karim Ghariani de Zoubeïda Ounaïes, d’Elyes Jouini  etc  … des compétences à la réputation internationale bien établie.

Bref  l’économie du savoir qui exige juste de l’intelligence et d’audace, semble être faite pour nous les Tunisiens.

4. L’enjeu des infrastructures de base

En matière d’infrastructure et de superstructure 🙁 routes , autoroutes, maritimes et aériens) le  transport en tant que tel est un élément clé de la compétitivité de l’ensemble de l’économie d’un pays.

Avec le développement de la  logistique, la Tunisie peut jouer un rôle de carrefour et de pôle d’échange international.

Dans un classement mondial de la logistique publié par la Banque mondiale. La Tunisie arrive au (60e) rang devant  le Maroc (94e) et l’Algérie au 140e derrière.

La performance de La Tunisie s’explique entre autres par la centralité géographique, le développement du secteur des TIC, la qualité des infrastructures et le niveau des ressources humaines.

L’accélération des flux de passagers et de marchandises et le Management logistique peuvent  modifier profondément les stratégies des acteurs économiques en termes d’offre, de demande et de régulation.
La mondialisation va favoriser l’émergence de ce pôle d’activité en Tunisie pour conférer à la Tunisie une dimension internationale et asseoir son attractivité économique et gagner les défis de la compétitivité logistique.
Ces Mutations organisationnelles seront intrinsèquement liées, et à la fois la conséquence aux développements des TIC, de la qualité de nos infrastructures et de nos ressources humaines.

Les évolutions des TIC associées à de nombreuses avancées technologiques, institutionnelles et commerciales, vont  institués un cercle vertueux pour une flexibilité totale dans les échanges internationaux avec notre pays.

L’informatique, les réseaux de télécommunication, les systèmes gestionnaires de bases de données (SGBD) et gestionnaires électroniques de documents (GED), les systèmes d’identification des unités logistiques (RFID , GPS & GPRS ) et les systèmes de lecture associés, l’échange de données informatisé (EDI), Internet, les systèmes d’information géographique (GIS) tous est presque acquis à la Tunisie.

« La logistique est l’un des principaux moteurs de la compétitivité. Elle peut entraîner le succès ou l’échec d’un pays à l’heure de la mondialisation » affirme Uri Dadush, Directeur chargé du commerce à la Banque mondiale.
La logistique est  un facteur de dynamisme pour les entreprises situées en amont (la production-transformation) et en aval (la distribution). Les implantations logistiques sont souvent considérées comme sources d’emplois et constituent  un élément-clef de la bonne santé de l’économie d’un pays.

Pour des  raisons d’écosystème logistique favorable les logisticiens internationaux feront de la Tunisie  l’une de leurs destinations privilégiées pour l’échange Europe-Afrique. Près de 200 projets internationaux dans le secteur logistique  sont à la recherche chaque année d’une localisation plus optimale pour leur investissement.

La réalisation de mégas projets structurels stimule l’activité économique et accroît l’attractivité de notre pays ; De plus, ces grandes réalisations conféreront à la Tunisie une dimension internationale et constitueront un acquis majeur pour les générations futures.

Bref, la Tunisie  s’engagera dans un plus fort transfert de valeur ajoutée entre les deux rives de la méditerranée pour une intégration économique régionale dans un monde multipolaire et hétérogène
L’évolution récente des IDE (Investissements Directs Etrangers) traduit une augmentation de l’attractivité de la zone  Tunisie.

Plusieurs acteurs industriels, présents à travers des activités d’assemblage  en Tunisie, ont pris conscience de l’opportunité que représentait la présence d’ingénieurs qualifiés aux salaires modérés et capables de collaborer efficacement avec des équipes européennes.

L’implantation d’entreprises de services hautement technologiques en Tunisie répond à cette même logique de recherche de compétences rares en Europe.

Ces entreprises recrutent en Tunisie des ingénieurs fortement qualifiés et capables d’interagir efficacement avec des clients européens grâce à une maîtrise des langues et à une présence dans des fuseaux horaires proches.

5. L’enjeu de l’enseignement et la qualité des ressources humaines

L’apparition de l’enseignement supérieur en Tunisie remonte loin dans l’histoire .La Tunisie à investi énormément depuis l’indépendance dans les infrastructures d’enseignement. En quelques années, plusieurs établissements d’enseignement supérieur furent créés depuis la création de la première université tunisienne en 1960. Le nombre d’étudiant est passé de 5000 en 1965 à 346 876  en 2010 .

Ce phénomène qui est passé de la stagnation dans  les années 60 à l’explosion les années 2000, repasse à la stagnation en 2025,  suivant l’évolution démographique en Tunisie. Une question stratégique est alors posée : que faire après 2025 ?

Dans la mondialisation,  les États  ont réalisé qu’il existait un marché mondial de l’enseignement supérieur.
Il y a aujourd’hui environ 3,5 millions d’étudiants mobiles à travers le monde. De 1999 à 2004, le nombre d’étudiants mobiles dans le monde a progressé de 41 %, passant de 1,75 à 2,5 millions d’étudiants et tous les indicateurs  donnent  à penser que ce chiffre va encore progresser fortement. À l’horizon 2025, il  devrait quintupler.

L’enseignement supérieur est devenue un enjeu stratégique pour nombre de pays et se révèle être un marché concurrentiel fort. L’émergence du nombre d’étudiants africains et arabes peut  constituer un formidable vivier pour nos  établissements d’enseignement supérieur privé

L’accueil d’étudiants en mobilité internationale peut  non seulement accroître les recettes de l’enseignement supérieur local, mais peut également s’inscrire dans une stratégie plus vaste le recrutement des talents hautement qualifiés.

De nombreux pays ce sont engagés dans des initiatives de rayonnement international pour attirer le plus possible d’étudiants étrangers. Certains pays, comme Singapour, le Qatar ou Dubai, tentent d’investir lourdement pour bâtir un enseignement supérieur de haut niveau.

Je cite un rapport de L’UNESCO de 2006 : «le dynamisme de l’enseignement supérieur tient aux étudiants africains, arabes et chinois. Ils constituent la force motrice de son internationalisation ».

Cependant, les étudiants originaires d’Afrique subsaharienne restent les plus mobiles au monde, presque trois fois plus que la moyenne mondiale.

La mobilité des étudiants originaires des Etats arabes enregistre aussi une croissance continue, ces étudiants représentaient en 2006  7 % de l’ensemble des étudiants mobiles dans le monde.

Les études à l’étranger représentent le plus souvent des frais non négligeables que les bourses d’études ne couvrent en général que partiellement.

De nombreux États du nord, soucieux de ces enjeux économiques , pour conserver leur compétitivité ont  mis en place des dispositifs attractifs visant à attirer et à conserver « ce réservoir » d’étudiants étrangers.

Comment nos institutions s’adaptent-elles à cette nouvelle donne ?
La Tunisie dispose de tous les ingrédients pour réussir ce défis, ressources humaines qualifiés et une grande expérience de plus d’un demi siècle dans ce secteur.

A cet égard, la mise en œuvre de mécanismes pour le partenariat  public – privé et grandes universités de prestige  pour bénéficier des moyens du public, de la flexibilité du secteur privé  et de  prestige des grandes universités  du nord est vivement recommandée. Il s’agit aussi d’adapter les programmes et la logistique non pas en fonction du marché local, mais en termes de débouchés et d’accès à l’emploi orienté vers l’international et  cela se passe d’abord par l’utilisation des langues et notamment l’anglais.

On peut aussi réfléchir à des outils d’aide à la création en partenariat avec les pays d’Afrique d’institutions de premier cycle ou préparatoires tunisiennes et conclure des accords de double diplôme, des programmes conjoints et des délocalisations de formations avec des établissements locaux d’Afrique.

Les organismes d’aide à l’exportation tel que CEPEX pourrait aider à créer des bureaux à l’étranger pour promouvoir et recruter, voire développer, des formations spécifiques.

Un partenariat université virtuelle tunisienne avec les institutions prives en Tunisie pourrait générer des milliers d’emplois et des ressources non négligeables en devises  en coupant l’herbe sous les pieds de nos concurrents des pays du nord.

6. L’enjeu du service public et du service universel.

La Tunisie dispose aussi des ressources de grande qualité dans le secteur du service universel, tel que la poste, les télécoms,  la distribution des eaux , l’énergie et la santé.

La aussi, il faut prévoir un partenariat public-privé pour exporter ce savoir-faire tunisien dans les pays d’Afrique.
J’ai travaillé personnellement sur un programme de mise à niveau de la poste libyenne : un partenariat public- privé pourrait créer des centaines de postes d’emplois dans ce secteur.

Enfin, je dirais qu’il faut dépasser la  défiance post-révolutionnaire envers les institutions publiques et la méfiance du public envers la sphère privée et établir des règles de jeux flexibles mais transparentes.
Il est vrai que Les années quatre-vingt dix ont créé un climat malsain caractérisé par l’individualisme et un sentiment d’impuissance  qui a renforcé la défiance et la méfiance.  J’espère que l’ère de l’après-révolution développe la confiance qui  nous sécurise, nous rassure et développe la solidarité et cohésion sociale.

Avec la solidarité, la confiance et la cohésion sociale un peuple intelligent comme  le peuple tunisien est en mesure de relever tous les défis.

Nejib Belhabib

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Nobel comment atteindre l’excellence académique

                                          Par le Professeur Abdelaziz Daoud

Avec la mondialisation de l’activité économique, les pays seront ceux qui disposeront d’un capital humain abondant et hautement qualifié. C’est le système d’éducation et de formation qui créée le capital. Jusqu’a la moitié du 20 ème siècle, l’Europe est demeurée la référence internationale en matière de compétence académique et technologique. Mais aujourd’hui la plupart des prix Nobels vont aux grandes universités américaines là ou tout est assur2 pour un travail de recherche scientifique bien fondé.

Comment comparer les universités américaines et européennes ?

Le critère du prix Nobel pourrait être le plus objectif et le plus universellement accepté par la communauté scientifique.

A partir d‘informations disponibles sur le site internet et la fondation Nobel on a choisi deux disciplines pour représenter les différents modèles d’excellence académique : la physique (plus au moins liée à la technologie) et l’économie (comme indicateur de ce qui se passe dans les sciences sociales).

Nous obtenons un total de 98 lauréats du prix Nobel de physique entre 1938 et 1999.L e prix de l’économie a été inauguré en 1968 et a été jusqu’à aujourd’hui discerné à 43 lauréats.

Dans le domaine de la physique, les états unis prennent le pas sur l’Europe à partir de 1938.mais de 1969 à 1998, la chute de l’Europe a été vertigineuse entre 1938 en 1968, l’Europe remporte un tiers des prix nobel de physique, entre 1985 et 1998, on ne lui accorde pus qu’environ 7.4 les états unis 74.1 et les autres 18.5.le déclin européen n’est pas moindre en économie entre 1969 et 1984, l’Europe se taille une place respectable avec 41% des prix.Sa part touche à 24 % durant la période la plus récente alors que les états unis s’octroient 76 % de récompenses.

Aujourd’hui la plupart des prix Nobels vont aux états unis ou toutes les motivations et les incitations sont assurées

Les raisons du déclin

Pourquoi existe-t-il des différences entre l’Europe et les états unis en termes d’excellence académique.

D’abord les états unis sont plus riches que l’Europe et sont capables de dédier plus de ressources à l’éducation mais on constate cependant que le pourcentage du produit intérieur brut (PIB) dédié à l’éducation ne varie pas vraiment entre l’Europe et les états unis.

En fait, le danemark,la Finlande et la Suède consacrent une part plus importante de leurs ressources naturelles à l’éducation que les EU .l’explication doit donc être recherchée ailleurs.

Voyons les fonds consacrés à l’éducation dans les 2 continents ? Les fonds dont dispose l’éducation proviennent principalement de 2 sources : l’Etat ( c’est-à-dire les contribuables) et les apports privés sous forme de frais de scolarité ou de dons.

En Europe, la part des contributions privées est très modeste pour la majorité des pays et ne dépasse jamais 28%.

Ce chiffre dépasse 50% pour les Etats unis. Cette part importante des contributions privées a des conséquences considérables en termes de responsabilisation financière, de compétition, d’amélioration de l’enseignement et de la recherche.

Ce mode de fonctionnement aux états unis a d’importantes répercussions sur la possibilité de récompenser la performance et de déclarer ceux dont l’enseignement laisse à désirer. Les statistiques relatives à la recherche, le développement et la technologie (RDT) reflètent l’avancée technologique d’un pays et sont par conséquent utilisés comme des indicateurs du dynamisme scientifique d’une nation. Les états unis consacrent 2.6% de leur PIB contre 1.8% de leur PIB au RDT.

Adam smith a été le premier à constater que la qualité de l’enseignement dispensé à OXFORD déclinait. Il proposa alors de modifier le système de rémunération des professeurs de sorte que leur salaire ne sera plus garanti.les frais d’enseignement seraient collectés à l’entrée de la salle de cours. Par conséquent, les professeurs les plus demandés seraient les mieux rémunérés. Ce qui créerait une motivation pour améliorer la qualité de l’enseignement. La situation n’est pas très différente aujourd’hui. Les universités européennes, les titularisations académiques sont encore de règle, alors que ce principe se perd aux états unis.

En Europe, un étudiant n’a quasiment pas la possibilité de choisir son université alors que le choix est plus large aux EU. , les vrais décideurs sont les familles et les étudiants.

En Tunisie, l’éducation doit mettre en place des motivations à l’excellence académique. Une réflexion approfondie doit prôner l’acquisition des nouvelles connaissances et inciter à considérer les investissements en formation. Ceci a été d’ailleurs été recommandé par Monsieur le Président au cours de la journée de l’Entreprise.

Il serait souhaitable :

-d’instaurer une tradition, à l’instar des pays développés, qui consisterait à récompenser les compétences universitaires en leur attribuant suite à leurs retraites, le titre de professeurs émérites et ce conformément a une sélection objective tenant compte surtout de leurs travaux scientifiques (publications, encadrement de thèses…)

-de créer une Académie des Sciences composée d’illustres hommes de sciences tunisiens résidant en Tunisie et à l’étranger et des professeurs émérites  élus par leurs pairs. Cette institution, phare du savoir pourrait contribuer d’une manière permanente à la réflexion sur l’éducation et l’enseignement et les nouveaux programmes appropriés, ainsi qu’à l’analyse et à la proposition des créneaux stratégiques susceptibles de servir le développement technologique de notre pays.

Il serait enfin judicieux de penser à l’expérience des anciens cadres retraités (polytechniciens, centraliens, doyens, directeurs d’organismes d’enseignement supérieur) et de faire appel à eux dans l’étude de certains dossiers techniques jugés d’intérêt national suprême. En organisant la société scientifique, on pourrait espérer préparer la voie de l’excellence académique.

Les oubliés du prix Nobel

-le russe mendelev ( 1834-1907),inventeur du tableau périodique des éléments chimiques, l’américain Avery découvreur du rôle de l’ADN dans l’hérédité, le chimiste français Berthot (1807-1907) qui réussit la synthèse de plusieurs substances organiques…tous ont été proposés pour le prix mais ils ne l’ont eu..

-En 1923, le britannique John Maeleod reçut le prix nobel de médecine pour ses travaux sur l’insuline. Le comble c’est qu’on s’est aperçu par la suite que Mac Leod  n’a jamais participé aux travaux scientifiques sur l’insuline.

-Sigmund Freud peut être considéré comme le plus célèbre et le plus éminent des scientifiques qui n’a pas reçu le prix nobel.

Pourtant Freud a été proposé pour le prix à plusieurs reprises (de 1915 à 1938).Le fait que Freud soit juif n’a pas joué à l’époque en sa faveur. En outre la psychanalyse, comme un instrument de compréhension et de traitement des maladies mentales n’a pas été associée à la médecine qui était fondée sur les sciences naturelles exactes.

L’entreprise et le transfert de technologie

Par le Professeur Abdelaziz Daoud

 

 

A-t-on la technologie de sa culture ou la culture de sa technologie ? La technologie est-elle transférable ? Ou doit-on opposer à la notion de transfert de technologie, celle d’appropriation ou de maîtrise de la technologie ? … voilà autant de questions délicates qui montrent, à suffisance, l’ambiguïté de l’expression même de transfert de technologie et l’existence de rapports intimes entre culture et technologie.

 

Ainsi, toute tentative de définition de la notion de transfert de technologie doit être la plus englobante possible et doit fortement prendre en considération la dimension culturelle.

 

Le technologie est le reflet du savoir et savoir-faire détenus par une société. Elle exprime une certaine vision du monde et de ce fait, elle ne saurait être neutre. Par ailleurs, elle ne se justifie que parce qu’elle permet la satisfaction de besoins bien précis.

 

Le transfert de technologie ne peut donc pas se réduire à une simple opération de cession ; il est plutôt un processus complexe et continu d’appropriation de savoir-faire.

 

Principaux problèmes liés au transfert de technologie 

 

Selon qu’il se situe au niveau de l’Etat ou au niveau de l’entreprise, ce transfert soulève des problèmes plus ou moins spécifiques mais qui, pour l’essentiel, s’articulent autour de l’homme et de sa formation, de la technologie, des cadres institutionnels, etc …

 

 

 

 

 

 

 

  • Au niveau de l’Etat :

 

La volonté de développement, maintes fois réaffirmée par les responsables politiques, doit être traduite en réalisations concrètes, notamment par la mise en place des moyens nécessaires à l’atteinte de cet objectif. Aussi, en vue de favoriser effectivement le transfert de technologie, un certain nombre de conditions préalables doivent-elles être réunies. Ce sont, entre autres :

 

* La mise en place, en plus des politiques agricoles et industrielles, de véritables politiques scientifiques et techniques conformes aux aspirations culturelles des différents pays. Ces dernières serviront de cadre au développement ;

 

 

* Le développement de l’enseignement des sciences et techniques dans nos systèmes éducatifs respectifs, ainsi que la prise en compte de la formation et de la recherche dans les structures non formelles ;

 

* La mise en place d’un cadre institutionnel favorable au transfert de technologie, tout en veillant, en même temps, au renforcement de la capacité de négociation des pays en développement, de façon à les hisser au rang de partenaires vis-à-vis des pays développés ;

 

* Le nécessaire développement de la coopération régionale et sous-régionale de façon à rechercher la satisfaction des besoins en technologies, en priorité au niveau régional et sous-régional.

 

  • Au niveau de l’entreprise :

 

En plus des problèmes généraux qui viennent d’être évoqués, il faut accorder l’attention nécessaire aux problèmes aussi pratiques que la pertinence de l’expression de la demande en technologie ou l’analyse des mobiles du vendeur.

 

En effet, il est important pour l’entrepreneur à la recherche d’une technologie, de se poser les bonnes questions au bon moment, tout comme il lui est important de cerner les mobiles du vendeur pour mieux préserver ses intérêts.

 

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, l’entrepreneur, dans les pays en développement notamment, doit cesser d’être un simple assisté pour s’élever au rang de partenaire dans les négociations de contrats de transfert de technologie. Il aura recours, au besoin, à des experts ou à des organismes conseils compétents en la matière.

 

Evaluations de besoins de l’entreprise en technologie, recherche de technologies adaptées et maîtrisables

 

1) Evaluation des besoins de l’entreprise en technologie :

 

D’une manière générale, ces besoins sont de différentes natures :

 

* Les besoins essentiels ou élémentaires de la population qui sont souvent mal exprimés et pour lesquels les experts doivent, de préférence, être du même pays pour mieux les comprendre et les formuler correctement ;

 

* Les besoins de petites entreprises qui, en général, sont privées ;

 

* Les besoins des grandes entreprises qui sont, dans la plupart des pays en voie de développement, sous le contrôle total ou partiel de l’Etat.

 

Les moyens d’évaluation sont spécifiques à chacun des cas. Les petites entreprises s’adresseront soit à des centres techniques, soit à des experts qui sont pour la plupart des étrangers. Les grandes entreprises qui disposent de leurs propres moyens d’évaluation de besoins technologiques, conservent généralement la maîtrise de leurs choix technologiques.

 

2) Recherche de technologies adaptées aux besoins :

 

Une fois les besoins en technologies identifiés et la priorité de leur satisfaction établie, la question est alors de savoir que faire pour les satisfaire dans les meilleures conditions. Une réponse à trois niveaux pourrait être proposée :

 

  • Création de structures d’intermédiation :

 

Il est nécessaire de créer des structures d’intermédiation entre l’utilisateur et les sources d’information qui auront pour tâche essentielle la traduction du besoin de l’utilisateur en demande technologique.

 

 

 

 

 

  • Recherche de l’information technique :

 

Elle peut se réaliser aussi bien au niveau national qu’international :

 

* Au niveau national : l’utilisateur aidé par la structure d’intermédiation, peut interroger les centres de recherche et les centres de documentation nationaux. Ces derniers doivent accorder, dans leurs réponses, une priorité à la technologie endogène qui sera ainsi valorisée. Si la demande n’est pas satisfaite au niveau national, l’utilisateur pourra faire appel à la technologie disponible à l’étranger, en commençant par son environnement immédiat, dans une perspective d’appropriation et non de consommation passive.

 

* Au niveau international, l’utilisateur aidé par la structure d’intermédiation  peut s’adresser à des organismes spécialisés en information technique. A titre d’exemple, l’Organisation Africaine de la Propriété intellectuelle (OAPI), l’Office Européen des Brevets (OEB) et maintenant l’INNDRPI, l’Organisation Mondiale de la Propriété intellectuelle (OMP) pourraient lui fournir des rapports de recherche sur l’état de la technique dans un domaine donné.

 

 

Il faut, par ailleurs, signaler l’existence d’une documentation importante dans des organismes tels que l’ACCT, l’ONUDI, la FAO, etc … sur les sources d’information technique dans le monde.

 

  1. c) Décision :

 

L’utilisateur aidé par la structure d’intermédiation, analyse les documents reçus, choisis l’information la plus pertinente, puis décide.

 

  • Transfert du savoir-faire :

 

Après l’identification des besoins en technologie et le chois de la technologie adaptée à ces besoins, il est nécessaire, en vue d’un transfert réussi de savoir-faire :

 

* D’identifier les technologies locales et voisines et de les développer ;

 

* De bien choisir ses partenaires, tant pour les développements des technologies que pour les conseils en matière de choix technologiques ;

 

* De savoir créer les conditions d’un véritable partenariat avec des objectifs clairs ;

 

* Pour le receveur, de mettre en place les conditions d’une bonne réception et d’une bonne application de la technologie acquise ;

 

* De résoudre correctement le problème de la maintenance ;

 

* D’assurer la formation des hommes, tant au plan technique que psychologique ;

 

* De conclure des contrats simples définissant clairement les responsabilités identifiées, le meilleur rapport coût/efficience et permettant l’accès aux innovations technologiques ultérieures.

 

 

Modalités juridiques et financières d’acquisition des technologies, formation, maintenance et assistance technique

 

 

  • Modalités juridiques d’acquisition de technologies :

 

Il serait imprudent de recourir à une formule contractuelle type, de chercher un modèle idéal. Il faudra, en réalité, dans tout contrat de transfert technologique, adapter la formule contractuelle au cadre dans lequel l’opération de transfert technologique doit être faite.

 

La négociation reste un élément majeur parce qu’elle doit permettre l’élaboration de la formule contractuelle appropriée. Par ailleurs, l’institution d’une « ingénierie juridique » au sein des pays receveurs constituerait un dispositif utile.

 

  • Modalités de financement du transfert de technologie :

 

Dans la plupart des cas, le financement du transfert de technologie s’assimile au financement d’investissements matériels ou immatériels lorsqu’il s’agit de savoir-faire. Ces investissements sont souvent liés. Les recommandations se situent à quatre niveaux :

 

  1. Circulation de l’information : Bon nombre d’organismes chargés de recherche des partenaires aux promoteurs des pays en voie de développement, ou des organismes de financement en apports en capital sont tout simplement ignorés de ces promoteurs.

 

  1. Formation des experts en étude de projets : Un important travail de formation est donc nécessaire, tout en évitant de grossir à l’excès le nombre des experts salariés des organismes publics ou des banques de développement. Mieux vaut, suivant en cela l’exemple canadien, favoriser la sous-traitance auprès de cabinets privés des études de facibilité technique.

 

  1. Fonds propres : Les fonds propres doivent financer les investissements, les crédits à long terme ne pouvant que compléter les fonds propres. Or, la plupart des promoteurs dans les pays en développement sont dépourvus de fons propres suffisants. En cas de bénéfices, le promoteur du Nord serait rémunéré par les dividendes ; en cas d’échec, il partagerait le risque avec l’entrepreneur.

 

  1. L’aide d’accompagnement : Dans tous les cas, le promoteur devra faire un apport complémentaire sur ses fonds propres pour éviter tout abus d’utilisations des subventions.

 

  • Modalités humaines :

 

Au niveau de la formation, il y a deux éléments importants à prendre en compte ; la formation générale et la formation spécifique au projet.

 

  1. Formation générale : Elle relève principalement de l’Etat et doit être adaptée aux besoins du pays et complétée par une formation continue.

 

Une carence, fréquente dans les pays en voie de développement, doit être corrigée. En fait, dans ces pays, la formation s’effectue sous deux formes : soit que les étudiants partent dans les écoles du Nord (cela occasionne un exode de cerveaux) et y reçoivent une formation trop théorique pour les besoins réels soit qu’ils entrent dans les écoles nationales spécialisées. Il en est ainsi des écoles d’agriculture, de pêche, de la santé qui engendrent des techniciens aux profils trop pointus.

 

  1. Formation spécifique au projet : Elle doit plutôt relever du fournisseur de technologie que de l’Etat. Mais, elle doit être reliée à un organisme national : bureau d’étude national, institut technique, ect… Cette liaison à un organisme national est importante pour que les expériences puissent rester dans le pays et s’accumuler au cours des années. La formation spécifique doit être envisagée de deux façons : à court et à long termes.

 

Enfin, il est très important dans le volet formation de ne pas négliger le problème du recrutement local et celui des coopérants étrangers qui ne remplissent pas toujours leurs obligations.

 

Impacts de l’innovation sur le développement

Par le professeur Daoud Abdelaziz

           Le contexte de l’innovation a profondément changé depuis vingt ans. L’apparition et la diffusion accélérée de nouvelles technologies et les changements continus qui exigent des adaptations permanentes se révèlent être un défi pour l’ensemble des sociétés .Aussi, la croissance, le maintien de l’emploi et la compétitivité passent-ils, obligatoirement, par l’innovation.

Le nouveau contexte de l’innovation : la globalisation des marchés et la montée des alliances stratégiques, l’émergence de nouveaux pays concurrents sur le plan technologique, l’interpénétration des sciences et des technologies, l’augmentation des coûts de la recherche, la montée du chômage et des facteurs sociaux tels que l’environnement, sont autant de phénomènes qui ont bouleversé  aussi bien les conditions de production et de diffusion des innovations que les raisons sous-jacentes à l’intervention des pouvoirs publics dans ce domaine.

Dans ce nouveau contexte la capacité des utilisations et des entreprises à investir dans la R&D, dans l’éducation  et la formation, dans l’immatériel… est désormais déterminante. Il faut à  la fois travailler dans le moyen ou le long terme et réagir très rapidement aux contraintes et aux opportunités du présent.

Innovation et compétitivité :

Force est de constater que l’innovation est un facteur important de la compétitivité et ce, à plusieurs égards :

  • L’innovation dans les procédés: l’innovation dans les procédés permet d’augmenter la productivité en augmentant la production des facteurs et/ou en diminuant les coûts. Elle permet de jouer sur les prix et d’augmenter la qualité et la fiabilité des produits.

Par ailleurs, la compétition rend constante cette quête de la productivité : les améliorations successives sont le gage du maintien dans la course.

Le remplacement des équipements s’accompagne de plus en plus de renouvellement d’améliorations dans les méthodes et dans l’organisation.

Les changements radicaux plus rares, bouleversent les modes de production et rendent parfois possible l’émergence de produits nouveaux.

  • L’innovation dans les produits ou services: l’innovation en termes de produits (ou de services) permet la différenciation d’avec les produits concurrents, atténuant ainsi la sensibilité à la compétition par les coûts ou les prix;

Qualité et performances accrues, meilleur service, fiabilité, etc … sont autant d’éléments que l’innovation permet de renforcer et qui font la différence pour des clients exigeants .Là aussi, l’innovation progressive domine.

L’innovation radicale de produits ouvre, quant à elle, des marchés nouveaux.

Correctement protégée et rapidement exploitée, elle s’assure, pendant un certain temps, un avantage déterminant pour l’innovateur.

Associée à la création d’entreprises (et à leur développement ultérieur), elle permet temporairement, à un pays ou à un ensemble supranational, de maitriser des marchés porteurs et d’assurer, ainsi, un renouvellement du tissu économique.

  • Organisation du travail et valorisation des RH: l’innovation dans l’organisation du travail et la valorisation des ressources humaines, de même que la capacité d’anticipation des techniques, de l’évolution des besoins et des marchés sont souvent la condition sine qua non pour que les autres formes d’innovation réussissent
  • Innovation et distribution: Puisque le cycle de vie des produits et services raccourcit progressivement et que les générations de technologies se succèdent à un rythme accéléré. Les entreprises sont souvent confrontées à une pression qui les pousse à innover aussi vite que possible.

Le temps d’accès au marché ainsi que le choix du moment où l’on introduit sur celui-ci un nouveau produit deviennent des facteurs cruciaux de la compétition.

Enfin, c’est la diffusion des techniques, produits et services nouveaux dans l’ensemble du tissu économique, qui permet d’en tirer pleinement bénéfice en termes de compétitivité.

Le développement des connaissances : un ressort de l’innovation

Les nouvelles théories de la croissance (dite « endogène ») insistent sur le fait que c’est le développement des connaissances et les changements technologiques qui constituent le moteur de la croissance durable plutôt que l’accumulation pure et simple de capitaux.

Selon ces théories, les pouvoirs publics peuvent influer sur les fondements de la croissance économique en participant au développement de la connaissance, l’un des principaux ressorts de l’innovation. Les pouvoirs publics peuvent agir sur la distribution des connaissances et des compétences dans l’ensemble de l’économie de la société : par exemple, en facilitant la mobilité des personnes et les interactions entre entreprises et sources extérieures de compétences, notamment les universités ; mais aussi en veillant à ce que la concurrence s’exerce pleinement et en luttant contre les corporatismes.

Innovation et entreprises

L’innovation est au cœur de l’esprit d’entreprise. Pratiquement, toute nouvelle entreprise nait à partir d’une démarche innovante, au moins par rapport à ses concurrents existants sur le marché.

Ensuite, pour survivre et se développer, les entreprises doivent innover en permanence, même simplement, de manière progressive. A cet égard, les avancées techniques ne suffisent pas, à elles seules, à garantir le succès.

L’innovation, c’est aussi anticiper sur les besoins du marché, offrir une qualité ou des services additionnels, organiser efficacement, maitriser les détails et contrôler les coûts.

La concurrence moteur de l’innovation 

Pour qu’il y ait innovation il faut un ensemble de règles de jeu qui la stimulent :

*cela concerne la concurrence, moteur puissant de l’innovation, aussi bien que moyen de lutte contre les abus de position dominante qu’il convient d’entretenir en permanence

*cela concerne également les règles juridiques de protection de la propriété intellectuelle, facteur décisif de promouvoir et de s’adapter constamment aux évolutions des technologies et de la société.

La concurrence entre entreprises indépendantes est le premier moteur de compétitivité C ‘est aussi la concurrence qui rend les entreprises plus compétitives dans une économie de plus en plus mondialisée.

Il ya donc lieu de distinguer, aussi clairement que possible, entre les  restrictions de   la concurrence qui rendent l’innovation moins probable parce qu’elles impliquent moins de pression sur les parties aux accords en cause et les restrictions de la concurrence, indispensables pour promouvoir l’innovation et la diffusion de technologies.

En second lieu, la recherche et l’innovation ont des spécificités propres bien connues qui sont prises en compte du point de vue du droit de la concurrence.

Ces activités se caractérisent, notamment par l’importance de leurs effets externes et par la difficulté, pour les entreprises, de s’approprier les résultats de leurs efforts.

Joue aussi l’existence de processus d’apprentissage et d’économies d’échelle susceptibles d’être mieux exploités conjointement.

En matière de recherche et d’innovation, en particulier, la prise en compte des effets dynamiques dans la définition des marchés est importante pour l’appréciation des projets de concentration d’entreprises.

Etats unis Japon
·         un effort de recherche plus important ·         un effort de recherche plus important
·         Une proportion plus forte d’ingénieurs et de scientifiques dans la population active ·         Une proportion plus forte d’ingénieurs et de scientifiques dans la population active
·         Des efforts de recherche mieux coordonnés; notamment ce qui concerne la recherche civile et de défense (en particulier dans les secteurs aéronautiques: électronique et spatial) ·         Une grande capacité à adapter l’information technologique quelle que soit la source et une forte tradition de coopération entre entreprises en matière de recherche et développement
·         Une relation étroite université/industrie; permettant l’éclosion de nombreux entreprises de haute technologie ·         Une coopération université/entreprise en forte progression ; notamment par le détachement de chercheurs industriels auprès des universités
·         Un capital à risque plus développé et investissant dans la haute technologie et un marché boursier pour les PME dynamiques(le Nasdaq) ·         Des relations fortes et stables entre finance et industrie ; favorisant des bénéfices et les stratégies à long terme
·         Une traduction culturelle favorable au risque et à l’esprit d’entreprise ainsi qu’une forte acceptation sociale de l’innovation ·         Une culture favorable à l’application es techniques et à l’amélioration continue

 

·         Un moindre cout de dépôt des brevets et un système de protection juridique unifié et favorable à l’exploitation commerciale des innovations ·         Une pratique courante des stratégies concertées entre entreprise: universités et pouvoirs publics
·         Des délais de création d’entreprises et des formalités réduits ·         Une forte mobilité des personnes au sein des entreprises

 

Des facteurs expliquant les succès américains et japonais

 

Le Management de l’innovation

Par le Prof A.Daoud

Le sage du 21ème siècle sera à coup sûr le manager de l’innovation. Conducteur des changements, il trouve son équilibre dans et par le mouvement même.

Aujourd’hui, cependant, le manager de l’innovation paie encore cher le luxe qu’il s’offre en imaginant des solutions nouvelles. Il rencontre  en effet autour de lui davantage de résistance que du soutien.

Beaucoup d’acteurs de l’entreprise, beaucoup de collaborateurs, beaucoup de témoins protestent devant les tentatives de nouveautés. Ils se disent au fond d’eux-mêmes : Je n’ai jamais trouvé ça. Je n’ai jamais eu besoin qu’un autre le trouve. Et personne ne m’a jamais demandé.

Ces gens apprécient peu de vivre dans un espace ou les produits qu’ils fabriquent, les moyens qu’ils utilisent se métamorphosent sans qu’ils en soient les maîtres. Ils sentent plus ou moins confusément que la civilisation ne peut se passer d’eux mais  qu’elle passe au dessus d’eux. Le rôle du management de l’innovation est d’aider à mener un projet à son terme. Il a pour tâche de résoudre un paradoxe : la relation insuffisance du nombre des innovations comparativement à l’entendue des connaissances scientifiques et techniques s’accumulant dans le cerveau des cadres et des diplômés.                                 En fait, le savoir technologique et le bagage scientifique constituent une potentialité formidable, précieuse mais qui reste à convertir en nouveaux produits, nouveaux services et nouveaux processus de fabrications. Le management de l’innovation est une discipline qui s’adresse à l’homme complet, pris sous toutes ces facettes : ingénieur, producteur, chercheur, gestionnaire, acteur social, individu.  Innover mobilise la personne toute entière. Ainsi l’ingénieur, pour gagner en efficacité, ne se cantonne plus aux préoccupations technologiques qu’on lui réservait autrefois.      On peut repérer trois étapes à franchir sur le chemin de l’innovation qui correspondent d’ailleurs aux 3 lignes de force du management en tant discipline à maîtriser :

-Générer des idées remises et les faire partager.

-Répondre aux opportunités du marché.

-Dresser le diagnostic de rentabilité des projets novateurs.

L’enfermement dans notre univers intérieur nous tente parfois. Mais pour insuffler l’innovation, il faut marcher avec les autres, se frotter aux avis contradictoires, se battre pour arracher l’information essentielle, pour la transmettre et pour en donner le sens, prêt aussi à rencontrer la compréhension et l’adhésion la plus motivante. Autre frein à l’innovation : le peu d’élan manifesté par certains décideurs pour supporter tel projet nouveau. L’innovation a en fait un double visage : le nouveau, ce n’est seulement  un progrès par rapport au passé, c’est aussi un dénigrement du passé et une dévalorisation des atouts détenus par le corps en place, d’où la résistance de ces derniers.                                 Ajoutons à cela une certaine traque de l’individualisme dans l’entreprise. Les innovateurs sont des hommes ouverts et enclins à l’innovation. Il leur faut un climat propice à la créativité qui génère les idées et pour surcroît, l’élan, l’enthousiasme et la volonté. Il faut voir à quel point  chaque innovateur a ses théories favorites, ses méthodes d’approche préférées, ses techniques ingénieuses, ses solutions, ses propositions personnelles de projets. Innover, c’est également investir. On assiste à une irrésistible ascension des dépenses en investissements immatériels, frais de Recherche et Développement, coût de prototypes des mises à l’essai, de dépôt de Brevet, d’étude de faisabilité, coût des études de marché, des achats de clientèle, des acquisitions de savoir-faire, de la formation, de l’assistance au démarrage de l’installation, coût du plan de financement, du montage de dossier d’investissement, du contrôle budgétaire, etc…Dans les firmes  de hautes technologies, en tout cas, l’aptitude du personnel à exercer des fonctions techniques, le savoir-faire managérial sont considérés comme des avoirs précieux. Ils font l’objet d’un investissement important. Une telle compétence polyvalente de l’entreprise innovante est un atout incomparable face à la concurrence actuelle qui utilise constamment l’arme de l’innovation. Ainsi on peut qualifier d’entreprise de l’excellence toute entreprise performante exigeant de plus en plus que ses cadres remplissent pleinement leur rôle de ce manager de l’innovation.

La valorisation de la recherche dans les établissements d’enseignement supérieur

Par le Professeur Abdellaziz DAOUD

Cette forme de valorisation concerne les retombées d’une recherche spéculative, c’est‑à‑dire réalisée en dehors de toute relation contractuelle, avec quelque partenaire que ce soit.

L’objectif visé est de franchir les étapes qui conduisent du résultat de recherche au stade industriel. Si la nécessité d’une organisation rigoureuse pour atteindre cet objectif ne fait aucun doute, elle implique également un contexte interne favorable, car cette démarche qui s’écarte notablement des habitudes de travail du chercheur implique néanmoins un engagement important de sa part.

Le déroulement d’une action de valorisation de recherche propre peut se décrire en trois étapes: la détection/évaluation des activités innovantes, la qualification et enfin le transfert industriel.

La détection est l’étape initiale indispensable; elle doit correspondre à un minimum d’organisation interne, qui peut se faire sous forme d’appel à proposition ou de concours et doit s’accompagner d’une communication minimale pour sensibiliser le personnel à l’intérêt de la démarche. Pour être crédible, elle doit être rapidement suivie et complétée par une évaluation du potentiel valorisable du projet soumis. Il conviendra, à ce stade, de bien expliquer, avec toute la persuasion nécessaire, que ce n’est pas la qualité scientifique du projet qui est évaluse, mais sa capacité à être transféré.

Une telie expertise nécessite des compétences qui ne se rencontrent habituellement pas dans un établissement d’enseignement supérieur, qui pourra pour cela, soit faire appel à des consultants, soit nouer des partenariats. Il s’agit d’une opération, dont le succès n’est pas garanti et qui est consommatrice de temps et de moyens.

Un partenariat avec des grands groupes qui acceptent de mettre à disposition l’expertise un soutien aux actions de transfert, peut permettre de minimiser ces coûts et de donner une forme pérenne à cette action.

L’évaluation va permettre de définir le secteur d’activité potentiel du projet retenu et son cahier de charges, c’est‑à‑dire les critères de faisabilité technique et commerciale auxquels il doit satisfaire, soit pour s’imposer vis‑à‑vis d’un environ­nement concurrentiel existant, soit pour créer son marché ou sa niche.

Lorsque le rapport d’évaluation est positif, une implication forte de l’offreur va être nécessaire pour qu’il devienne le porteur du projet et qu’il l’accompagne dans l’étape de qua/ification. C’est une période de développement nécessaire et indispensable. Elle doit conduire à la réalisation d’un « produit » qui concrétise le projet et satisfasse donc globalement au cahier de charges, tel qu’il a été défini précédemment. « Produit » est ici employé au sens large et à titre d’exemple, peut recouvrir des réalisations aussi variées qu’un procédé technique, un logiciel d’intelligence économique ou un plan de management de ressources humaines.

A la fin de l’étape de qualification, des caractéristiques concrètes et fiables du produit doivent être disponibles, ce sont elles qui constitueront les arguments de négociation avec l’exploitant.

A ce stade de développement, I’opportunité d’une protection peut se poser; elle s’évalue au cas par cas, aucune règle générale ne pouvant être donnée, sinon pour dire que dans le cas d’un produit technique, une prise de brevet peut être considérée par un industriel, comme une manifestation de confiance dans la technologie proposée et s’avérer un argument de poids dans la négociation.

La qualification a elle aussi un coût. Elle nécessite des moyens nouveaux, techniques et humains, pour réaliser le produit et pour accompagner et suivre l’évolution du projet. Cette partie à risque est particulièrement difficile à financer, la faisabilité du procédé n’étant pas avérée tant qu’il n’est pas réalisé et l’exploitant difficile à rencontrer et à motiver tant que le produit n’existe pas.

La recherche du partenaire qui développera l’innovation, doit se dérouler et s’affiner en phase avec la qualification du produit. L’évaluation a déjà défini le secteur d’activités, les entreprises régionales et nationales de ce secteur seront les premières pressenties.

L’industriel étant identifié, la formalisation du transfert sera une fois encore le contact. Il devra prévoir en particulier des clauses eventuelles d’exclusivités, les conditions de l’aide technique pendant toute la période d’industrialisation ou de commercialisation, les conditions dans lesquelles des améliorations apportées au produit en feront partie et enfin les conditions financières du transfert (cash et/ou redevances) dont on doit s’assurer qu’elles vont concourir à couvrir les frais avancés au cours des deux phases initiales détection/évaluation et qualification. C’est de cette valeur ajoutée qu’on mesurera la réussite de la valorisation, c’est aussi à ce contact de la réalité qu’on pourra mesurer la pertinence d’une politique de valorisation, les moyens initiaux à investir à risques et le long temps nécessaire avant d’obtenir un retour sur investissement.

La création d’entreprise

La création d’entreprise pour valoriser des résultats de recherche doit s’inscrire dans une démarche réfléchie et se concevoir dans le cadre d’une stratégie globale et à long terme, nécessitant pour réussir de bénéficier d’un environnement favorable à la fois sur le plan pratique, mais aussi dans les divers domaines, juridiques et financiers entre autres.

Trois étapes principales jalonnent la création: I’émergence, la consolidation et la croissance.

La phase émergence fait appel aux mêmes interrogations que celles précédemment abordées, puisqu’il s’agit également de résultats développés sans partenaire particulier et donc libres de toute utilisation commerciale. C’est un point qu’il convient de vérifier tout particulièrement, pour s’assurer qu’aucun contrat ou brevet antérieur n’a couvert par « mégarde » les résultats qu’on souhaiterait exploiter.

Simultanément à l’évaluation du projet, il est fondamental d’évaluer avec la même exigence, la motivation et la détermination du créateur qui seront des facteurs de succès au moins aussi importants que l’invention elle‑même. C’est donc le couple projet porteur de projet qui doit progresser solidairement. Si tel n’était pas le cas, une alternative pourrait être trouvée en créant une équipe‑projet. On peut en effet, constater qu’il existe à ce jour, dans les établissements d’enseignement supérieur, quelques candidats motivés par la création d’entreprise, qui suivent des formations spécialisées, mais n’ont pas de projet porteur et parallèlement des créateurs dont la motivation est plus qu’incertaine. L’association de ces compétences pourrait éventuellement s’avérer pertinente.

Tandis que la faisabilité technique (simplicité, disponibilité, spécificité), commerciale (nouveauté, coût, besoin, mode, …) et l’environnement concurrentiel (produits analogues, coût marché et proximité, brevetabilité) seront approchés, le créateur devra bénéficier d’une formation préparatoire dans les domaines juridiques, économiques, mais aussi sur le plan plus général de la conduite de projets.

Une attention toute particulière doit être portée, à ce stade initial, sur le caractère et donc le savoir‑faire correspondant, qui va donner à la société sa notoriété et contribuer à son développement.

Il est évident que cette analyse et ces expertises doivent être traitées par de vrais professionnels, car elles conditionnent le succès ultérieur. Elles permettront à ce stade d’avancement, soit de décider la création, soit de poursuivre la phase préliminaire pour finaliser le projet et satisfaire au cahier de charges des études de faisabilité.

Quelque soit la solution retenue, cette phase d’incubation nécessite un soutien fort qui ne se satisfait pas de solutions de complaisance, même si elles ont déjà permis de faire émerger des entreprises. Généralement, en effet, le créateur est toléré dans son laboratoire d’origine où il exerce ce rôle dans une certaine marginalité. Le recours aux services des technopôles se pratique également avec une certaine efficacité, même si dans ce cadre le lien avec le laboratoire est un peu lâche.

Il est important que l’incubation puisse avoir lieu au sein de l’établissement afin de faire bénéficier la future entreprise des meilleures chances de développement en lui permettant de mobiliser des équipements, de nouer éventuellement des collaborations et de mobiliser des réseaux.

Le succès d’une politique de création d’entreprise par incubation, autour des campus universitaires reposera sur la qualité des partenariats qui seront mis en place pour l’accompagner et la porter et qui seront les éléments structurants d’une politique de site.

C’est ainsi qu’en associant les technopôles dont certaines jouent déjà un rôle très positif, les collectivités‑et les établissements d’enseignement supérieur, on pourrait mettre en place l’ensemble des infrastructures (incubateur, pépinières) et des services (expertises, formation, accompagnement juridique et économique, capital risque) qui se compléteraient sans se concurrencer, favoriseraient largement l’éclosion de projets d’entreprise et contribueraient à l’essor économique du site.

L’innovation dans les Matériaux

Pr Le Prof A.DAOUD

Le flux ininterrompu des innovations technologiques n’en finit pas de s’accélérer. Ce phénomène ne sera pas démenti au cours des décennies du 21ème siècle. Le mariage du savant et de l’ingénieur, la relation de plus en plus intime entretenue par le chercheur et l’industriel, continueront d’engendrer des myriades de produits, de machines, de systèmes nouveaux.

L’innovation reste le vecteur de la richesse et de la puissance industrielle. Pas un succès  d’une entreprise – lancement d’un produit, conquête d’un marché – qui ne soit dû à la maitrise de technologies  jusqu’alors inconnues ou à l’amélioration d’autres déjà connues.

Pour autant, les industriels savent bien que les positions ne sont jamais acquises. Rater un virage technologique, ignorer une technique peut être fatal. Récemment, plusieurs scientifiques ont identifié les grandes familles de technologies qui, selon eux risquent de modifier profondément notre façon de vivre et de produire, dans le futur.

Ils citent, en particulier, parmi les plus importantes :

1- Les technologies de l’ADN : le décryptage du code génétique des êtres  vivants et la possibilité de le modifier vont donner naissance à de nouvelles façons de se soigner, de produire des médicaments ou d’autres molécules à usage industriel, de protéger les plantes, etc.

2- Les technologies  de l’information, les limites des capacités de stockage et des vitesses de traitement et de transmission de l’information sont repoussées à l’infini. Au risque  de se perdre, pour l’utilisateur. Des logiciels spécialisés l’aideront à retrouver l’information dans une base de données « planétaire » et à mieux dialoguer avec des ordinateurs omniprésents.

3- La production d’énergie : l’électricité reste le vecteur d’énergie incontournable. Mais à coté des gros outils de production, tels que les centrales nucléaires, vont se développer des sources plus dispersées, comme les piles à combustibles et le solaire. Des batteries plus efficaces aideront le réseau de distribution à étaler les pointes. Et les supraconducteurs chauds ne sont plus tout à fait un rêve.

4- La science et le génie des matériaux : même s’il est peu probable que l’on assiste à une évolution semblable à l’apparition des polymères organiques, de  nouveaux matériaux vont naitre, issus de la connaissance et du contrôle de la structure de la matière au niveau de l’atome. On commence à fabriquer des Métamatériaux dont les applications sont diverses :les micro-ondes avec les antennes et les composants guidés ,les télécommunications ,la défense (antennes implantables, absorbants et radomes) , la santé avec les capteurs intelligents et les systèmes acoustiques ;

 

A quand les grandes applications?

 

Tous les laboratoires de science de génie des matériaux, dans le monde entier, partagent aujourd’hui la même observation : relier les propriétés macroscopiques des matériaux à leur structure microscopique.

Les chercheurs sont, en effet, convaincus que cette connaissance est la clé des matériaux du futur. Elle permettra d’élaborer de véritables matériaux sur mesure, dont la structure sera ajustée au niveau de l’atome afin de « coller » à des exigences de plus en plus pointues en matière de propriétés mécaniques, thermiques, électriques, de résistance à la corrosion, etc. cette manière rationnelle de concevoir les matériaux n’est pas tout à fait nouvelle, bien sûr, et certains d’entre eux n’existeraient pas si les scientifiques n’avaient pas d’abord cherché à comprendre ce qui se passe sur niveau de l’atome ou du groupe d’atomes. C’est le cas des superalliages réfractaires, de certaines céramiques résistant au choc, ou même, tout simplement, de l’acier utilisé dans les boittes de Coca-Cola.

Des efforts des physiciens du solide et des chimistes vont donc dépendre l’avenir d’industries très diverses, qu’elles utilisent des matériaux structuraux comme la mécanique, l’aéronautique, le génie civil, etc., ou des matériaux fonctionnels comme l’électronique, le génie électrique, l’optique, etc.

Au fil du temps, le continu technologique des matériaux n’a cessé d’augmenter, le plus souvent par association de matériaux différents par exemple dans les composites ou les multicouches. C’est ce qui fait la différence entre un verre revenu d’une couche électro chrome qui s’obscurcit sous l’action d’un courant électrique et un verre dont la structure physico-chimique fait qu’il s’obscurcit de lui-même quand il est exposé au soleil. C’est de cette manière que naitront de véritables matériaux nouveaux », explique le professeur Jean –Claude Lehmann. Celui-ci voit venir ainsi des vitrages qui orienteraient la lumière vers le fond des pièces, ce qui pourrait amener les architectes à modifier la conception des bâtiments.

Les vitrages électro commandés permettraient de mieux gérer l’apport calorifique du soleil et pourraient entrainer des modifications profondes des systèmes de chauffage et de climatisation. Ils pourraient aussi signifier la disparition des stores et des volets et la remise en cause de toute une industrie. Aujourd’hui, le marché mondial du vitrage destiné au bâtiment atteint les 18  millions de tonne !

Comme grande application des matériaux à coté des verres, on peut retenir les domaines suivants :

  • Dans les céramiques : on conçoit l’élaboration de matériaux à gradients de fonctions de composition variant d’un métal à une céramique, de fibre de diamant de grande longueur et enfin des céramiques de fibre de diamant de grande longueur et enfin des céramiques pour turbines à gaz à haute température.
  • Dans les métaux, l’élaboration de composés intermétalliques pour les turbines et les moteurs d’avions, etc.
  • Dans les polymères : synthèse de polymères avec des propriétés d’autoréparation, ainsi que des polymères d’une conductibilité électrique supérieure à celle du cuivre…

Alors que, dans un passé récent, l’étude des matériaux faisant appel à des équipements relativement modestes, et peu sophistiqués, l’investigation à l’échelle de l’infiniment petit réclame des outils plus puissants. Parallèlement, les procédés d’élaboration devront se mettre au diapason.

En Tunisie, il serait bon d’inscrire, dans le cadre de la réflexion sur l’université de demain, les recommandations incitant les écoles d’ingénieurs à équiper convenablement leurs laboratoires pour rattraper les autres.

مبررات إنشاء حاضنات المؤسسات في الوطن العربي

 

 

د. عبد العزيز داود

       أستاذ متميّز

 

إن النظام الاقتصادي العالمي الجديد هو الآن في طور الاكتمال وقد أثبتت لنا تجارب عقد الثمانينات أن أي دولة، مهما كانت طبيعتها، لا يمكن لها أن تبقى في موقف المتفرج، خارج الميدان، إذ أن القاعدة أصبحت بالفعل : إما أن تكون أحد أطراف اللعبة، أو أن تندثر، وقد أوضح لنا فرناند برودل في كتابه حول تاريخ الرأسمالية الغربية، أن المجتمعات لا يمكن لها أن تبقى إذا لم تتوفق في تحقيق تلك التركيبة السحرية التي تضم في بوتقة واحدة مواهب الباحثين وإدارة رجال السياسة وروح المبادرة العالمية.

إن البلدان العربية تسعى حاليا إلى التوفيق بين مطوري المشاريع والعمال والباحثين والإداريين والفنانين لديها… لضم مجهوداتهم في بوتقة واحدة لتحويل المنطقة إلى دول ديمقراطية في تناسق وتناغم مع متطلبات فجر الألفية الثالثة، ولتسخير العلم بكل جوانبه لضمان التنمية الاقتصادية المستديمة، وبهدف تحقيق هدفنا المنشود المتمثل في الانطلاقة الاقتصادية الفعلية.

وقد دخلت جميعها بالفعل مرحلة مواجهة هذا التحدي، وهي تستعد لفتح حدودها، طبقا لمتطلبات اتفاقيات منظمة التجارة العالمية واتفاقية حرية المبادلات التجارية التي أبرمتها مع الاتحاد الأوروبي.

غير أن السؤال الذي يطرح نفسه في هذه المرحلة هو : كيف يمكن للاقتصاد العربي أن يواجه المنافسة وما هو المستوى الذي يجب أن تتبعه حركة التنمية الاقتصادية لبلوغ مستوى عال من القدرة التنافسية ؟

إن ما نسميه اليوم حركة التنمية هو أولا وقبل كل شيء إنتاج العمل الذهني المدمج في الآلة أو غير المدمج فيها كما كان يحلو لريكاردو أن يقول.

إن الأدمغة هي اليوم أهم ثروة لدى الشعوب، ولابد من التذكير بأن هذه الثروة يمكن رعايتها لتبقى في نمو مستمر، وأن ذلك لا يمكن أن يتم إلا من خلال التحكم في التكنولوجيا.

وبالنسبة لبلداننا، فإننا إذا تحدثنا عن التحكم في التكنولوجيا، في المرحلة الحالية على الأقل، فإن ما نقصده هو طبعا نقل التكنولوجيا. ولتوضيح هذه الصورة بشكل أفضل، فقد اخترنا الحديث عن حاضنات المشاريع.

ما معنى حاضنة المشاريع ؟ لكلمة حاضنة معان كثيرة، حسب قطاع النشاط الذي نتحدث عنه. وفي المجال الاقتصادي،  فإن الحاضنة هي هيكل لاستقبال المشاريع البادئة لمدة محدودة يوفر لها فضاءات عمل و المساعدة الفنية والخدمات التي تتلاءم مع حاجياتها ومتطلباتها.

وتكون هذه المشاريع إما في طور الدراسة والإنشاء, أو في بداية عملها.

وتقدم الحاضنات عادة التسهيلات التالية :

  • توفير محلات قابلة للتحوير والتوسع حسب الحاجة ولفترة محدودة,
  • تقديم الخدمات العامة بتكاليف متقاسمة, مثل الخدمات المكتبية والإدارية, واستقبال وتوزيع المكالمات الهاتفية, إلى غير ذلك,
  • توفير الخدمات في مجال التصرف الإداري والتكنولوجيا, وفتح قنوات اتصال للمؤسسات المحتضنة مع دوائر الأعمال والدوائر العلمية ذات العلاقة,
  • توفير فضاء للتفاكر وتبادل الآراء وتقديم الدعم المعنوي من خلال فريق متخصص.

وقد انطلقت فكرة حاضنات المشاريع في العالم منذ ما يقارب الثلاثون سنة, ولها تسميات عديدة في اللغتين الفرنسية والإنجليزية. غير أن المفهوم واحد ولو أنه يتطور باستمرار.

 

 Iما هي الأهداف التي يمكن للحاضنات أن تسهم في تحقيقها ؟

 

تساعد الحاضنات في تحقيق هدفين رئيسيين هما :

 

خفض نسبة البطالة :

وهو هدف قصير ومتوسط المدى, وعلى الحاضنات أن تيسر إنشاء مؤسسات من النوع التقليدي التي تؤدي, في أقصر الأوقات, إلى خلق مواطن شغل عديدة.

ولعله من المفيد التذكير بأن فترة إنشاء المؤسسات في حاضنات مدينة ليون بفرنسا هي بحدود 12 شهرا. أما في منطقة « الرون – ألب » فقد قررت السلطات منح مكافآت للمؤسسات المحضونة التي تؤدي إلى خلق أكبر عدد ممكن من مواطن الشغل.

 

إضفاء حركية على الاقتصاد :

من المعلوم أن « أرباح اليوم هي التي تولد استثمارات الغد, وأن هذه الأخيرة تؤدي بعد الغد إلى خلق مواطن الشغل », كما كان يقول هلموت كول.

أما العمل على المدى البعيد والمتوسط, فإنه يفتح المجال لخلق مؤسسات تجديدية تتميز بتحقيق معدلات مرتفعة من القيمة المضافة والأرباح.

وتكون هذه المؤسسات قادرة على الانتفاع من نقل التكنولوجيا, مما يمكنها من خلق قطب جذب يكون له انعكاس إيجابي لتحريك كافة قطاعات الاقتصاد.

وبالتالي, فإن السعي إلى خلق مواطن الشغل لن يكون من الاهتمامات الأساسية للعمل قصير المدى, إذ أن التركيز سوف يكون على تحفيز التجديد والإبداع وعلى استخدام التكنولوجيات الأكثر حداثة. أما على المدى الطويل, فإن المؤسسات التجديدية التي تحافظ على طابعها سوف تكف عن الاستثمار في الجوانب الإنتاجية البحتة حين تفقد منتجاتها طابعها المتميز (بحكم نهاية دورة حياة المنتجات).

بل إنها سوف تعمل باستمرار على المحافظة على تميزها وإبداعها من خلال الاستثمار في البحث والتطوير, وتعمل في نفس الوقت, على التعاقد الفرعي كلما كان ذلك ممكنا, لمواصلة إنتاجها, مع الحرص على مواصلة إنتاج المكونات الحساسة من منتجاتها أو خدماتها بنفسها.

وليس من العسير الاستنتاج بأن تحفيز التجديد له انعكاسات مهمة جدا على الاقتصاد, نظرا إلى أن نشاط المؤسسات المجددة ينعكس إيجابيا على كافة المتعاقدين الفرعيين.

 

لماذا المساعدة في إنشاء المؤسسات ؟

 

للمرء أن يتساءل بكل استحقاق : إذا كان النظام السائد معتمدا على مبادئ الليبرالية التي تنعكس في مقولة آدم سميث الشهيرة : « أتركه يعمل, أتركه يمر » التي أوردها في كتابه حول « البحث في طبيعة وأسباب ثروات الأمم », فإن الموقف المنطقي يجب أن يكون إذا أن تؤسس مؤسسات, فإن لك ذلك, لكن ليس هناك من يضمن لك تحقيق ما ترمو إليه.

أهداف حاضنات المشاريع

 

يتمثل الهدف الأساسي لحاضنات المشاريع في تقوية حظوظ البقاء والنجاح والتطور للمؤسسات حديثة العهد. وتتحقق أهداف الحاضنات من خلال تقوية معدلات الولادة ومعدلات النمو ونسب المردودية. وتعمل الحاضنات على محاور ثلاثة هي : إنشاء المؤسسات, ومساعدتها في الانخراط في المحيط الاقتصادي ثم مساعدتها على إرساء علاقات مع الهيئات والمنظمات المعنية.

 

1 – الإنشاء : تشير إحدى الدراسات التي أنشأتها منظمة التعاون والتنمية الاقتصادية (ECD) أن 85% من المؤسسات الجديدة تندثر قبل بلوغ عامها الخامس وليس من الغلط في رأيي أن نقول بأن نفس هذه النسبة تنطبق على البلدان العربية ويعود سبب الاندثار إلى عدم توفر الإمكانيات والمعرفة الكافية كذلك فإن الأفكار الجديدة وروح الاستثمار تعني  بالضرورة حسن التصرف في الموارد المالية ويمكن لحاضنات المؤسسات طبعا أن تساعد في التغلب على هذا الوضع.

 

2 – الانخراط في المحيط الاقتصادي : إلى جانب السعي إلى إرساء مؤسسات قوية, هناك أيضا ضرورة انسجام تلك المؤسسات مع المحيط الاقتصادي العالمي, والتصاقها بحركة التطور العلمي من خلال نقل التكنولوجيا والشراكة مع مؤسسات الشمال.

ويجب على الحاضنات إذن أن تخصص نسبا معقولة من مواردها لاحتضان مشاريع ذات تكنولوجيا متطورة تكون لها القدرة على التحول إلى جسور صلبة لعمليات نقل التكنولوجيا, وبهدف تطوير أواصر التعاون بين البلدان العربية ومنظمة الأمم المتحدة للتنمية الصناعية (UNIDO), وأواصر التبادل مع الحاضنات في مختلف أنحاء العالم.

 

3 – إرساء العلاقات : إذا عدنا مرة أخرى إلى تحاليل فرناند برودل, التي مفادها أن المجتمعات لا تتطور إلا إذا كانت هناك علاقات تبادل وثيقة بين الجامعات ومؤسسات البحث والمؤسسات الإنتاجية, يمكننا القول بأن الحاضنات يجب أن تلعب دور المحور الرابط بين الجوانب النظرية (البحث) والجوانب العملية (مؤسسات الإنتاج).

بيد أن نظرة أكثر تركيزا على الموضوع سوف تؤدي بنا إلى الاقتناع بأن الأمر ليس بهذه السهولة. فإذا كان إنشاء المؤسسات أمرا يتسم بالكثير من السهولة في عهد آدم سميث, وحتى خلال النصف الأول من القرن العشرين, لأن إدارة المؤسسات كانت يسيرة وأحادية الاتجاه والجانب, ولأن المنافسة كذلك لم تكن بنفس درجة الشدة التي هي عليه حاليا. وقد اختلفت التطورات العلمية والتكنولوجية المذهلة التي شهدها النصف الثاني من القرن العشرين وأصبحت أساليب وتقنيات الإدارة والتصرف متعددة ومعقدة, واشتدت المنافسة بقدر كبير لذلك فإن بعث المؤسسات الناجحة لم يعد أمرا يسيرا.

وبالنظر إلى أن الأنسجة الاقتصادية مهما كان نوعها وحجمها في مختلف أنحاء العالم هي في حاجة إلى إنشاء مؤسسات جديدة لخلق المزيد من مواطن الشغل من ناحية, ولإضفاء المزيد من الحركية على تلك الهياكل من ناحية ثانية فقد أصبح من الضروري إرساء هياكل متخصصة للمساعدة في إنشاء المؤسسات.

ويسير بنا السؤال حول الهدف من إنشاء هياكل المساعدة إلى طرح سؤال آخر مفاده : ما هي الصعوبات التي يواجهها المستثمر الراغب في إنشاء مؤسسة جديدة ؟

يمكننا تلخيص أهم تلك الصعوبات كما يلي : خطة تسويقية غير ملائمة

 

قصور الموقف التسويقي :

في أحيان  كثيرة, يقدم المستثمر على إنشاء مؤسسة جديدة ومنتوجا جديدا وهو يقول في نفسه : « إني أحب منتوجي لذلك, فإن الآخرين سوف يحبونه أيضا ». وهو بذلك يعتبر نفسه وكأنه عينة من مجموعة زبائنه المستقبلية بل وحتى من سوق الاستهلاك كله.

وهذا طبعا موقف من شأنه أن يؤدي إلى استنتاجات غير صائبة.

قد تطورت أحيانا فترة إعداد المنتوجات للتسويق أكثر مما كان متوقعا وفي الأثناء تتراكم الدفوعات في حين يبقى رقم المعاملات في مستوى الصفر.

 

غياب العلامة المميزة :

من المعلوم أن هناك عوامل كثيرة تسهل عملية التسويق كما أن هناك عوامل أخرى تعيقها. وهناك الكثير من العوامل التي تساعد على تسويق المنتوجات أو الخدمات, كأن يكون هناك في مجتمع ما قانون ينص على أن التأمين على السيارات إجباري, أو الضرورة الملحة (كأن نشتري أدوية عند المرض) أو بمجرد الرغبة. أما العوامل التي من شأنها إعاقة التسويق فهي مثلا : ارتفاع الأسعار أو الشعور بعدم الاطمئنان تجاه منتج جديد غير معروف. وفي هذه الحالة, فإن باعث المنتج الجديد سوف يجد نفسه في موقف صعب أمام منتوجات أكثر رسوخا في السوق ولها سمعتها الثابتة, وعلامتها المميزة التي تبعث الاطمئنان لدى المستهلكين.

 

الافتقار إلى موهبة التسويق من الأساس :

إن باعثي المؤسسات الجديدة المتخصصين في عمليات التسويق هم قلة قليلة, إذ أن معظم من التقنيين أو من الجامعيين (خاصة بالنسبة للمؤسسات التجديدية) أو أنهم موظفون سابقون كانوا يعملون في مؤسسات قائمة في أقسام خدمات ما بعد البيع أو الصيانة, وكانوا على علاقة مباشرة مع الزبائن وظنوا بأن علاقاتهم المتميزة مع الزبائن سوف تكون عاملا مساعدا لهم لإنشاء مؤسساتهم الخاصة. غير أنهم بذلك ينسون أن التسويق لا يتلخص في كون البائع له علاقات متميزة مع الزبائن, بل إن الأمر يتطلب مهارات خاصة تمكن البائع من استغلال اللحظة التي يمكن أن يقول فيها للمشتري : « وقع هنا, إن البضاعة سوف تكلفك كذا ».

إذن, فإن العوامل السلبية الأربعة التي ذكرناها آنفا تؤدي إلى نتيجة واحدة هي أن نمو حجم المعاملات أبطأ مما كان متوقعا, وإن الأرباح ضئيلة, إذا لم تكن منعدمة تماما.

 

قصور الموارد المالية :

إن هذا العامل هو من أهم الصعوبات التي يواجهها الباعثون الجدد, ويضاف إليه في أحيان كثيرة عدم الدقة في تقدير المتطلبات المالية لإنشاء المؤسسات, ويمكن أن يؤدي ذلك إلى حالة من عدم التوازن بين موارد المؤسسة ووظائفها مع إمكانية أن تصبح أن تتحول تلك الحالة إلى ظاهرة مزمنة وإذا أضيفت هذه الحالة من عدم التوازن إلى انخفاض المردودية فإن النتيجة سوف تكون وضعا ماليا هشا منذ البداية, يمكن أن يسوء سريعا.

 

محدودية الوسائل :

الموارد البشرية : في معظم الأحيان, تكون المجموعات الباعثة للمؤسسات الجديدة من الشباب الذين يفتقرون للخبرة, لهم تخصصات ومؤهلات في مجالات معينة, في حين أن الأمر يتطلب مؤهلات متعددة الجوانب.

الموارد المالية : إذا كنا نتحدث خاصة عن المؤسسات التجديدية, فإنه من الضروري توفير تجهيزات متطورة لإجراء الدراسات والتحاليل وعمليات التطوير وفي معظم الحالات, فإن الموارد المالية المتاحة لا تسمح باقتناء مثل تلك التجهيزات.

 

إنشاء الحاضنات : كيف السبيل إلى ذلك ؟

بناءا على ما أوردناه من ملاحظات واستنتاجات, يتعين علينا الآن أن نتساءل كيف يمكن للحاضنات أن تواجه مختلف المشاكل التي ذكرناها.

 

تطوير نجاعة القياديين :

هدف الحاضنات هو تغطية حاجيات معينة. وبالنسبة لباعثي المنشآت الجديدة, تتركز الحاجيات في ثلاث نقاط هي :

  • كسر العزلة التي قد يجد فيها نفسه باعث المؤسسات وسوف تكون الحاضنة مكانا يلتقي فيه رؤساء المؤسسات لتبادل وجهات النظر ووقائع تجاربهم حديثة العهد, وهذا من شأنه أن يساعد باعث المؤسسة على تجاوز الحالة النفسية الصعبة التي يواجهها في بداية تجربته,
  • استكمال معلوماته في مجال الإدارة والتصرف, من خلال حالات ملموسة تختلف عن تلك الحالات التي يتم التعرض إليها خلال الدراسة التقليدية وفي حلقات مدتها الزمنية قصيرة (لأن باعث المشاريع ليس لديه ما يكفي من الوقت),
  • التحلي بالسلوك الإداري القيادي : يجب على باعثي المؤسسات أن يمروا بتدريب خاص في الحاضنات ليكتسبوا صفات وتصرفات وردود أفعال رؤساء المؤسسات.

 

السعي إلى البلوغ إلى موقع تسويقي جيد :

وفي هذا الصدد يجب التخلص من نظرية : « أنا أحب منتوجي, إذن سوف يباع » وتعويض ذلك بخطة تسويقية متماسكة يتم تطويرها بمساعدة خبراء مختصين.

 

تسهيل عملية ضبط المنتج :

وهذا جانب شديد الأهمية, لأن الأمر يتطلب التواصل بين أوساط ثقافية مختلفة : أوساط الأعمال وأوساط البحث. وتمثل الحاضنات حلقة الوصل بين حاجيات المؤسسات وعروض الباحثين. ويسعى باعث المؤسسات إلى الاستفادة من كفاءات تكنولوجية ومن وسائل بحثية ليست في حوزته, وتكون الحاضنة هي المكان المناسب الذي يتيح له الاستفادة منها.

 

 

من بين الإحصائيات المتعلقة بحاضنات المؤسسات هناك رقمان لهما دلالة كبيرة :

في فرنسا تتمكن 63% من المؤسسات الجديدة من تجاوز السنة الثالثة من عمرها, فيما تصل هذه النسبة إلى 92% بالنسبة للحاضنات الثلاثة المتمركزة في مدينة ليون.

 

 

إيجاد حلول لمشكلة غياب العلامة المميزة :

يمكن للحاضنات أن تسعى إلى ذلك من خلال :

  • تسهيل عملية تبني المؤسسات القائمة للمؤسسات الجديدة وبذلك يمكن لباعث المؤسسة أن يستفيد من العلامة المميزة المملوكة للمؤسسة التي تتبناه,
  • يمكن أيضا للباعث أن يستفيد من العلامة المميزة الخاصة بالحاضنة نفسها ليعلم الحريف أن المؤسسة كذا قد ترعرعت في عناية الحاضنة كذا.

وفي هذه الحالة يجب أن تكون للحاضنة علامة مميزة معروفة من خلال حملات الدعاية والإعلان الملائمة ويمكن للحاضنات أن تتعرض لذكر المؤسسات التي احتضنتها وحققت نجاحات كذلك يجب أن تحافظ على سمعتها وأن تخبر العموم بأن أبوابها ليست مفتوحة لأي كان وأنها تختار المؤسسات التي يتم احتضانها بعناية ودقة.

  • من خلال الحملات الدعائية يمكن الترويج جيدا للمؤسسات المحتضنة.

 

تيسير عملية التسويق :

يجب على المؤسسة المحتضنة أن تتعلم البيع وعلاوة على عمليات التدريب في المجالات التي تسبق التسويق, لا بد من برمجة دورات لرفع الكفاءات في مجال البيع.

 

تسهيل العمل من خلال تخفيض التكاليف :

لمواجهة ظاهرة انخفاض أرقام المعاملات في البداية تعمل الحاضنة على خفض الآداءات إلى أدنى مستوى ممكن لها, بالنسبة للخدمات المشتركة التي توفرها المؤسسات المحتضنة (الأعمال المكتبية, الصيانة, وغير ذلك) وللمحلات التي تؤجرها لها.

 

 

المساعدة على بلوغ التوازن المالي :

  • من خلال خفض الوظائف يتم توفير تجهيزات للاستخدام المشترك (بنايات، أثاث وأدوات مكتبية، مراكز اتصال هاتفي…) يمكن من خفض حجم الاستثمار ومن تقليل الحاجة إلى التدريب في حين أن المجالس الاستشارية في مجال الإدارة والتصرف يمكن أن تساعد في خفض رأس المال العامل،
  • تعظيم الموارد : تصبح الحاضنة شريكا فعليا لباعث المؤسسة وتساعده في إيجاد شركاء آخرين مما يمكنه من تعظيم رأس مال مؤسسته.

إلى جانب ذلك، تتمثل المهمة الرئيسية للفريق العامل بالحاضنة في مساعدة الباعث على جعل مؤسسته مشروعا مربحا.

وعلى سبيل المقارنة، فإن الحاضنات بالنسبة للمشاريع الجديدة تقوم بنفس الدور الذي تؤديه قاعات بناء العضلات بالنسبة للرياضيين.

فالحاضنة تساعد الباعث على تقوية قدراته الذاتية ليتمكن من مواجهة المنافسة وهو في أفضل حالاته. إن هذه الظاهرة تنتشر كالبقعة الزيتية في الدول الصناعية، وهي الآن تدق على أبواب بلداننا.

 

واجهة تعامل بين عالم البحث وعالم الأعمال :

يختلف واقع عالم البحوث عن واقع عالم الأعمال ويمكننا تلخيص أهم خاصيات عالم البحوث كما يلي :

  • من الناحية الزمنية : تبلغ فترة العمل النموذجية الثابتتة بالنسبة لمراكز البحوث حوالي ثلاث سنوات هي عادة الفترة اللازمة لإعداد أطروحة بحث،
  • من ناحية المردودية : ليست هناك مردودية منتظرة إذ أن عمل الباحث لا يرمي إلى تحقيق الأرباح فسواء عمل قليلا أو كثيرا سوف يستلم مرتبا معينا نهاية كل شهر.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

حول حاضنات المشاريع في الوطن العربي : الواقع والأهداف المرجوة يمكن لها أن تفتخر بأنها عبارة عن وكر للأدمغة، وبؤرة مواتية لأعمال البحث العلمي والتكنولوجي. إن القدرات متوافرة وتتمثل المهمة في التوصل إلى استغلالها الاستغلال الأمثل. وهذا هو بالذات دور الحاضنات فعمليات نقل التكنولوجيا لا تتم فقط بين الكيانات في مجتمع واحد أو في منطقة واحدة, ولكن أيضا هذا في الحقيقة نقطة الانطلاق بين مراكز البحوث (المختبرات، الجامعات، المدارس التقنية) والمؤسسات المستهلكة النهائية للمنتج التكنولوجي. وتكون الحاضنات إذن واجهة التبادل، وتلعب دور المحفز بين الجانبين الأول والثاني.

وفي هذا الصدد، هناك ملاحظتان جديرتان بالذكر، هما :

*أولا : أن عمليات نقل التكنولوجيا لا يمكن أن تتم في الداخل إلا إذا أقيمت الحاضنة وسط قطب جامعي أو صناعي ملائم. وتتمثل المدن العربية الكبرى قاعدة ملائمة لإنشاء الحاضنة نظرا لما فيها من صناعات ومراكز للتعليم العالي ومن موارد بشرية تتمثل في آلاف الطلبة والمدرسين.

*ثانيا : أن إرادة توطين عمليات نقل التكنولوجيا هي فكرة جديدة حتى في الدول الصناعية. لذا فإن إنشاء الحاضنات كواجهات تفاعل وتعاون لابد وأن تتم بالتدريج وعلى مراحل.

 

 

  • الكفاءة : يعمل بمراكز البحوث عادة عدد من الخبراء ذوي الكفاءة.

على الجانب الآخر هناك عالم الإنتاج وهو عالم باعث المشاريع وتتلخص أهم ملامحه في التالي :

  • السعي إلى تحقيق الأرباح : فالهدف الرئيسي لأي باعث للمشاريع هو تحقيق أكبر قدر من الأرباح من خلال مخرجاته،
  • عدم توفير الوقت الكافي : رجل الأعمال هو في الأساس في صراع دائم ضد الساعة بعكس العاملين في مراكز البحوث،
  • نقص الكفاءة : كلما قل حجم المؤسسة وصغر سنها، كلما كانت كفاءاتها محدودة.
  • وتقع حاضنة المشاريع بين هذين العالمين المختلفين في الجوهر، وتسعى لتكون واجهة تعامل بينهما لتسمح لهما بالتواصل، وذلك من خلال القيام بدورين أساسيين هما :
  • دور المترجم : سوف تتولى الحاضنة ترجمة المشاكل التي يواجهها باعث المشاريع إلى لغة يمكن أن يفهمها الباحث بكامل الوضوح، كما تتولى بعد ذلك ترجمة الرد الذي تتلقاه من الباحث إلى عبارات يفهمها باعث المشاريع.
  • دور مرتب الأوقات : تنتقل الحاضنة بين باعث المؤسسات الذي يريد ردا فوريا وبين مركز البحوث الذي لا يعني الضغط الزمني بالنسبة له شيئا.

 

كما أن على الحاضنة الانتقال بين المؤسسة التي تسعى إلى الحصول على حل تكنولوجي دقيق لمشكلة محددة وبين مركز البحوث الذي يرد بأطروحة كاملة نتيجة البحث الذي يقوم به.

تجدر الإشارة في هذا السياق إلى أن الحاضنة لا تمثل واجهة تعامل للمؤسسات المحتضنة في الحاضر وفي الماضي فقط بل لكل المؤسسات العاملة بالمنطقة التي تتواجد فيها. وعلى الحاضنة أن تكون أشبه ما يكون « بالقدر » بالنسبة للمؤسسات الجديدة، وأشبه ما يكون « بالمركز الصحي » بالنسبة للمؤسسات الصغيرة والمتوسطة والصناعات الصغيرة والمتوسطة القائمة والتي قد تواجه صعوبات في فترة ما من حياتها أو قد تحتاج إلى حل مشكلة تكنولوجية تتطلب تدخل مركز للبحوث.

وتوجد في مختلف دول العالم هيئات متخصصة في لعب دور الوسيط بين المؤسسات الصغيرة والمتوسطة وبين مراكز البحوث ونذكر منها على سبيل المثال : المراكز الإقليمية للتجديد ونقل التكنولوجيا في فرنسا، وهي مراكز تتولى ترجمة الحاجيات التكنولوجية للمؤسسات الصغيرة والمتوسطة وتوفر لمراكز البحوث ما ينقصها : القدرة على التواصل والدعم اللوجستي والموظفون الإداريون والعلاقات مع المؤسسات الصغيرة والمتوسطة. ويمكن للحاضنات أن تدخل في شراكة في هذا النوع من الهيئات أو أن تتعاقد فرعيا على جزء من أنشطتها كواجهات تعامل وتواصل.

 

Le lycée de demain… C’est l’affaire d’aujourd’hui

Par le Pr. Abdelaziz Daoud

 

 

Dans le parcours scolaire, le lycée est le cycle de la diversification.

Il importe donc qu’il permette :

  • de choisir une orientation en connaissance de cause et de préparer efficacement l’entrée dans les enseignements supérieurs ou dans la vie professionnelle.
  • d’améliorer de manière constante le niveau de formation de tous les élèves et de s’assurer qu’aucune sortie du système scolaire de se fait sans une qualification attestée.

La réforme du lycée porte en elle-même une dynamique de changement. Les mesures prise pour le court terme devront être évaluées, infléchies chaque fois que nécessaire pour aller plus loin encore.

Sans bouleverser l’architecture du lycée, la réforme doit proposer un nouveau cadre permettant de faire émerger de nouvelles pratiques pédagogiques, de mettre en place le travail en équipe et d’encourager les initiatives personnelles et collectives au sein des établissements.

Cette réforme doit permettre de détecter tous les talents, de les encourager et de les valoriser.

Il est nécessaire que les lycéens maîtrisent des exercices fondamentaux de la vie pratique et professionnelle : la rédaction d’une lettre ou d’un rapport, la lecture d’un tableau de chiffres, l’utilisation d’un traitement de textes, ou la maîtrise d’un bref exposé en arabe ou dans une langue étrangère.

 

Il ne s’agit pas de diminuer les heures d’enseignement accordées aux élèves mais, en variant les approches pédagogiques, de permettre une acquisition durable des connaissances et une prise en compte de tous les talents.

Cette mesure permet au-delà des heures de cours, de laisser du temps aux élèves pour participer à d’autres formes d’activités qui contribuent à renforcer leur formation.

Les heures de cours stricto sensu peuvent être limitées à 26 heures en moyenne dans la voie d’enseignement général et à 30 heures dans la voie technologique. S’ils les souhaitent, les élèves peuvent choisir une option facultative de 2 ou 3 heures.

« Il faut introduire davantage de connaissances littéraires, artistiques et économiques qui doivent intégrer la culture de base des élèves. Un enseignement technique et scientifique pur et dur ne serait pas suffisant et intéressant, sans le savoir puisé dans les matières linguistiques, économiques… »

 

Dans que les enseignants en soient responsables, les programmes surchargés, enseignés uniquement en classe entière, induisent une mauvaise assimilation des connaissances. Tous les élèves pâtissent tôt ou tard de cette situation. Les élèves en difficulté sont immédiatement entraînés dans une spirale de l’échec tandis que les bons élèves ne peuvent approfondir les savoirs.

De leur côté les enseignants sont soumis à un programme officiel qu’il faut terminer coûte que coûte ce, qui les contraint à renoncer aux pratiques pédagogiques innovantes qu’ils souhaiteraient mettre en place.

Cette spirale conduit à un lycée en trompe l’œil où les programmes sont ambitieux mais ne sont étudiés que superficiellement.

A l’exhaustivité des programmes, il faut peu à peu substituer un enseignement intensif, exigeant et de qualité, ce qui suppose un accompagnement pédagogique renforcé pour entraîner le plus grand nombre d’élèves.

En effet, chaque élève, en fonction de ses besoins propres, doit pouvoir trouver dans le cadre du lycée toutes les aides nécessaires à la réalisation du travail attendu de lui. Pour cette raison, l’on veillera soigneusement à ce que les élèves puissent avoir accès aux centres ressources de leur établissement (CDI et salles informatiques) qui devront donc être ouverts plus largement. Le CDI constitue une source incontournable d’accès à l’information.

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication peuvent permettre une amélioration de la qualité de l’enseignement. Tous les élèves doivent y avoir accès. Ceci est aujourd’hui possible dans plusieurs lycées grâce à l’effort d’équipement informatique consenti par les régions et par l’Etat.

L’enseignement des nouvelles technologies n’est pas organisé sous forme d’une nouvelle discipline. Il a deux dimensions : tout d’abord, les disciplines intègrent l’usage et la compréhension de ces technologies ; ensuite, dans le cadre de la préparation des Travaux Personnels Encadrés, les lycéens sont invités à utiliser l’ordinateur de façon systématique.

Dans le cadre des programmes nationaux, une plus grande liberté est laissée à l’enseignant pour choisir ses supports et ses pratiques pédagogique (œuvres, sujets de travaux pratiques…).

La mise en place de la réforme de lycées, outre la refonte des programmes disciplinaires, demandant des réflexions interdisciplinaires approfondies, un programme ambitieux de formation continue est donc nécessaire.

Des débats entre professeurs et chercheurs seront organisés et pourront s’inscrire dans les plans de formation continue. Et le plan de formation des enseignants fera partie du projet d’établissement et d’un Programme national.

Il faut souhaiter une reprise du lycée technique, qui a disparu ces dernières années, avec des améliorations de programmes tenant compte de l’enseignement maîtrisé dans les Instituts Supérieurs nouvellement créés dans notre pays.

Un des facteurs de succès du Japon est la qualité de l’enseignement technique secondaire. En revanche le Portugal a subi (et continue à subir) de sérieux problèmes en conséquence de l’abolition de l’éducation secondaire technique dans la deuxième moitié des années 70.

Il faudra y assurer une culture technologique industrielle associée à une culture scientifique pour réussir convenablement les métiers de techniciens et d’ingénieurs.

LA MAINTENANCE UN VRAI PROBLÈME DE DÈVELOPPEMENT

Par  le Prof. Abdelaziz Daoud

  

La mise en œuvre de la maintenance dans les entreprises et organismes publiques (Hôpitaux, Universités etc…) est influencée par des facteurs jugés de très grande importance. Ces facteurs peuvent être classés selon les 5 domaines de problèmes suivants :

  • l’équipement et son fonctionnement.
  • L’organisation et la gestion de la maintenance.
  • Les ressources matérielles, particulières la documentation technique et les pièces de recharge.
  • Les ressources humaines.
  • Les contraintes financières et problèmes divers liés à l’infrastructure locale et logistique.

Chacun de ces domaines sera discuté ci-dessous plus en détail.

L’équipement et son fonctionnement :

De nombreux problèmes de maintenance trouvent leur origine dans la phase de conception bien avant la mise en service des installations.

Ces problèmes touchent essentiellement les aspects suivants : bonne adaptation de l’équipement aux conditions locales, fourniture en temps opportun de toute la documentation relative à l’exploitation et à la maintenance, fourniture et installation des machines, pièces de rechange, formation du personnel, assistance technique et service après-vente.

Lors des études de prèinvestissement, le facteur maintenance (budget, ressources humaines et matérielles) est rarement pris en compte.

Dans les cahiers des charges et spécifications techniques, on traite surtout des machines de production et des infrastructures y relatives. On n’y traite jamais en détail de facteurs tels que la standardisation, la maintenabilité,  la documentation technique, les pièces de rechange, la formation du personnel de maintenance et l’organisation de la maintenance.

Lors des négociations  contractuelles, les spécialistes de la maintenance sont généralement absents. Les exigences de la maintenance sont rarement prises en considération, d’une part, faute de conscience du problème et d’autre part, pour des raisons d’augmentation des prix. Les coûts supplémentaires que les exigences de la maintenance entraînent ne sont en aucune relation avec le bénéfice financier et moral que l’on tire d’une usine qui fonctionne bien. En ce qui concerne la conception de l’usine, on s’intéresse trop peu aux facteurs qui déterminent son succès, tels que l’emplacement, la taille, la conception détaillée des installations et l’adaptation de l’équipement à l’environnement (humain et climatique). Ceci est souvent dû au fait que le concepteur n’est pas lui-même un exploitant d’installations.

En ce qui concerne le choix d’une technologie adéquate (on n’entend pas par là le choix d’une technologie dépassée), on n’accorde pas assez d’attention aux facteurs ci-après qui influent directement sur la maintenance : distance entre l’usine et les fournisseurs, problèmes dans les communications, conditions climatiques difficiles, manque de main-d’œuvre qualifiée, erreurs opérationnelles plus fréquentes que dans le contexte industriel traditionnel, etc.

S’agissant de la stratégie de construction de l’usine, on a constaté que les services auxiliaires (ateliers, magasins, bureaux,…) sont construits une fois les machines de production installées, de sorte que l’on perd un temps précieux qui aurait pu être consacré à la formation et à l’organisation de la maintenance.

Du point de vue organisationnel, les diverses sections de maintenance font l’objet d’une planification tardive (dans nombre de cas, juste avant la mise en service), ce qui conduit à des problèmes insurmontables lors de la période de démarrage.

La supervision de la construction de l’usine par le client porte presque exclusivement sur le montage, la mise en service et le démarrage des machines de production et des infrastructures. Le contrôle des services assurés par le fournisseur dans les domaines de la documentation technique, des pièces de rechange ou de la formation à la maintenance, par exemple, est souvent négligé. Enfin, le calendrier de montage étant rarement respecté, le constructeur essaie de rattraper le retard en accélérant les travaux qui restent à faire à la fin du montage. Ceci concerne essentiellement l’électricité, l’instrumentation et l’automatisation. On a constaté qu’il en résultait des négligences et des erreurs dans certaines installations vulnérables où le service de maintenance rencontrera  le plus de problèmes après le démarrage.

Organisation et gestion de maintenance :

Le manque d’organisation et de gestion de la maintenance concerne particulièrement les  aspects suivants :

  • la maintenance est généralement sous-estimée et sa fonction productive n’est pas reconnue, ce qui entraîne les conséquences suivants :
  • on s’intéresse trop peu aux exigences de la maintenance lors des phases de préinvestissement et d’études techniques, ainsi que lors de l’achat des équipements :
  • on trade à organiser la fonction maintenance lorsque qu’on exécute de nouveaux projets (ressources humaines, matérielles et financières).
  • Le département de maintenance est placé à un niveau trop peu élevé dans l’organigramme.
  • Des moyens financiers insuffisants sont alloués à la maintenance.
  • Du personnel sous qualifié est affecté au département de maintenance.
  • L’organigramme de la maintenance n’est pas clair ou est mal défini, les descriptions de poste sont inexistantes :
  • Les fonctions ci-après sont : méthodes, ordonnancement, préparation du travail, lancement, gestion de la maintenance, gestion des stocks.
  • Le recueil des données est insuffisant, le flux d’information n’est pas défini et il n’y a ni feed-back, ni évaluation des données.
  • L’organisation interne n’est ni établie, ni formalisée.
  • L’aspect « gestion de la maintenance » est pratiquement ignoré :
  • Définition d’un concept de maintenance
  • Etablissement d’un tableau de bord.
  • Sélection de ratios de maintenance,
  • Etablissement de statistiques sur la fiabilité et les défaillances des machines de production.
  • Analyse des pannes (nature fréquence, effet direct ou indirect).
  • Evaluation des coûts de maintenance et des coûts du cycle de vie
  • Dosage entre la maintenance périodique, la maintenance conditionnelle et la maintenance corrective dans la planification de la

– Les méthodes de maintenance sont souvent peu perfectionnées, d’où les conséquences suivantes :

  • Pas de planning de maintenance.
  • Planning de lubrification incomplet
  • Pas de préparation du travail, pas d’analyses du travail
  • Pas de dossiers sur l’historique des machines
  • Pas de sélection des pièces ou des matières premières à stocker.
  • Impossibilité d’indiquer ou de respecter un délai
  • La formation de l’organisation, aux méthodes et la gestion de la maintenance conçue pour les ingénieurs et les contremaîtres est insuffisante souvent éloignée de la réalité.

 

 

 

 

Les ressources matérielles :

Les ressources matérielles nécessaires pour les opérations de maintenance sont la documentation technique, les pièces de rechange, l’outillage, les instruments de mesure et de contrôle, les machines-outils et l’équipement des ateliers. On ne traitera ci-après que des deux aspects les plus cruciaux : la documentation technique et les pièces de rechange.

Documentation technique :

L’expérience a démonté que le manque d’une documentation technique adéquate est un des grands handicaps auquel la mise en œuvre de la maintenance se heurte en Afrique du nord tout comme dans bon nombre d’autres pays.

On constate un manque de plans détaillés et d’instruction de maintenance ou d’opération.

Les instructions de démontage ne sont pas claires, les listes de pièces de rechange ainsi que les check-listes pour le diagnostic des pannes, sont incomplètes.

En ce qui concerne les plans  pour autant qu’ils existent, on fournit surtout des plans généraux d’ensemble mais les plans d’atelier (pour la fabrication de pièces) ou les vues éclatées ne sont pas disponibles. Les problèmes susmentionnés ne représentent qu’une faible partie de l’ensemble des problèmes liés à la documentation technique. Une documentation incomplète ou inadéquate ( p.ex.établie dans une autre langue que le français, une mauvaise traduction, des descriptions pas claires, des dessins incomplets, etc.) entrave que les réparations. En outre, la sécurité du personnel et de l’environnement est mise en cause. Une documentation incomplète rend impossible la formation du personnel et occasionne de sérieux problèmes dans le réapprovisionnement des pièces de rechange ou dans leur fabrication locale.

 

 

 

Pièces de rechange :

Le problème des pièces de rechange donne de gros soucis aux exploitants d’installations industrielles dans les 3 pays de l’Afrique du Nord.

Tout d’abord, les installations sont plus vulnérables si on compare les conditions d’exploitation à celles des pays industrialisés pour lesquels elles ont souvent été conçues, climat et milieu naturel difficiles, des erreurs humaines, un manque d’un réseau de service après vente et très souvent, un matériel mal choisi font que la consommation de pièces est de loin supérieure à celle des pays industrialisés.

A cela il faut rajouter le réapprovisionnement qui pose généralement d’énormes problèmes : l’identification et la codification des pièces sont rendues difficiles pour des raisons de langue ou de manque d’information et les catalogues et plans laissent à désirer. La recherche d’un fournisseur pour l’une ou l’autre pièce n’est pas toujours évidente car les fournisseurs ne s’intéressent pas à des pièces banales de faible valeur, mais qui néanmoins peuvent provoquer l’arrêt d’une usine entière.

En outre, il y a le problème des transferts bancaires ou les procédures de dédouanement et une bureaucratie très lourde ce qui réduit les transactions commerciales jusqu’à l’immobilisation. Quand les pièces arrivent enfin, elles sont entreposées dans de mauvaises conditions (climatiques P.ex.).  les magasins dans les usines sont mal conçus et mal organisés ce qui entraîne des détériorations définitives.

Ressources humaines :

Mis à part les problèmes de motivation et d’attitude envers le travail, la qualification technique de la main-d’œuvre est généralement basse, surtout au niveau du personnel de maîtrise et des ouvriers professionnels. Un manque de formation technique mais avant tout l’absence de tradition industrielle et (donc d’expérience) rendent le métier la maintenance problématique.

Aussi le mot magique de « formation » est il inscrit en gros caractères dans chaque contrat de construction. Mais dans bien des cas, celle-ci est réduite à des voyages d’étude inadéquats. La formation est surtout donnée aux futurs dirigeants de l’usine ou est limitée au personnel opérateur. Le personnel de maîtrise qui sera chargé plus tard de l’entretien et de la réparation des équipements est négligé.

Les conditions d’emploi pour le personnel techniquement formé ne sont en général pas intéressantes. Dans la plupart des cas l’organisation, dans laquelle doit travailler le personnel, est inadéquate et on constate une fluctuation importante. Un problème difficile et délicat est l’attitude mentale de la main-d’œuvre en vers les exigences d’une société industrielle moderne. Le processus de transition d’une discipline individuelle, particulièrement développée chez des populations de tradition agricole, vers une discipline collective, inhérente à chaque civilisation industrielle est difficile.

Le manque de motivation trouve son origine dans un manque de tradition industrielle ou d’une politique d’incitation. Une partie des ouvriers comprend mal le rôle qu’ils jouent dans le cadre de l’entreprise. Comment attendre P.ex. D’un graisseur (une fonction très importante) une discipline rigoureuse s’il comprend mal la nécessité d’une lubrification ? les problème de personnel peuvent souvent être résolus, par une assistance technique. Toutefois, il est très onéreux et difficile d’expatrier des experts de pays industrialisés. Ainsi, cette formule ne peut être considérée que comme palliative et certainement pas comme solution finale.

 

 

 

 

 

 

Contraintes financières et autres problèmes :

Les budgets de maintenance sont généralement fixés à un niveau trop faible ou sont même totalement inexistants. Il n’y a pratiquement pas de contrôle des coûts et les données sur les coûts, dans la mesure où elles peuvent être obtenues du fabricant, ne sont pas appropriées pour les pays en développement. Le manque de devises fortes est tel qu’il est presque impossible de faire des commandes pour assurer le réapprovisionnement en quantités suffisantes des pièces de rechange nécessaires.

Les autres problèmes concernent des problèmes de logement, d’approvisionnement, de coupure d’énergie, de télécommunication, de bureaucratie, etc. : des problèmes liés à l’environnement socio-économique, culturel, politique, infrastructurel qui n’ont pas seulement une influence, sur la maintenance mais sur l’activité économique dans son ensemble