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Mobilité:Système Embarqué et communication entre Machine est un enjeu d’avenir pour la Tunisie

 

Pourquoi parlons nous de « machine To machine » ?

Le terme « machine To machine » est utilisé pour décrire des communications entre deux machines sans intervention humaine. Une communication entre deux personnes, correspond à une communication de « personne à personne » et un appel d’une personne vers un serveur vocal est une communication  de « personne à machine ».
L?enjeu de cette technologie  est d?optimiser l?utilisation des équipements distants, par exemple en améliorant le temps de réponse à un incident, en permettant à un responsable de réagir aux événements en offrant une vision détaillée et précise de ce qui se passe à distance.

Les Avantages de cette technologie  sont nombreux, citons notamment :

* Les gains de productivité
En permettant une communication temps réel avec les équipements distants, qu?ils s?agissent de machines ou de véhicules, une solution M2M permet des gains de productivité par la réduction des interventions nécessaires sur le terrain, l?optimisation des ressources et  la capacité à agir en temps réel sur les machines et les équipements.

* Le meilleur contrôle des équipements distants
Cette technologie  permet de prendre le contrôle des équipements à distance : diagnostiquer une panne, relever un niveau ou une information de positionnement, activer une procédure ou paramétrer le fonctionnement des machines. Cette prise de contrôle à distance permet de réduire les coûts d?intervention et la récupération des données.

* Le Reporting détaillé et en temps réel sur l?utilisation des machines
Une solution  M2M permet d?obtenir des informations détaillées en temps réel sur l?utilisation des équipements : statistiques d?utilisation,  données de consommation, de production, de qualité et remonter  les  alertes d?avarie et de non-conformité au règles établies.
L?accès à ces données peut être contrôlé selon le type d?utilisateurs (gestionnaire, propriétaire, fabricant ou utilisateur des équipements).

* La Possibilité de créer des services innovants
Une solution M2M permet aussi de générer de nouveaux services autour des équipements, comme l?assistance, la maintenance à distance, ou une nouvelle formule de paiement à l?utilisation réelle des équipements.

Pour les fabricants d?équipements, les gestionnaires de parcs et les opérateurs de services, le M2M offre une opportunité de mettre en ?uvre de nouveaux services communicants.
Les éléments d?une solution M2M

Une solution M2M est constituée d?au moins 4 éléments :

* L?équipement ou la machine à raccorder
* Le boîtier communicant
* Le réseau de communication
* Le système d’information de l’entreprise (ERP, système de gestion)

L?équipement ou la machine à raccorder peut être fixe ou mobile : il peut s?agir d?un véhicule, d?un distributeur automatique de boissons, d?un équipement industriel, d?une photocopieuse, etc.?

Le boîtier communicant collecte les données, réalise un traitement local et assure la connexion avec le réseau. Le boîtier communicant peut héberger des applications locales intelligentes.
Le réseau : filaire (réseau local type Ethernet, Internet, RTC etc…) ou mobile (GSM/GPRS/WLAN, etc.?), il assure la transmission des données collectées.
Grâce aux développements du haut débit sans fil (GPRS, Edge, 3G mais aussi WiFi), les connexions sans fil permettent aux constructeurs de proposer des réseaux partout, même sur des machines distantes où une connexion réseau filaire est impossible faute d’infrastructure. Exemple : équiper les imprimantes ou les machines de production en entreprise de boîtier M2M pour repérer les dysfonctionnements et effectuer les réparations nécessaires.

Enjeux pour la Tunisie

Saisir les opportunités qui nous sont offertes par les nouvelles technologies et particulièrement par les systèmes embarqués et les communications mobiles des machines  est un vrai défi pour la Tunisie : un défi pour l’emploi et  pour nos entreprises.

Préparer une stratégie de la Tunisie en matière de mobilité des systèmes embarqués,   c?est accepter de reconnaître l?existence d?un ensemble d?enjeux sur lesquels le régulateur en Télécoms, les institutions d?enseignement supérieur, de recherche et les industriels doivent clairement afficher leurs positions  et poser les problèmes à temps pour faire l?objet d?un réel engagement national et public et contribuer ainsi à rendre possible la réussite de ce secteur :
Si nous jugeons ces dispositions indispensables et urgentes, c?est parce que l?avenir de notre pays en dépend.

L?enjeu de cette technologie constitue une révolution pour la nouvelle économie.
Le marché potentiel du M2M se compte en milliards d?unités (machines et objets) pouvant devenir communicants. En 2004, le nombre de modules M2M était de 92 millions d’unités, toutes technologies  de réseaux confondues. Ce nombre devrait, selon l’Idate, atteindre 500 millions d?ici 2010. Ce marché mettra en ?uvre près de 2 milliards de machines et 100 milliards d?objets communicants, principalement des tags RFID.

Le secteur du Machine To Machine est promis à une croissance annuelle de 49%, selon le cabinet Idate.

Les segments les plus prometteurs concernent la gestion de la chaîne logistique industrielle ouverte, à travers notamment les solutions RFID,  les solutions de management de l?énergie et le contrôle non destructif des machines  en liaison avec les solutions de gestion des sites ou des bâtiments.

Des services innovants apparaissent aussi autour de certaines industries, comme  la distribution automatique, la gestion des équipements de production, de bureau et de  la maintenance préventive.

La miniaturisation des composants permet aux constructeurs de proposer désormais des systèmes embarquant un processeur, de la mémoire et une carte réseau.

Le logiciel  embarqué est le moteur de ces boîtiers, il s’impose pour rendre les équipements capables de répondre à des ordres distants. Car l’objectif clairement annoncé consiste à pouvoir administrer à distance ces équipements non communicants.

On  greffe à ces briques logicielles des solutions décisionnelles pour proposer des optimisations et un reporting automatisé auprès des décideurs. Autant de travail en relation avec le client qui pourrait bien créer un espace de développement  pour les sociétés, les  ingénieurs intégrateurs (permettant de créer des millions de postes pour les années à venir)
L?avènement de l?assistance en ligne pour les services banque-assurance, provider Internet et opérateur de Télécoms à  permis  la création de 20 000 call canter en France  pour un marché de 60 Millions de personnes. La Tunisie a pu attirer 0.3 % du marché Français
Avec un marché de  près de 2 milliards de machines et 100 milliards d?objets communicants  pour 2010 l?enjeu est très important pour notre pays ; Essentiellement parce que les pays du nord manque de ressource humaine.

La Tunisie pays géographiquement encré en Europe disposant d?infrastructures performantes et de ressources humaine qualifiée peut servir de base arrière pour répondre à ce marché.

La maturité de l’offre se concrétise aussi  au niveau des opérateurs Télécoms, par la proposition d?une tarification adaptée. Actuellement la tarification est  encore coûteuse pour une utilisation massive, les prix du M2M devraient toutefois  baisser si la démocratisation des solutions venait au rendez-vous.

Pour les opérateurs Télécoms  fixes ou mobiles, le M2M représente un nouveau marché, voir un nouveau métier.

Ce marché est donc attractif pour les opérateurs car il repose sur des solutions à longue durée, déployées pour un marché de masse (en millions de machines), Il permet par ailleurs de rentabiliser les réseaux déployés, en augmentant  le trafic sur réseaux 2G et 3G.

Ce marché est aussi attractif pour les Intégrateurs car les besoins sont illimités en terme d?applications de gestion et d?aide à la décision.

Il est  évident qu?au niveau de positionnement international dans ce domaine, nous ne pouvons pas dissocier l?avenir de la mobilité en Tunisie et la stratégie abordé par l?opérateur historique Tunisie Télécom en premier et Tunisiana, pour le développement d?un partenariat actif et étoffé avec les centres de recherche et les entreprises actives.

Les enjeux  stratégiques :

La capacité d?apporter une réponse aux besoins internationaux dans ce secteur,  conduit les opérateurs économiques dans ce secteur à rechercher et à construire des alliances de plus en plus étoffées avec d?autres partenaires industriels internationaux en recherche, développement et en commercialisation.

Au delà de ces alliances qui ont pour but d’offrir des services couvrant plusieurs  pays ou continents, un autre terrain de croissance consiste  à chercher à s’implanter dans les pays où les services de mobilité sont ouverts à la concurrence,
Compte tenu des sommes qui seront mis en jeu pour réaliser ces partenariats pour financer les futures installations dans le domaine de la mobilité, il est peu envisageable qu? petit opérateur isolé soit en mesure de les réaliser. Il est impensable que le mécanisme de l?aide de l’Etat pourrait y faire face. C’est sur les marchés financiers qu’il faudra être capable de mobiliser les sommes nécessaires.

Notre Marché est très restreint pour engager les investissements nécessaires pour un tel développement.

Notre capacité Industrielle n?est pas en mesure de concurrencer les pays Asiatiques dans la partie équipements (Hard).

En Tunisie, nous disposons d?une manne très importante en Ingénieurs formés par des grandes écoles et des chercheurs hors paire.

Choisir le positionnement clairvoyant de nos entreprises, est Primordial ; Il est donc évident de former des alliances et des partenariats avec les Asiatiques pour l?industrialisation, avec ceux des pays du nord pour la recherche et la commercialisation et enfin avec nos voisins des pays du golf pour le financement.

Pour cela, la Tunisie dispose des atouts qui devraient lui permettre de se positionner dans le peloton de tête : un réseau national de télécommunication efficace et totalement numérisé, des universités, des écoles, des centres de recherche très avancés et surtout des ressources humaines jeunes et qualifiés (ce qui manque aux pays du nord).

Notre stratégie doit être orienté vers une ingénierie de haute valeur ajoutée et non vers l?industrialisation de masse.

Notre système de formation doit continuer ses efforts,  les ingénieurs et les chercheurs seront eux les techniciens de demain. Toutes les perspectives touchant à l?enseignement, à la formation, à la  recherche fondamentale, à la recherche et le développement, à la politique industrielle, aux stratégies et accords internationaux, sont totalement liées.

La position de la Tunisie en matière de R&D est mondialement très appréciée ;
Doter le pays d?une infrastructure d?enseignement supérieur et recherche  de qualité et d?une infrastructure de base performante en Télécommunications est un avantage économique et stratégique, que l?on trouve, c?est le fruit d?une volonté  publique, constante à travers les changements politiques. Cette volonté s?est d?abord traduite par un effort très soutenu dans le domaine de l?enseignement et de la recherche et une politique de Télécommunication active menés par les instances successives de Tutelle en Télécommunications.

L?économie en Tunisie s?est toujours appuyée sur une volonté publique forte. Il ne faut pas rompre avec cette tradition. Il convient simplement que les services publics doivent soutenir le développement de ce secteur.

Il convient également de souligner que nous devons utiliser tous les moyens nécessaires pour inciter et attirer les grandes entreprises internationales, à installer leurs laboratoires de recherche et développement en Tunisie.

Seule l?aptitude de maîtriser l’ensemble de ces évolutions peut garantir l?avenir de ce secteur.
La Tunisie ne peut se permettre de manquer ce grand rendez-vous et doit faire le choix de s’y préparer dans les meilleures conditions.

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Pourquoi parlons nous de « machine To machine » ?

Le terme « machine To machine » est utilisé pour décrire des communications entre deux machines sans intervention humaine. Une communication entre deux personnes, correspond à une communication de « personne à personne » et un appel d’une personne vers un serveur vocal est une communication  de « personne à machine ».
L?enjeu de cette technologie  est d?optimiser l?utilisation des équipements distants, par exemple en améliorant le temps de réponse à un incident, en permettant à un responsable de réagir aux événements en offrant une vision détaillée et précise de ce qui se passe à distance.

Les Avantages de cette technologie  sont nombreux, citons notamment :

* Les gains de productivité
En permettant une communication temps réel avec les équipements distants, qu?ils s?agissent de machines ou de véhicules, une solution M2M permet des gains de productivité par la réduction des interventions nécessaires sur le terrain, l?optimisation des ressources et  la capacité à agir en temps réel sur les machines et les équipements.

* Le meilleur contrôle des équipements distants
Cette technologie  permet de prendre le contrôle des équipements à distance : diagnostiquer une panne, relever un niveau ou une information de positionnement, activer une procédure ou paramétrer le fonctionnement des machines. Cette prise de contrôle à distance permet de réduire les coûts d?intervention et la récupération des données.

* Le Reporting détaillé et en temps réel sur l?utilisation des machines
Une solution  M2M permet d?obtenir des informations détaillées en temps réel sur l?utilisation des équipements : statistiques d?utilisation,  données de consommation, de production, de qualité et remonter  les  alertes d?avarie et de non-conformité au règles établies.
L?accès à ces données peut être contrôlé selon le type d?utilisateurs (gestionnaire, propriétaire, fabricant ou utilisateur des équipements).

* La Possibilité de créer des services innovants
Une solution M2M permet aussi de générer de nouveaux services autour des équipements, comme l?assistance, la maintenance à distance, ou une nouvelle formule de paiement à l?utilisation réelle des équipements.

Pour les fabricants d?équipements, les gestionnaires de parcs et les opérateurs de services, le M2M offre une opportunité de mettre en ?uvre de nouveaux services communicants.
Les éléments d?une solution M2M

Une solution M2M est constituée d?au moins 4 éléments :

* L?équipement ou la machine à raccorder
* Le boîtier communicant
* Le réseau de communication
* Le système d’information de l’entreprise (ERP, système de gestion)

L?équipement ou la machine à raccorder peut être fixe ou mobile : il peut s?agir d?un véhicule, d?un distributeur automatique de boissons, d?un équipement industriel, d?une photocopieuse, etc.?

Le boîtier communicant collecte les données, réalise un traitement local et assure la connexion avec le réseau. Le boîtier communicant peut héberger des applications locales intelligentes.
Le réseau : filaire (réseau local type Ethernet, Internet, RTC etc…) ou mobile (GSM/GPRS/WLAN, etc.?), il assure la transmission des données collectées.
Grâce aux développements du haut débit sans fil (GPRS, Edge, 3G mais aussi WiFi), les connexions sans fil permettent aux constructeurs de proposer des réseaux partout, même sur des machines distantes où une connexion réseau filaire est impossible faute d’infrastructure. Exemple : équiper les imprimantes ou les machines de production en entreprise de boîtier M2M pour repérer les dysfonctionnements et effectuer les réparations nécessaires.

Enjeux pour la Tunisie

Saisir les opportunités qui nous sont offertes par les nouvelles technologies et particulièrement par les systèmes embarqués et les communications mobiles des machines  est un vrai défi pour la Tunisie : un défi pour l’emploi et  pour nos entreprises.

Préparer une stratégie de la Tunisie en matière de mobilité des systèmes embarqués,   c?est accepter de reconnaître l?existence d?un ensemble d?enjeux sur lesquels le régulateur en Télécoms, les institutions d?enseignement supérieur, de recherche et les industriels doivent clairement afficher leurs positions  et poser les problèmes à temps pour faire l?objet d?un réel engagement national et public et contribuer ainsi à rendre possible la réussite de ce secteur :
Si nous jugeons ces dispositions indispensables et urgentes, c?est parce que l?avenir de notre pays en dépend.

L?enjeu de cette technologie constitue une révolution pour la nouvelle économie.
Le marché potentiel du M2M se compte en milliards d?unités (machines et objets) pouvant devenir communicants. En 2004, le nombre de modules M2M était de 92 millions d’unités, toutes technologies  de réseaux confondues. Ce nombre devrait, selon l’Idate, atteindre 500 millions d?ici 2010. Ce marché mettra en ?uvre près de 2 milliards de machines et 100 milliards d?objets communicants, principalement des tags RFID.

Le secteur du Machine To Machine est promis à une croissance annuelle de 49%, selon le cabinet Idate.

Les segments les plus prometteurs concernent la gestion de la chaîne logistique industrielle ouverte, à travers notamment les solutions RFID,  les solutions de management de l?énergie et le contrôle non destructif des machines  en liaison avec les solutions de gestion des sites ou des bâtiments.

Des services innovants apparaissent aussi autour de certaines industries, comme  la distribution automatique, la gestion des équipements de production, de bureau et de  la maintenance préventive.

La miniaturisation des composants permet aux constructeurs de proposer désormais des systèmes embarquant un processeur, de la mémoire et une carte réseau.

Le logiciel  embarqué est le moteur de ces boîtiers, il s’impose pour rendre les équipements capables de répondre à des ordres distants. Car l’objectif clairement annoncé consiste à pouvoir administrer à distance ces équipements non communicants.

On  greffe à ces briques logicielles des solutions décisionnelles pour proposer des optimisations et un reporting automatisé auprès des décideurs. Autant de travail en relation avec le client qui pourrait bien créer un espace de développement  pour les sociétés, les  ingénieurs intégrateurs (permettant de créer des millions de postes pour les années à venir)
L?avènement de l?assistance en ligne pour les services banque-assurance, provider Internet et opérateur de Télécoms à  permis  la création de 20 000 call canter en France  pour un marché de 60 Millions de personnes. La Tunisie a pu attirer 0.3 % du marché Français
Avec un marché de  près de 2 milliards de machines et 100 milliards d?objets communicants  pour 2010 l?enjeu est très important pour notre pays ; Essentiellement parce que les pays du nord manque de ressource humaine.

La Tunisie pays géographiquement encré en Europe disposant d?infrastructures performantes et de ressources humaine qualifiée peut servir de base arrière pour répondre à ce marché.

La maturité de l’offre se concrétise aussi  au niveau des opérateurs Télécoms, par la proposition d?une tarification adaptée. Actuellement la tarification est  encore coûteuse pour une utilisation massive, les prix du M2M devraient toutefois  baisser si la démocratisation des solutions venait au rendez-vous.

Pour les opérateurs Télécoms  fixes ou mobiles, le M2M représente un nouveau marché, voir un nouveau métier.

Ce marché est donc attractif pour les opérateurs car il repose sur des solutions à longue durée, déployées pour un marché de masse (en millions de machines), Il permet par ailleurs de rentabiliser les réseaux déployés, en augmentant  le trafic sur réseaux 2G et 3G.

Ce marché est aussi attractif pour les Intégrateurs car les besoins sont illimités en terme d?applications de gestion et d?aide à la décision.

Il est  évident qu?au niveau de positionnement international dans ce domaine, nous ne pouvons pas dissocier l?avenir de la mobilité en Tunisie et la stratégie abordé par l?opérateur historique Tunisie Télécom en premier et Tunisiana, pour le développement d?un partenariat actif et étoffé avec les centres de recherche et les entreprises actives.

Les enjeux  stratégiques :

La capacité d?apporter une réponse aux besoins internationaux dans ce secteur,  conduit les opérateurs économiques dans ce secteur à rechercher et à construire des alliances de plus en plus étoffées avec d?autres partenaires industriels internationaux en recherche, développement et en commercialisation.

Au delà de ces alliances qui ont pour but d’offrir des services couvrant plusieurs  pays ou continents, un autre terrain de croissance consiste  à chercher à s’implanter dans les pays où les services de mobilité sont ouverts à la concurrence,
Compte tenu des sommes qui seront mis en jeu pour réaliser ces partenariats pour financer les futures installations dans le domaine de la mobilité, il est peu envisageable qu? petit opérateur isolé soit en mesure de les réaliser. Il est impensable que le mécanisme de l?aide de l’Etat pourrait y faire face. C’est sur les marchés financiers qu’il faudra être capable de mobiliser les sommes nécessaires.

Notre Marché est très restreint pour engager les investissements nécessaires pour un tel développement.

Notre capacité Industrielle n?est pas en mesure de concurrencer les pays Asiatiques dans la partie équipements (Hard).

En Tunisie, nous disposons d?une manne très importante en Ingénieurs formés par des grandes écoles et des chercheurs hors paire.

Choisir le positionnement clairvoyant de nos entreprises, est Primordial ; Il est donc évident de former des alliances et des partenariats avec les Asiatiques pour l?industrialisation, avec ceux des pays du nord pour la recherche et la commercialisation et enfin avec nos voisins des pays du golf pour le financement.

Pour cela, la Tunisie dispose des atouts qui devraient lui permettre de se positionner dans le peloton de tête : un réseau national de télécommunication efficace et totalement numérisé, des universités, des écoles, des centres de recherche très avancés et surtout des ressources humaines jeunes et qualifiés (ce qui manque aux pays du nord).

Notre stratégie doit être orienté vers une ingénierie de haute valeur ajoutée et non vers l?industrialisation de masse.

Notre système de formation doit continuer ses efforts,  les ingénieurs et les chercheurs seront eux les techniciens de demain. Toutes les perspectives touchant à l?enseignement, à la formation, à la  recherche fondamentale, à la recherche et le développement, à la politique industrielle, aux stratégies et accords internationaux, sont totalement liées.

La position de la Tunisie en matière de R&D est mondialement très appréciée ;
Doter le pays d?une infrastructure d?enseignement supérieur et recherche  de qualité et d?une infrastructure de base performante en Télécommunications est un avantage économique et stratégique, que l?on trouve, c?est le fruit d?une volonté  publique, constante à travers les changements politiques. Cette volonté s?est d?abord traduite par un effort très soutenu dans le domaine de l?enseignement et de la recherche et une politique de Télécommunication active menés par les instances successives de Tutelle en Télécommunications.

L?économie en Tunisie s?est toujours appuyée sur une volonté publique forte. Il ne faut pas rompre avec cette tradition. Il convient simplement que les services publics doivent soutenir le développement de ce secteur.

Il convient également de souligner que nous devons utiliser tous les moyens nécessaires pour inciter et attirer les grandes entreprises internationales, à installer leurs laboratoires de recherche et développement en Tunisie.

Seule l?aptitude de maîtriser l’ensemble de ces évolutions peut garantir l?avenir de ce secteur.
La Tunisie ne peut se permettre de manquer ce grand rendez-vous et doit faire le choix de s’y préparer dans les meilleures conditions.

Nejib Belhabib
Expert, Consultant en Télécommunication
Président de SUPTECH, vice président de l’association ADRI
Membre fondateur de la Fédération Euro-méditerranéenne de l’enseignement et de la recherche

 

Quelle ouverture des services Mobile virtuel en Tunisie (MVNO)

OPINIONS – 13.07.2012

Quelle ouverture des services Mobile virtuel en Tunisie (MVNO)

Le Le nouveau projet de loi soumis par le gouvernement à l’Assemblée constituante pour amender le code des  télécommunications en Tunisie, donne une force exécutoire aux  jugements  de  l’instance nationale des Télécommunication, ouvre les services mobiles virtuels et réglemente l’activité de services d’accès à l’internet.

Nous abordons dans notre article les implications  juridiques, techniques et conséquences socio-économiques du  nouveau projet  de loi.

Depuis de nombreuses années, on assiste à une demande croissante des ressources spectrales proportionnellement  au développement de la téléphonie mobile dans le monde or ces ressources spectrale sont une denrée rare et limitée qu’il faut l’utiliser avec parcimonie.

Malheureusement, il s’avère que la ressource spectrale gérée par les régulateurs semble déjà presque totalement occupée,  Néanmoins, il a été remarqué que de nombreuses fréquences sont inoccupées au cours de la journée alors qu’elles sont officiellement allouées à un opérateur. En effet, les mesures de l’occupation spectrale témoignent d’un déséquilibre conséquent dans l’exploitation des différentes bandes de fréquence allouées.

Pour répondre aux besoins des utilisateurs, la première voie explorée pour augmenter la capacité effective des systèmes radio a été de concevoir des techniques de communications numériques, incluant des outils de traitement du signal très optimisés, La dernière en date fut la technique coopérative. Comme système coopératif, on peut songer à une gestion en partie commune de différentes stations de base créant ainsi des stations de base virtuelles, c’est ce qu’on appelle l’accès ouvert dans l’économie numérique  «accès ouvert» qui s’applique aux infrastructures et signifie que tous les fournisseurs ont la possibilité d’accéder sur un pied d’égalité aux installations du réseau.

Les modèles réglementaires comme les conditions d’accès sont appelés à varier d’un pays à un autre, mais cette ouverture est essentielle si l’on veut éviter que la nouvelle économie numérique ne retombe dans le monopole.

L’ouverture des services Mobile virtuel en Tunisie est une manière de concrétiser cette ouverture d’accès  pour insuffler  plus de transparence et de concurrence pour  le bien du consommateur Tunisien.

Le principe pour le régulateur est d’optimiser les ressources spectrales afin de créer des nouveaux operateurs pour  faire jouer la concurrence comme instrument de régulation et de stimulation du marché.

A chaque ouverture de ces services dans le monde  le débat bat  son plein ;  Fausse bonne idée, pour les uns ; véritable bouleversement du modèle économique des opérateurs mobiles, pour les autres.,

Malheureusement en Tunisie ce projet a été présenté à l’ ANC sous silence aucun débat pour les citoyens , les organisations de la société civile , ni même pour les spécialistes.

Ainsi notre article est une contribution pour apporter du grain à moudre au moulin pour créer ce débat démocratique.

1.1. Qu’est-ce qu’un MVNO?

Un MVNO est un opérateur de Télécommunications mobile ne possédant pas de spectre Radio, il le loue à un opérateur de Télécommunications  historique avec lequel il entretient une relation de fournisseur.
Un MVNO fournit la carte SIM à et a le plein contrôle sur ses abonnés et gère son propre système de facturation.
Un MVNO achète de la capacité réseau, généralement au plus près du niveau de base que possible, et investit généralement dans une infrastructure  propre de service.

Le MVNO établit ainsi une position plus indépendante de l’opérateur de Télécommunications  historique  fournisseur et est en mesure de rivaliser directement avec les autres opérateurs de réseaux mobiles sur un  marché cible en offrant des services avancés.

1.2. Présentation du secteur d’activité

Le secteur des télécommunications joue un rôle moteur dans la croissance économique des pays.
Les études de la Banque Mondiale sur 120 pays montrent que chaque augmentation de 10 points de pourcentage dans la pénétration des services de large bande correspond à une augmentation de la croissance économique de 1.3 point de pourcentage.

Le marché de la téléphonie mobile dans le monde est aujourd’hui arrivé à maturité. Dans la plupart des pays, le taux de pénétration de la téléphonie mobile est de l’ordre de 100% .Sur ce marché, la notion de segmentation de l’offre est de plus en plus importante, d’où le développement du modèle d’opérateur mobile virtuel (MVNO) capable de cibler des utilisateurs ayant des profils très spécifiques (ethnique, socio-économique, géographique  ou autres).

1.3. Où en est le développement des MVNO en Europe ?

Le législateur européen  avec  la directive «accès» Directive 2002/19/CE du Parlement européen qui fait partie du «la directive Paquet Télécom» et avec quatre autres directives («cadre», «autorisation», «service universel» et «vie privée et communications électroniques») vise à refondre le cadre réglementaire existant et à rendre le secteur des réseaux et services de communications plus compétitif et ouvert.

La directive «accès» fixe des droits et des obligations pour les opérateurs et les entreprises souhaitant obtenir une interconnexion ou un accès à leurs réseaux. Le principe est de faire jouer la réglementation en matière de concurrence comme instrument de régulation du marché.

L’objectif de cette directive est d’établir un cadre juridique propice au développement de la concurrence afin de stimuler le développement des services et des réseaux de communications. L’objectif est également de garantir que l’éventuelle saturation du marché voix des opérateurs historiques  présents sur le marché ne soit plus un frein à l’apparition de nouveaux services innovants dont pourraient bénéficier les utilisateurs.

Par ailleurs, la directive établit une règle fondamentale en matière d’interconnexion qui dispose que tous les opérateurs de réseaux ont des droits et des obligations en ce qui concerne les accords d’interconnexion. C’est ainsi que les opérateurs de réseaux publics de communications ont le droit et, lorsque d’autres entreprises titulaires d’une autorisation le demandent, l’obligation de négocier une interconnexion réciproque pour fournir des services de communications électroniques accessibles au public.

La directive établit une obligation de non-discrimination de sorte que les opérateurs appliquent des conditions équivalentes dans des circonstances équivalentes aux entreprises fournissant des services équivalents;
Dans ce domaine, un vrai clivage est apparu par la rapidité et la manière de transposer cette directive dans les pays membres de l’UE.

En Europe, les pionniers sont apparus autour des années 2000 : au Royaume-Uni avec Virgin Mobile, lancé en 1999, et surtout dans les pays nordiques (Danemark, Suède, Finlande).

Le Danemark à l’instar Hong Kong réserve 30 % de la bande passante attribuée aux opérateurs traditionnels pour des applications de type MVNO.

Les Pays-Bas connaissent également une montée en puissance des MVNO, , plusieurs MVNO ont pu être créés ponctuellement, en Europe de l’Est notamment. Dans ce domaine, un vrai clivage est apparu entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud, où la situation est bloquée, en Grèce, et au Portugal.

Les Etats membres de l’Union Européenne ont tous  transposé dans leur droit national, les directives européennes de 2002 sur la libéralisation du marché des télécommunications et l’harmonisation de la législation, ce qui a permis l’émergence des MVNO depuis plusieurs années, avec un impact particulièrement important dans certains pays comme le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas, l’Autriche et la Scandinavie. Aujourd’hui, il y a environ 200 MVNO en Europe, qui représente plus de 12,3% du marché de la téléphonie mobile. En France, grâce à l’intervention du régulateur le nombre de MVNO est passé de  trois opérateurs mobiles virtuels en 2004 à  une quarantaine aujourd’hui. D’autres lancements sont à venir.

En France Avec 1,9 million de clients, Virgin Mobile est le premier MVNO. Il vient néanmoins de perdre sa quatrième place du marché global des opérateurs mobile, désormais détenue par Free Mobile et ses plus de 2,5 millions d’abonnés. Virgin Mobile aurait perdu 24 000 clients nets, soit un peu plus de 1% de sa base depuis le lancement de Free Mobile.

Selon l’ARCEP, les MVNO représentaient 11,3% du marché du mobile à la fin de l’année dernière, avec 7,4 millions de clients.

Jupiter Research recense plus de 200 MVNO en Europe. En France, la vague des opérateurs mobiles virtuels a pris sa source en 2002 avec Transatel, et s’est amplifiée en 2004 avec les lancements des MVNO grand public Debitel et Breizh mobile, avant de déferler en 2005 et 2006. De trois opérateurs le marché mobile français en compte aujourd’hui une quarantaine.

Les MVNO s’affirment de plus en plus, tant en Europe qu’en Amérique du Nord ou dans certains marchés mobiles asiatiques. Ils répondent à une logique de segmentation plus fine dans un marché parvenu à maturité, et comptent de l’ordre de 30 millions d’abonnés, soit une progression de 60% en deux ans.

Les vecteurs majeurs pour le développement des MVNO sont de nature à la fois contextuelle, technologique et réglementaire. Le développement des MVNO participe à la nécessité de trouver des relais de croissance dans des marchés saturés ou proches de la saturation, comme en Europe de l’Ouest ou en Amérique du Nord où les espaces de conquête sont encore importants.

Le phénomène MVNO se déploie également sur fond de convergence des réseaux et d’adoption des services à valeur ajoutée. La réglementation est un des principaux facteurs ayant permis l’explosion des MVNO en Europe.
Les régulateurs peuvent cependant impliquer des  principes logiques et une mise en œuvre pratique dans des directions souvent convergentes d’ouverture du secteur à la concurrence.

Cela peut expliquer les contrastes de développement des MVNO dans l’Union européenne.

1.4. Les MVNO Aux Amériques du Nord , Asie et Afrique

Aux Amériques du Nord l’environnement réglementaire est libre et neutre, le potentiel est très important il est tirés par les Medias. Les Etats-Unis sont le premier pays en nombre de MVNO, avec plus d’une soixantaine d’opérateurs virtuels.

Telecordia a lancé de nombreux MVNO comme Virgin Mobile USA, Kajeet, Disney Mobile et Flying J.
Aux japons le marché est très concurrentiel le coût d’accès est très élevé et le potentiel est limité  alors qu’il cherche à se développer au Etats-Unis et en Europe avec le lancement d’un MVNO pour les japonais US ;
Telecordia et KDDI s’associe pour le lancement d’un MVNO pour les japonais des US, KDDI America utilisera la solution de Telecordia (MVNE).

En  chine? On connait l’extraordinaire croissance du marché chinois. Le premier du monde en termes de parc fixe et mobile. Un taux de croissance qui reste très élevé avec près de 5 millions d’abonnés cellulaires de plus par mois. Dans les grandes villes de la bande côtière (Pékin,Shanghai, …) le taux de pénétration des mobiles atteint les 90%.

Et pourtant, les quatre grands opérateurs (deux mobiles : China Mobile et China Unicom, et deux fixes China Telecom et China Netcom) sont dans une très grande situation d’incertitude. Ils sont tous totalement contrôlés par l’Etat  par contre ils sont des véhicules motrices côtés de Hong Kong, voir à New York et UK.

1.5. Le marché ethnique, nouvelle cible des opérateurs mobiles virtuels

Les MVNO  élargissent leur marché à la population émigrée en europe. Ces opérateurs proposent des offres concurrentes aux traditionnelles cartes téléphoniques prépayées et aux call-shop, notamment pour les appels passés vers le Maghreb, l’Afrique Sub-saharienne ainsi que vers la Chine et l’inde.

Ce marché  ethnique s’élèverait à quelque 500 millions d’euros selon les dirigeants de Lebara Mobile, et la France serait le troisième marché européen pour ce type de services, derrière la Grande-Bretagne et l’Allemagne.
Ainsi Vodafone Egypte lance Bladna une MVNO ciblant la diaspora égyptienne vivant en Italie ; Bien que Bladna soit la première MVNO de Vodafone Egypte, il n’y a pas de raisons qu’elle sera la seule. Selon Arkadi Panitch, l’opérateur mobile élabore une stratégie ciblant les émigrants égyptiens et nord africains, il sera en position de lancer plusieurs MVNOs dans d’autres pays européens. Les grands opérateurs mobiles vont s’intéresser de plus en plus à ce type de MVNO dans le futur.

Le Maroc , avec trois opérateurs globaux que sont Maroc Télécom , Meditelecom (depuis 2000) et Wana Corporate (2007) et un quatrième opérateur  MVNO , il s’agit de  Poste Maroc, le marché des télécoms  au Maroc présente toutes les caractéristiques de la maturité :avec  un  taux de pénétration de  113,6% , 36,5 millions d’abonnés et un trafic de 23 milliards de minutes, en hausse de 66% en un an, et une tarification des minutes sur le mobile en baisse de 34%.

Maroc Telecom avait lancé  en 2007 une MVNO sous le label « Mobisud » en France et en Belgique ciblant la population émigrée nord africaine. À la naissance de Mobisud en décembre 2006, SFR détenait 16 % des parts du MVNO, Maroc Télécom en détenait 66 % et le groupe Saham 17 %. L’opérateur français de téléphonie mobile SFR a racheté les parts de Maroc Télécom en 2009.

L’MVNE Effortel est par exemple à un stade avancé de discussions pour le lancement d’un MVNO en Afrique de l’Ouest et d’autres pays africains sont sur leur liste. Il y a aussi des opportunités à l’extérieur du continent en particulier en Europe. Pourquoi pas une MVNO au Royaume-Uni ciblant les émigrés du Nigéria et du Ghana ou encore une MVNO en France ciblant les sénégalais, les ivoiriens et d’autres émigrants originaire d’Afrique francophone? C’est une idée qui devrait faire réfléchir des opérateurs comme Orange, MTN, Globacom ou encore Vodafone.

La diaspora africaine à l’extérieur du continent africain mais aussi sur le continent africain est énorme. Demandez-vous simplement combien de Burkinabés résident en Côte d’Ivoire ou encore combien de personnes du Zimbabwe vivent à présent en Afrique du Sud ou encore combien de personnes Tunisienne vivant en Lybie et inversement ? L’Afrique ne manque pas aussi de gens entreprenants intéressés de se lancer dans ces nouveaux secteurs d’activités.

China Telecom,  le troisième opérateur mobile chinois a annoncé la signature d’un accord avec Everything Everywhere, la joint-venture britannique de France Télécom et Deutsche Telekom, pour y lancer un opérateur mobile virtuel (MVNO). Ce nouveau venu sur le marché mobile britannique devrait voir le jour en 2012. Il devrait essentiellement cibler la communauté chinoise résidant au Royaume-Uni ainsi que les touristes chinois qui viendront assister aux Jeux Olympiques de Londres (27 juillet-12 août prochains). C’est la première fois que China Telecom sort de son marché domestique.

1.6. Quelles stratégies pour les opérateurs historiques ?

Après avoir considéré les MVNO comme une menace, la plupart des MNO operateurs historiques ont infléchi leurs positions, affûté leurs ripostes, en s’appuyant sur les compétences de leurs concurrents MVNO pour poursuivre leur propre croissance. Certains demeurent encore hostiles sur le court terme.

Les raisons qui poussent les MNO à s’associer avec des MVNO sont d’ordre réglementaire, financier et économique. Elles recouvrent une réalité hétérogène :

• Les MNO, qui espèrent capter des segments délaissés sans mettre en péril leur propre marque, privilégient le développement de sous-marques (ex. filiales du groupe KPN).
• Certains MNO procèdent par acquisition externe, avec le double objectif d’acquérir des compétences sur les segments délaissés et d’étouffer les agresseurs le cas échéant (ex. TDC).
• D’autres MNO encore s’organisent pour proposer une offre de gros destinée à mieux tirer parti des disponibilités de leur réseau.
• D’autres voient dans le développement de MVNO la condition pour obtenir le feu vert à leur offre convergente.
• Certains, enfin, continuent d’adopter une stratégie défensive face à la nouvelle concurrence MVNO.

1.6. Quelles stratégies pour les MVNO potentiels ?

Le phénomène MVNO constitue une opportunité intéressante pour des acteurs maîtrisant la création d’offres innovantes et de forte notoriété (notamment structure et niveau tarifaire de l’offre) et des services à valeur ajoutée, des canaux de distribution et le savoir-faire en matière de gestion de l’abonné. Les acteurs du monde télécom d’une part (opérateurs fixes, FAI ou encore géants des portails Internet) ont une carte à confirmer avec la convergence des services et des médias. Les FAI lorgnent largement sur les revenus des opérateurs mobiles et sont tentés par des offres quadruple play.

Les acteurs des médias et du divertissement  « entertainement »  jouent la carte de la stratégie de contenus. Il s’agit pour les groupes médias de trouver des relais de croissance par une diversification dans les nouveaux médias pour leurs portefeuilles de contenus existants.

Les grands distributeurs et détaillants spécialisés peuvent également simplement ajouter un produit à leur portefeuille existant.

D’autres acteurs, confrontés à de profondes mutations industrielles et à une remise en cause de leur modèle économique ou encore contraints de s’adapter, peuvent être attirés par le modèle MVNO, comme les banques, les assurances et les tours opérateurs, ou encore les compagnies aériennes.

Le développement du secteur MVNO n’est viable que dans les pays ou le secteur est libre avec une  autorité de régulation  régissant les rapports entre HNO et MVNO. Les premières  années de vaches maigres pour les MVNO en France ont été marquées par une première phase de restructuration du marché : rachat et faillite de certains MVNO.

Le cycle de développement a été amorcé par la transposition de la directive « acces » du parlement européen et une certaine maîtrise technique par l’apparition des full MVNO ou les MVNE.

Le régulateur interdit des pratiques tels que :
– Clauses d’exclusivité, durée des contrats et des droits de priorité empêchant toute renégociation des contrats
– Clauses limitant les possibilités de valorisation de l’activité d’opérateur virtuel et donc les incitations à l’investissement dans cette activité
– Conditions tarifaires qui empêchent toute concurrence frontale entre les MVNOs et leur opérateur hôte.

1.7.    Contexte socio-économique des Télécoms en Tunisie  

La Tunisie s’est engagée depuis les années 1980 dans le développement du secteur des télécommunications. En vue d’accélérer ce développement, elle a procédé à la libéralisation du secteur pour le renforcement de la compétitivité économique.

La Tunisie s’est orientée depuis 2002 vers une libéralisation du secteur des télécommunications , consolidé par des mesures juridiques et réglementaires et par un renforcement des structures de régulation.

1.8. Cadre juridique et réglementaire En Tunisie

La Tunisie a signé en 1997 une convention avec l’OMC qui l’engage sur la libéralisation du secteur des télécommunications.

Le secteur des télécommunications en Tunisie se caractérisait par une situation de monopole de l’Etat jusqu’à la promulgation du code des télécommunications en 2001.

Le code des télécommunications  réglemente l’ouverture du marché des télécommunications au secteur privé. Les autres innovations majeures de cette loi de 2001 sont la création d’une autorité de régulation en charge des télécommunications (l’Instance Nationale des Télécommunications INT) et de l’Agence Nationale des Fréquences (ANF) en charge de la gestion du spectre des fréquences.

Un cadre technique et réglementaire restrictive  a été aussi promulgué en 2008 visant à réglementer et les services de la téléphonie à travers la voix sur IP (Décret n°2008-2638).

1.9. Le téléphone Fixe en Tunisie 

Tunisie Télécom, qui avait le monopole de ce service depuis sa création  a vu un nouvel opérateur  « Orange Tunisie » sur la marché fixe qui utilise la VOIP en 2010 et verra fin 2012 encore un autre sur le même segment de marché «  TUNISIANA ».

Malgré l’effort commercial d’Orange Tunisie avec plus de 30 000 abonnés, Tunisie Telecom garde le monopole du marché de la téléphonie fixe avec 1.2 millions d’abonnés  car l’ouverture de la boucle locale de Tunisie Télécom n’est pas encore une réalité  et  le pari de la concurrence est encore hors  d’atteinte.

L’ouverture de la boucle locale de l’opérateur historique Tunisie Télécom  à ces  concurrents est  une obligation légale en principe.

Mais il semble que l’INT  (Instance Nationale des Télécommunications) commence à prendre les choses en main pour rappeler à Tunisie Télécom l’obligation d’ouvrir sa boucle locale à la concurrence.
Ainsi avec cet amendement du code des Télécommunications  les jugements et arbitrages de l’INT auront une fore exécutoire.

Gageons-nous sur le futur pour que l’Instance Nationale des Télécommunications ait les moyens nécessaires pour mener une politique de régulation à la hauteur de ces ambitions.

1.10. Les taxiphones ou publitels en Tunisie

Les taxiphones ou publitels ont connu une véritable croissance en Tunisie jusqu’à 2007 l’année de déclin de ce secteur. De 20 mille centres, on compte actuellement quelque 8 mille publitels. 12 mille ont été fermé. Durant la même période, le même secteur commence à connaitre une fulgurante croissance en Europe. On se demande vraiment  pourquoi et quel avenir ont il ? Surtout que nombreuses familles vivent de ces centres. À cette question on est tenté de répondre que seuls les opérateurs virtuels  pourraient aider à résoudre ce problème en Tunisie.
Notre constat est simple : le  modèle économique en Europe pour les call-shop taxiphones est basé sur l’achat en gros de minutes de communications de terminaisons vers l’international au prix le plus bas, et la revente au détail de ces même minutes avec une marge qu’ils décident en fonction de la concurrence sur la zone de chalandise. Les mêmes Téléboutiques en Tunisie ont continué à vendre les communications du téléphone fixe local avec une taxation décidée par Tunisie Télécoms.

1.11. Le mobile en Tunisie

Le marché de la téléphonie mobile compte plus de 12 millions d’abonnés, pour une population totale de 11 millions est arrivé à une maturité en Tunisie et une saturation des  ressources spectrales, ou il n’y a plus de place pour un quatrième opérateur mobile classique. Le régulateur  Tunisien s’oriente à ce stade de développement et comme dans tous les pays développés  pour insuffler plus de dynamique, d’innovation de service et encore plus de concurrence sans nuire aux équilibres économiques  des trois opérateurs existants pour créer plus de segmentation de l’offre par la création des MVNO qui vont optimiser et rentabiliser le spectre radio utilisé par les trois opérateurs en ciblant des utilisateurs ayant des profils très spécifiques.
Grâce aux MVNO, Tunisie Telecom pourrait donc concentrer ses efforts sur le marché Pro et le marché de grossiste (wholesale). Grâce à des partenaires plus dynamiques qui exploitent son réseau,
En France, la baisse du revenu des prestations liées au service téléphonique (-1,6% sur un an au quatrième trimestre 2007) est contenue, grâce notamment à l’apport des recettes de l’offre de vente en gros.
Ainsi le revenu des opérateurs de réseaux fixes sur le marché intermédiaire est en augmentation de 9,4% sur un an. Cette hausse est due à une forte croissance (+38,9% sur un an) du revenu lié aux prestations de gros d’accès haut débit (dégroupage, offres de gros de type bitstream…) dont le revenu atteint 411 millions d’euros au quatrième trimestre 2007.

Le marché Tunisien des MVNO va incontestablement connaître une nouvelle ère de développement pour  plus d’efficience économique par la création de la valeur ajouté et de l’emploi.

Reste à surmonter les réticences des opérateurs traditionnels !

Les MVNO deviendront des Véritables opérateurs en Tunisie  ou simples fournisseurs de services, ce là dépend de la réglementation projetée ; Tout est fonction du degré de la régulation souhaité par le législateur.
Cette intervention du régulateur se justifie sur le strict plan de l’efficacité économique lorsqu’on ne peut escompter qu’un mécanisme de marché conduis en soi à une situation efficace, en raison d’une “défaillance de marché” (“market failure”) motivé par  les comportements de résistance des opérateurs historiques du secteur.
Le projet de loi présenté à l’ « ANC »  l’assemblée nationale constituante est en soi saluable, mais admettant dans son article 28 bis plusieurs interprétations dont nous souhaitons l’amendement ou l’éclaircissements dans les  décrets d’applications pour répondre à l’efficience économique escompté de ce secteur.
Le sens de l’article 28 bis est le suivant : «  il est possible de louer l’excédent de la bande des ressources des réseaux publics  au profit des opérateurs …. »

Avec le mot « possible » on est tenté de se demander comment il pourrait y avoir un développement du secteur MVNO face aux comportements naturels de résistance des opérateurs historiques qui n’ont aucune obligation de louer les ressources spectrales.

Quant au mot excédent  on est tenté de répondre aussi comment on peut déterminer cet excédent et qui peut le déterminer ; Là aussi dans le projet de loi c’est l’opérateur historique seul qui peut déterminer cet excédent et on ne voie pas comment créer cette concurrence dans ce marché.

Mais félicitant  le reste de l’article ou  les opérateurs historiques seront tenus de publier une offre de partage de référence avant de négocier des accords individuels avec les licenciés qui en font la demande.
Le régulateur Tunisien  aurait pu  à l’instar de Hong Kong et du Danemark réserver  30 % de la bande passante attribuée aux opérateurs traditionnels pour des applications de type MVNO.

Ainsi les opérateurs existants seront obligés de tenir compte des besoins des nouveaux entrants en renforçant leurs capacités de réseaux.

Le régulateur Tunisien  aurait pu  aussi instituer dans ce projet de loi une  réglementation souple en matière d’interconnexion qui dispose que tous les opérateurs de réseaux ont des droits et des obligations en ce qui concerne les accords d’interconnexion avec une obligation de non-discrimination de sorte que les opérateurs appliquent des conditions équivalentes dans des circonstances équivalentes aux MVNO interdisant toute clauses d’exclusivité.

À l’heure où l’on parle,  mutualiser les investissements dans les futurs réseaux de quatrième génération  afin de diminuer le coût de déploiement, la location de bande passante à des tiers pourrait également contribuer à réduire les dépenses des opérateurs historiques. Avec à la clé deux questions majeures : quelle est l’économie d’échelle pour un MVNO et quel est le risque commercial pour l’opérateur d’infrastructure ?

Pour les pragmatiques et puristes en Télécommunication : un véritable MVNO  doit posséder ses propres commutateurs. Si on vise plus de valeur ajoutées et plus de parts de marché, mieux vaut contrôler le plus possible son infrastructure.

Le plus rudimentaire des MVNO se limite au marketing et à la distribution de sa marque en abandonnant tout le reste (facturation, gestion de la relation clients et exploitation du réseau) à l’opérateur d’infrastructure. À l’opposé, le plus intégré des MVNO s’engagera de manière beaucoup plus poussée non seulement sur le plan opérationnel, mais aussi au niveau des infrastructures. Hormis le déploiement des stations de base, on peut tout à fait imaginer un MVNO qui collecterait et acheminerait lui-même son trafic avec ses propres MSC et HLR.
Un MVNO peut également permettre à un opérateur traditionnel d’arrondir ses fins de mois en augmentant sa charge de trafic, donc ses recettes. Pour le   perpétuel risque de cannibalisation ?  » Mieux vaut voir un client quitter un opérateur au profit de son partenaire qu’à celui de ses concurrents « ,

La multiplication des stratégies commerciales sur un même réseau augmente nécessairement les chances de réussite de l’opérateur hôte.  » Un discours que les opérateurs traditionnels en Tunisie auront encore du mal à entendre,  mais qui les fait néanmoins vont le démontrer  » un MVNO garantie au fournisseur hôte une marge meilleure que celle qu’il réalisé avec ses propres abonnés.  »

 

Nejib BELHABIB
Expert & Consultant en Télécommunication

Le chômage des jeunes diplômés n’est pas une fatalité

NEWS – 17.03.2015

Le chômage des jeunes diplômés n’est pas une fatalité

Le chômage des jeunes diplômés n’est pas une fatalité

L’objet de cet article est de mieux appréhender le phénomène du chômage actuel des jeunes diplômés en Tunisie, ce qui ne va pas sans un débat et une réflexion profonde à propos des finalités des réformes de l’enseignement de nos jours. Doit il répondre à formater et développer  des  compétences éphémères qui deviennent obsolètes avec les nouveautés fulgurantes des technologies ou  œuvrer à transmettre le savoir grâce à la réflexion ?

Ce débat n’est pas simplement d’ordre technique, il est surtout idéologique.

Le chômage des jeunes diplômés en Tunisie pose un problème majeur à l’instar de ce qui se passe dans d’autres pays du monde, même en chine. Ceci s’explique par le déphasage entre  l’évolution rapide des mutations économiques et technologiques  et les systèmes éducatifs publics qui peinent à changer.

En Tunisie il y a  aujourd’hui un consensus sur la nécessité de réformer l’enseignement supérieur, mais c’est sa mise en œuvre qui pose problème.

La plupart des hommes politiques Tunisiens  considèrent aujourd’hui que le système LMD est  à l’origine de tous les maux de notre système universitaire  et que la démarche à suivre est de répondre au mal par la professionnalisation massive du système LMD. Je rappelle à cet égard que l’objectif visé par le  processus de Bologne,  par la création du système LMD, c’est de  faciliter la mobilité  des étudiants en Europe et non la rigidité des cursus.

Pourquoi sommes-nous arrivés à cette situation de trop de diplômés presqu’analphabètes et d’un niveau quelconque ?
L’échec a de multiples causes que tout un chacun peut énumérer sans trop de mal : mauvaises orientations, manque de moyens des universités, une baisse dramatique du niveau des bacheliers mais également la mauvaise préparation des futurs étudiants.

Force est de constater que cela résulte de la persistance du décalage entre les préoccupations de l’appareil éducatif et de formation, d’une part, et les contraintes de l’économie, d’autre part.
En premier lieu,  Il y a certains qui pensent que le problème résulte de la forte densité des formations professionnelles  au niveau du premier cycle de l’enseignement supérieur « licence » , et que la solution passe par l’écrémage et l’excellence.

Selon un second point de vue, la fragmentation des formations au  niveau du premier cycle de l’enseignement supérieur nuit particulièrement  au rayonnement et au succès du système.
D’autres pensent qu’il est essentiel de permettre aux étudiants du premier cycle d’explorer différents champs de compétences et puis de savoir pour se nourrir d’une vision plus globale pour ensuite choisir une spécialisation.

Et enfin, d’autres  considèrent  que le rôle de l’université est de susciter la vocation et non de répondre à la demande des employeurs ; on peut avoir un doctorat et exercer le métier  de  plombier ou de boulanger.

En Tunisie, le docteur voudrait coûte que coûte exercer un métier, une fonction qui correspond à ses études. C’est peut-être aussi,  que c’est là  l’origine du mal.

Certes,  l’université est un  des piliers de la société. Elle est malheureusement mise à mal en cette période par la crise économique et les mutations rapides des Technologies.
Il est certes nécessaire d’harmoniser le développement de l’économie avec  l’enseignement mais pas au point de former des automates.

Prétendre viser des compétences précises pour des métiers comme le pilotage, la médecine et l’ingénierie  est certainement possible aujourd’hui par les simulateurs en temps limité, mais il n’empêche qu’une formation de base très longue et très solide est plus que nécessaire.

L’écrémage des meilleurs étudiants post-Bac  n’est il pas la solution?

Il est regrettable de constater que nos politiciens  n’aient rien de mieux et de plus réfléchi à proposer comme solution.

L’idée est de mettre en place une sélection post-Bac. Comme si cette sélection allait, à elle seule, régler tous les problèmes de nos universités et du chômage de jeunes diplômes.

Le bac n’est-il pas supposé être la condition d’accès à l’université?

Nombreux sont les bacheliers qui sont orientés par le système de score à des filières très loin de ce qui est  rêvé, certainement rêve influencé  par  le choix des parents, de l’environnement et de l’idée que certains métiers sont rentables.

Sélectionner ne suffit pas, il faut orienter, répartir, conseiller et cela le plus tôt possible.

La réforme de l’enseignement supérieur est nécessaire mais une refonte générale, globale et cohérente de l’enseignement, à partir de  l’école maternelle, primaire et secondaire, est plus que nécessaires comme socle à  cette reforme.

L’école maternelle est la clef pour l’intégration scolaire et sociale aux yeux des familles très défavorisées ainsi que les jeunes  mères qui travaillent.
L’école maternelle « elle n’est ni une garderie ni un jardin d’enfants, ni une garderie coranique (Kottab ) mais une école au plein sens du terme, un terrain d’apprentissages et d’expériences. Elle a vocation à éduquer et à socialiser les enfants de 3 à 6 ans ».

En revanche l’impact sur la qualité de l’éducation  des écoles maternelle anarchiques, les garderies d’enfants et les kottabs ont sensiblement creusé la faille entre les couches sociales pour aggraver encore plus les inégalités.

L’enseignement de base en Tunisie ( maternelle, primaire  et élémentaire ) gagnerait en qualité en introduisant le statut de professeur de l’enseignement de base (après la fermeture des écoles normales d’instituteurs) , corps professoral  accessible par concours avec un niveau minimum d’un master et une formation pédagogique spécialisée d’une année.
Après le baccalauréat,  au niveau de la  licence, la formation  fondamentale est la règle, c’est à ce niveau que l’étudiant apprend les bases de communications, les langues vivantes et les sciences fondamentales.

Le socle de base de l’enseignement supérieur doit être : les langues pour penser et communiquer, les méthodes et outils pour apprendre et analyser, l’observation pour la compréhension du monde et les  représentations de l’activité humaine.

Aujourd’hui, la majorité des élèves entrent à l’université sans maîtrise des langues.

La Tunisie a d’autant plus de chemin à parcourir dans l’effort d’enseignement des langues pour tous les cursus universitaires.

Le principal obstacle à trouver de l’emploi en Tunisie est la non maitrise des langues étrangères, notamment le français et l’anglais.

Mais plus grave encore, les Tunisiens ont  accepté de  sacrifier des matières dites secondaires (histoire, géographie, musique, arts plastiques, culture scientifique et technique, environnement)  décrétées inutiles pour le baccalauréat et les grands concours au profit de savoirs et connaissances fondamentaux (mathématiques, physique, chimie et sciences naturelles).
On rappelle à ceux qui préconiseraient  cette voie, qu’un grand nombre de mathématiciens et de physiciens sont aussi des musiciens, des artistes, des philosophes,  et surtout des créateurs.
La seule réforme par la sélection c’est aller encore plus dans un libéralisme économique sauvage qui mettrait des milliers de jeunes en marge de la société et créerait plus de précarité.
Paradoxalement, c’est aussi une voie vers plus de souffrance : la peur de l’échec,  la pression de l’élimination, l’incertitude de l’avenir… L’enseignement doit être avant tout un épanouissement et un levier vers la création.

Un peuple créatif est apte à dépasser toutes les crises et toutes les sinistroses du temps.

L’amer constat, aujourd’hui en Tunisie, c’est que la réussite par la simple école est très difficile  pour les plus défavorisés.
L’écart des performances et la défaillance des élèves en Tunisie est en corrélation avec leur origine socioculturelle.

Certainement, on peut comparer l’école tunisienne à un  ascenseur social qui est  en panne, Pour les moins chanceux il reste l’escalier ou la montée est moins confortable mais la réussite est possible. Évidemment le rôle de l’état demeure au moins pour garantir l’escalier de secours.

L’apprentissage d’un métier c’est évidemment un couronnement « la cerise sur le gâteau ». Les métiers changent  et  les savoirs demeurent.

Les systèmes de certifications semblent être la solution pour valider  la reconnaissance des compétences techniques sur un produit donné  ou une langue : Les certifications offrent un point de repère pour les recruteurs.

Dans le monde de l’entreprise, les certifications  reflètent le niveau de compétences et de maîtrise d’un candidat à l’emploi.
Nos étudiants  en Tunisie n’accordent  pas d’intérêt aux certifications car ils n’ont aucune équivalence en termes de niveau d’études.
La solution  semble être les systèmes de passerelles entre les cycles.

Le master spécialisé  (MS= BAC+6).), avec l’accompagnement de formations professionnalisées complémentaires  peuvent  être une solution parmi d’autres.

Quel intérêt ? C’est d’acquérir des compétences opérationnelles et fonctionnelles, indispensables pour travailler dans tel ou tel domaine. Exemple : Le master spécialisé pour les professeurs de l’enseignement de base, le master de Management des Télécoms , de l’environnement, de la valorisation des déchets , de l’eau , de l’énergie, de la qualité ; on peut énumérer des centaines de compétences et d’expertise très recherchés.

Le master spécialisé (MS), créé il y a vingt-cinq ans par la Conférence des grandes écoles (CGE), connaît en ce temps de crise un succès fulgurant  car il répond à un besoin de formation spécifique dans un secteur précis et à un moment donné.

Les diplômes sont toujours en phase avec les besoins du marché car les programmes s’ajustent et s’adaptent en fonction de la demande.
Plus de 120 écoles d’ingénieurs ou de management en France ont adopté ce diplôme.

Développer ces diplômes en étroite collaboration avec les organisations professionnelles est la solution ultime pour résoudre le chômage des jeunes diplômés en Tunisie et  améliorer la qualité et la productivité.

La réforme doit avoir plusieurs exigences : l’épanouissement de l’élève, l’égalité des chances et des enseignements.

Enfin les experts sont unanimes  à constater que l’ensemble  des nouveaux dispositifs de réforme dans le monde ont pour objectif d’entraîner l’élève vers la création : il devient, en effet, producteur de son savoir et acteur dans l’acquisition de ses connaissances et non plus seulement consommateur.

Pour l’employabilité promise par les  seuls critères patronaux, l’acquisition des « compétences » comme  seule voie vers l’employabilité et la productivité, n’est possible que par des cursus courts,  spécialisés et répétés tout au long de la vie active.

La réforme des programmes préconisée peut-elle améliorer la situation ? Dans un contexte de chômage de masse et de précarisation du travail salarié, La reforme de l’ensemble de l’enseignement supérieur en Tunisie doit commencer par instaurer une maternelle publique, ensuite reformer  l’enseignement primaire et le collège, se poursuivre au lycée et aboutir dans les universités, en passant à tous les niveaux par l’enseignement  professionnel et en alternance.

Il est nécessaire de rendre plus lisibles les passerelles entre les filières et les cursus à tous les niveaux de l’enseignement supérieur. Il faut permettre aux jeunes travailleurs de pouvoir bénéficier d’une formation universitaire afin de leur offrir une seconde chance, s’ils désirent reprendre leurs études.

Notre système éducatif gagnerait en qualité en s’inspirant du système finlandais qui est considéré actuellement comme le système le plus efficace et le plus égalitaire. Ce système est divisé en deux grands types de formations : les formations théoriques, dispensées par les écoles secondaires, supérieures et les universités, d’une part,  et les formations professionnelles  assurées par les écoles professionnelles spécialisées à tous les niveaux jusqu’à l’apprentissage des adultes à vie, d’autre part..

Ce sont des réformes qui doivent être menées à long terme suite à une réflexion collective et  un consensus de tous les partis politiques et non de simples mesures idéologiques pour plaire aux électeurs, mais  abandonnées lors de chaque changement de majorité.
Le choix qu’effectue notre société sur le modèle d’enseignement n’est pas anodin. Il en dépend le destin de nos enfants et de notre pays pour  prendre en charge les enjeux communs de la  société de demain.

Nejib Belhabib
Expert, Consultant en Télécommunication
Président de SUPTECH, vice président de l’association ADRI
Membre fondateur de la Fédération Euro-méditerranéenne de l’enseignement et de la recherche

Quelles Géostratégies pour l’enseignement supérieur en Tunisie ?

Quelles Géostratégies pour l’enseignement supérieur en Tunisie ?

OPINIONS – 11.09.2012

 http://www.leaders.com.tn/article/9257-quelles-geostrategies-pour-l-enseignement-superieur-en-tunisie

La La Tunisie a choisi le défi de l’enseignement  et de l’éducation comme vecteur de développement depuis son indépendance en 1956 et à contre-courant de tous les pays récemment  libérés du  colonialisme.

Au cours des dernières décennies, la majeure partie des ressources nationales a été consacrée au secteur de l’enseignement et de l’éducation.

Mais, entretemps, le fossé s’est creusé de plus en plus entre les capacités de production de l’enseignement et  le modèle économique du pays qui n’arrive  pas à suivre au niveau de l’emploi.

Aujourd’hui après la révolution, il faut  penser à relever les défis auxquels l’enseignement supérieur se trouve confronté.

Les citoyens ont le droit de  s’interroger sur la justification de la priorité attribuée à l’éducation et la légitimité de l’importance financière accordée pour le développement de ce secteur. Il faut reconnaître qu’il règne une grande opacité sur les performances de nos établissements d’enseignement supérieur.

Le phénomène mondial récent de classement  des universités a suscité aussi les interrogations de nos hommes politiques sur les performances  de notre modèle.

L’intérêt  de ces fameux classements  tient davantage à leur effet mobilisateur et sensibilisateur qu’à leur valeur intrinsèque et ne reflète que partiellement  la réalité mondiale de l’enseignement  supérieur.

En Tunisie il y a  aujourd’hui un consensus sur la nécessité de changement dans l’enseignement supérieur, mais c’est sa mise en œuvre qui pose problème. La plupart des partis considèrent que le système LMD est  à l’origine de tous les maux de notre système universitaire. La démarche à adopter est de répondre aux problématiques posées par la professionnalisation du système LMD.

 

L’enseignement professionnel est par essence incompatible avec la massification des enseignements.
Le processus de création des filières professionnelles ne doit pas être une approche descendante (top-down), arbitraire dictée par la tutelle, mais une approche ascendante (bottom-up) émanant  de l’enseignant au chef d’établissement à l’autorité de régulation en passant par le chef de département.

Il s’agit aussi de penser au cycle de vie des filières : une formation, un module, naît, vit, meurt.
Une filière qui n’offre aucune opportunité doit être fermée ou remaniée. Les outils qui permettent ce suivi sont : l’observatoire des métiers,  les enquêtes, l’association des anciens élèves, les colloques université-entreprises, ou, plus simplement, le carnet  d’adresse du chef de département.

Au niveau de la  licence, la formation fondamentale est la règle, la professionnalisation est une exception. En Mastère le principe est inversée? c’est-à-dire le Mastère recherche devient l’exception.

Car le savoir-faire nécessaire à la professionnalisation ne s’apprend que par la pratique.  Ainsi le matériel de travaux pratiques doit être renouvelé fréquemment et le « coût d’usage » de ces matériels est particulièrement élevé car ils deviennent plus rapidement obsolètes.

Le nombre de salles requises pour une formation professionnelle est plus élevé que pour la même formation générale. De même, d’un point de vue pédagogique, la professionnalisation revient à substituer la méthode inductive à la méthode déductive et l’importance primordiale est accordée aux  projets tutorés et aux stages. La professionnalisation implique aussi un mode d’encadrement  particulier (tuteurs, encadreurs etc..).

Bref, il est souhaitable de proposer  à nos experts et à nos dirigeants d’explorer, d’identifier  et d’examiner  ensemble les stratégies les plus efficaces pour améliorer les cursus, la gouvernance, la transparence et la responsabilisation des différents acteurs de l’enseignement supérieur en Tunisie.

L’objectif est de mettre en place un  système de régulation de qualité et  un système de pilotage de la performance à l’aide des nouvelles technologies de l’information et de renforcer l’autonomie et les capacités de gestion des institutions.

Dès le début des années 1980, Burton Clark développait une approche analytique appelée « triangle de Clark » pour modéliser les différents types de gouvernance des universités: (l’Etat, les oligarchies académiques et le marché).

L’implication de plus en plus fréquente de nouveaux opérateurs, supranationaux, intergouvernementaux et  non gouvernementaux dans les politiques d’enseignement supérieur a rendu  le modèle de Clark obsolète.
Parmi les  nouveaux opérateurs supranationaux on cite l’UNESCO, le Fond Monétaire International, la Banque Mondiale, et l’Union européenne.

Dans les années 1970, l’Australie a développé son  modèle appelé l’OSC (Overseas Student Charge), fondé strictement sur une approche économique considérant l’enseignement supérieur comme une industrie d’exportation.

Plus récemment, d’autres  travaux ont prôné d’autres approches analytiques des politiques d’enseignement supérieur avec une extrapolation du modèle de Clark pour des orientations internationales au niveau systémique et macroéconomique.

Au début des années 90? le modèle européen est né : c’est un modèle qui est basé sur une volonté politique des pays membres « celui du rapprochement de la jeunesse des divers Etats membres pour construire un avenir commun ».

Ce modèle est articulé autour d’un processus d’harmonisation qui est centré sur la mobilité des étudiants et sur la mise en place de la reconnaissance des diplômes.

Comme réponse aux problèmes rencontrés par les universités pour l’harmonisation des parcours universitaires, l’Europe a adopté  le « Système de Crédits Transférables » (ECTS) et  le système LMD (Licence, Master et Doctorat), pour les niveaux (bac+3,+5,+8) avec des parcours cohérents.

Le système de Crédits Transférables fonctionne par capitalisation avec un  passage d’un calcul en nombre d’heures de cours à une prise en compte de la charge de travail global de l’étudiant.

Cette politique de mobilité européenne a généré le système Erasmus qui a évolué par  l’élargissement vers d’autres pays du monde « Erasmus mundus ».

Les modèles développés par l’UNESCO, l’Agence Universitaire de la Francophonie et l’Agence Canadienne de Développement International, sont des  modèles axés sur des logiques de développement.

Un nouveau modèle est en train de se dessiner pour les décennies à venir : celui des pays dits du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud) précédemment appelé BRIC permettant le  transfert du centre de gravité de la coopération internationale en matière d’enseignement supérieur et de recherche de l’Atlantique vers le Pacifique. Selon le FMI,  les pays du BRIC devraient assurer 61 % de la croissance mondiale en 2015.

A l’heure de la mondialisation et de l’économie du savoir, la plupart des réformes de l’enseignement supérieur dans le monde qu’il  s’agisse d’Erasmus ou de processus de Bologne , du  BRIC (Brésil, Russie, Inde , Chine et Afrique du sud ), de l’OSC (Overseas Student Charge) et du fameux classement  de Shanghai sont tous guidées par le souci de répondre aux défis de l’internationalisation.

Bref, la globalisation semble devenir l’horizon incontournable de l’enseignement supérieur.
En Tunisie, les pistes à explorer et les vraies questions qu’on devrait poser à nos gouvernants sont :

1. Quel est le rôle du ministère de l’enseignement supérieur : operateur ou régulateur ?
2.  Comment utiliser les mécanismes de régulation, notamment en ce qui concerne la reconnaissance des qualifications et la validation des acquis et des diplômes ainsi que des mécanismes d’assurance qualité pour garantir la transparence, l’efficacité et la liberté réelle de choix de tous les citoyens ?
3. Comment concevoir les libertés académiques et l’autonomie universitaire.
4. Comment financer équitablement l’université ?
5. Face à l’investissement privé dans le secteur de l’enseignement supérieur comment l’autorité de tutelle peut rester dépositaire de l’intérêt général.
6. Quelles sont les parts du marché visé  « national » et « l’international ».
7. Comment développer le « Partenariat Public – Privé  PPP » à la conquête de l’international en  considérant l’enseignement supérieur comme une industrie d’exportation.
8. Comment mobiliser et partager les ressources afin d’informer le citoyen  sur le contenu, la qualité et la pertinence de tous les types d’enseignement en Tunisie, de manière à ce que chacun  puisse choisir en connaissance de cause l’offre la plus appropriée ?
9. Comment renforcer le partenariat multi-acteurs, et la collaboration entre les différentes autorités publiques privées et instances internationales, en y associant la société civile et les organisations professionnelles, en vue de permettre aux gouvernements de se doter des moyens législatifs et règlementaires facilitant une régulation efficace.

Selon les experts de  l’UNESCO, « l’absence de régulation ou une régulation insuffisante par les pouvoirs publics des services de l’enseignement supérieur peut engendrer des coûts plus élevés pour la communauté publique  pour une qualité et une pertinence moindres et, par conséquent, accroître les inégalités économiques, sociales et culturelles entre les individus et compromettre ainsi l’accès équitable des citoyens aux biens publics que sont l’éducation et la formation ».

Le pilotage de l’enseignement supérieur et de la recherche c’est l’axe primordial et l’enjeu majeur de l’économie du savoir comme en témoigne plusieurs modèles internationaux : le modèle européen, le modèle  australien et tes autres ont les mêmes constantes suivantes :

• L’ajustement de l’enseignement supérieur aux normes du marché international à l’heure de la mondialisation et de l’économie du savoir.
• Développer les mécanismes de gouvernance des universités et le pilotage de la performance.
Ce constat étant effectué, la Tunisie doit esquisser les contours d’un véritable système d’information public pour l’enseignement supérieur capable de piloter la performance « à la carte », et qui synthétise  toutes les informations utiles aux étudiants, aux chercheurs, à l’ensemble des acteurs du monde universitaire, aux pouvoirs publics ainsi qu’aux entreprises.

Ce système d’information doit être modulaire, harmonisé et communicant avec tous les acteurs du monde universitaire.

Mais Il est vrai aussi, qu’évaluer l’enseignement supérieur  est une tâche complexe, car ce secteur  répond à des objectifs multiples qui ne sont pas tous facilement mesurables.

Ainsi les normes de qualité, reconnues de manière universelle doivent être le pivot de la réforme du système à tous les niveaux, et ce, en tenant compte de la réalité nationale ou locale.

Nejib Belhabib

La Cyber-société et l’économie collaborative à l’Horizon 2020: Comment s’y préparer?

La Cyber-société et l’économie collaborative à l’Horizon 2020: Comment s’y préparer?

OPINIONS – 10.05.2016

http://www.leaders.com.tn/article/19723-la-cyber-societe-et-l-economie-collaborative-a-l-horizon-2020-comment-s-y-preparer

La Cyber-société et l’économie collaborative à l’Horizon 2020: Comment s'y préparer?

Une compétition économique redoutable devrait avoir lieu dans les prochaines années, non seulement pour la maîtrise de la production et de la distribution, mais aussi pour le partage de la valeur entre acteurs économiques traditionnels et nouveaux venus issus du secteur numérique.

Que pouvons-nous attendre des horizons 2020?

Même le monde de la science et des technologies, supposé plus rationnel, s’est montré riche en surprises depuis la révolution numérique.

On prédit  à l’horizon 2020, un marché dynamique qui sera mis en place, centré sur l’innovation technologique autour des objets Intelligents et connectés, de la robotique et de l’impression 3D  dans tous les secteurs: Environnement, énergie, agriculture, Défense, Aérospatial, Automobile, Médical et santé, Bâtiments intelligents & Domotique, Robotique et machinerie industrielle et Télécommunications
Personne ne sait quels miracles technologiques apparaîtront au passage de ces changements, ou comment les découvertes et l’innovation changeront nos modes de vies, mais l’on est  certain qu’elles seront fondamentales et les experts sont unanimes sur la manière de se préparer.

La nouvelle économie sera centrée sur le concept de l’Innovation ouverte ou Open Innovation promise  par Henry Chesbrough, professeur et directeur du Center for Open Innovation à Berkeley : C’est un mode d’innovation fondé sur le partage, la coopération entre les opérateurs économiques, à la fois compatible avec une économie de marché (via les brevets et licences) et avec l’Intelligence économique.
Cette approche permet aussi des démarches fondées sur des alternatives éthiques, solidaires, équitables et fiables   dans un esprit dit « ODOSOS » (qui signifie : Open Data, Open Source, Open Standards).
On modélise cette approche par le Schéma suivant:

C’est une stratégie d’optimisation des coûts par un processus global collaboratif à travers les réseaux de  partage.
Les individus qui s’engagent dans ces pratiques cherchent à réaliser des actions de façon plus rapide, moins coûteuse ou plus satisfaisante.
Les nouvelles technologies sont pleines de potentialités, elles vont permettre de décupler les capacités de production par le partage.
Avant d’aborder notre vision pour la Tunisie, il est nécessaire de faire le point sur un ensemble de termes par la définition de ces concepts:

Crowdfunding ou  Financement Participatif

Le crowdfunding, qu’on pourrait traduire par le financement par la foule, c’est une plateforme internet collaborative ou un site de  collecte des fonds en ligne.
Le financement participatif est en plein boum : En 2015, en Europe le marché aurait dépassé les 7 milliards d’Euros, en France les plateformes de crowdfunding ont collecté 296.8 millions d’euros avec un taux d’augmentation de 50% chaque année.

Le Royaume-Uni est le plus grand pays européen pour le financement alternatif avec 2,34 milliards d’euros.

Open-source software

L’open source software, ou «code source ouvert», s’applique aux logiciels dont la Licence respecte les critères établis par l’Open Source Initiative, c’est-à-dire les possibilités de libre redistribution, d’accès au code source et de création de travaux dérivés.
Mis à la disposition du grand public, ce code source est généralement le résultat d’une collaboration entre programmeurs.
L’étude FLOSSIMPACT a montré, en 2006, que les entreprises qui contribuent au code de projets de logiciels libres et open source ont, au total, au moins 570 000 employés et un chiffre d’affaires annuel de 263 milliards d’euros.

Open Source Hardware (OSHW)

L’Open source hardware  est un “Hardware” réalisé publiquement et disponible de manière à ce que n’importe qui puisse étudier, modifier, distribuer, créer et vendre un “design” ou un produit basé sur ce hardware.

Idéalement, l’open source hardware utilisera des composants et matériaux facilement approvisionnés, des procédés de fabrication standardisés et normalisés, des infrastructures libres, des contenus libres de droit et des outils de design “Open-source” pour maximiser la possibilité donnée à d’autres de concevoir ou utiliser un produit hardware.

Il en existe dans tous les secteurs : Électronique comme Arduino , Téléphonie mobile OpenMoko et Osmocom, Imprimante 3D MakerBot,  Console de jeux vidéo : GP2X, Pandore DOGS ,Uzebox, Camera : Apertus, Xue Franken camera , des voitures libres : Wikispeed et  Tabby d’ OSVehicle, des meubles open source, que vous pouvez couper dans n’importe quel atelier fab lab de bois près de chez vous, puis assembler, des open mob et même de l’open Cola.

Open-Labs ou Fab lab

L’open Labs est un lieu ouvert au public où il est mis à sa disposition toutes sortes d’outils, notamment des machines-outils pilotées par ordinateur, pour la conception et la réalisation d’objets.
Concepts développés par Massachusetts Institute of Technology (MIT),Ils s’adressent aux entreprises, aux designers, aux artistes, aux bricoleurs et aux étudiants.

Les fab labs sont un réseau mondial de laboratoires locaux, qui rendent possible l’invention en donnant aux individus accès à des outils de fabrication numérique.

Les concepts et principes fondamentaux sont le partage de l’usage et la mise en réseau des outils de fabrication numérique : « fraiseuse de précision ,découpeuse laser , découpe vinyle ,  Imprimante numérique impression et découpe Eco-Solvant , Imprimante UV , imprimante 3D  ,  découpeuse plasma , découpeuse à jet d’eau, scie sauteuse , scie à ruban , ponceuse , perceuse à colonne , machine à produire des circuits imprimés » cette liste n’est pas limitative.

On en trouve aux États-Unis ,en Europe,  en Afrique (Ghana, Kenya, Afrique du Sud , Tunisie à l’INIT), au Costa Rica ou en Afghanistan. On y produit des colliers émetteurs Radio pour les troupeaux de rennes norvégiens, des pompes à eau, des turbines à vapeur, des instruments agricoles, des antennes paraboliques à haut niveau de gain, des turbines à vapeur, des purificateurs d’eau …
D’autres types d’ateliers ont émergé comme les TechShops accessibles sur abonnement (TechShop est une marque américaine) ; les membres ont un accès à des machines numériques , ainsi qu’à une équipe d’experts « les Dream Consultants »

Le premier TechShop français est  ouvert   en région parisienne en octobre 2016 par la chaîne de magasin spécialisé dans le bricolage et le jardinage «Leroy Merlin» espace de fabrication numérique de 2000 mètres carrés;  les clients d’Ivry auront accès libre  à un million de dollars de machines.
Le clients ont accès aux classiques imprimantes 3D, découpeuses laser et scies numériques; il y aura aussi une découpeuse à eau, de la soudure à l’arc, des salles de peinture pressurisée, des ordinateurs avec des logiciels de design 3D.

Ce premier  TechShop européen a été ouvert en octobre 2016, un deuxième est programmé pour la fin 2016 de 2400 m2 dans la région de Lille en partenariat avec l’Université Catholique de Lille et Euratechnologies pour un investissement de 3 millions d’euros.Aux états unis d’Amérique il en existe huit TechShop.

Les économies collaboratives et de partage investissent de nouveaux domaines chaque jour: c’est une nouvelle révolution  en marche.
Il existe d’autres formes : les bio-hackerspaces ou bio-hacklab dédié aux vivants et  aux biotechnologies.

Crowdsourcing & Opensourcing

Le crowdsourcing, ou externalisation ouverte ou production participative :
C’est l’utilisation de la créativité, de l’intelligence et du savoir-faire d’un grand nombre de personnes, en sous-traitance, pour réaliser certaines tâches traditionnellement effectuées par un employé ou un entrepreneur.Ceci se fait par un appel ciblé (quand un niveau minimal d’expertise est nécessaire) ou par un appel ouvert à d’autres acteurs.
Le travail est souvent rémunéré.

Il peut s’agir simplement d’externaliser des tâches ne relevant pas du métier fondamental de l’entreprise, ou de démarches plus innovantes.
C’est un des domaines émergents de la gestion des connaissances.

Aujourd’hui nous voyons émerger l’open source dans tous les secteurs et il est possible de concevoir des voitures open-source, des avions open source ,des tracteurs open source, des bateaux open source des robots open source…

La voiture open-source, créée à Seattle, aux Etats-Unis, par  communauté Wikispeed : modulable à souhait, fiable et peu gourmande en carburant, son prix est abordable et il est même possible de la construire soi-même.

L’idée de cette dynamique collective ouverte,est de partager le savoir, de l’enrichir, de le compléter, d’en faciliter la reproduction et la progression en jouant sur la créativité de chacun et la transparence du groupe.

L’obstacle, c’est que « les politiques n’ont pas de vision industrielle de cette question « .

En ce sens, la logique n’est pas anticapitaliste en opposition au capital, mais dans une dynamique collective, régulée et ouverte.

Bref, cette économie s’applique « à tous les secteurs aussi bien les transports que le bâtiment, l’agriculture, l’énergie ou encore les biens de consommation.. Elle passe d’une logique sectorielle à une logique globaliste et fait évoluer nos repères scientifiques, technologiques, économiques et financiers.

Un exemple ? « Dans le champ énergétique, j’ai un moulin ou  Je 300 m2 sur mon toit panneaux photovoltaïque (solaire).Je peux revendre sur le réseau électrique  3-4 fois ma consommation à domicile.
L’idée est que toute personne ayant un accès à Internet, peut télécharger les plans d’un produit , d’un objet , d’une machine ,  construire son propre modèle dans un fablab , TechShop ou  bio-hacklab ,le financer par un crowdfunding ,  tester, améliorer la conception et le republier sur internet.

Si vous n’y croyez pas et  vous pensez qu’il s’agit simplement  d’un groupe d’idéalistes fous ayant perdu le sens des réalités, vous devriez y réfléchir sérieusement ; Réveillez-vous ! car la vraie révolution  est déjà là. C’est un modèle économique cohérent, vivable et rentable.

La stratégie pour que la Tunisie soit pleinement actrice de cette révolution, c’est de sensibiliser, de développer et préparer notre économie par l’ouverture et non par les barrières et les instruments protectionnistes.

Il faut encourager la recherche et  l’expérimentation, créer des plateformes ouvertes dédiées  pour l’internet des objets, la robotique, la biotechnologie..etc. Nous devons  soutenir les industriels dans la standardisation de leurs produits technologiques et renforcer leurs relations avec l’Université Tunisienne  pour l’intérêt de notre économie.

Nejib Belhabib
Expert, Consultant en Télécommunication
Président de SUPTECH, vice président de l’association ADRI
Membre fondateur de la Fédération Euro-méditerranéenne
de l’enseignement et de la recherche

Quel enjeux pour rétablir la confiance ?

OPINIONS – 17.08.2012

http://www.leaders.com.tn/article/9099-quel-enjeux-pour-retablir-la-confiance

Héritière d’une civilisation vieille de 3000 ans, la Tunisie se distingue par un emplacement stratégique au cœur du bassin méditerranéen et par l’existence d’une brillante intelligentsia.

A l’aube de l’indépendance en 1956 à contre-courant de tous les pays arabes et au détriment de l’investissement en armement avec Bourguiba la priorité a été donnée à l’éducation et à la santé.

Bref, la Tunisie a su poser des jalons judicieux pour ancrer la société dans le monde moderne. L’accent a été mis sur le développement  de ses ressources humaines et l’égalité entre l’homme et la femme.

Le taux d’alphabétisation des adultes est passé de 16 % en 1960 à  75,3 % en 2001. Le nombre d’étudiants d’enseignement supérieur en Tunisie a subi une croissance vertigineuse, passant de : 5 593 en 1966 à 346 876 en 2011.

Mais le déséquilibre entre le développement vertigineux des capacités de production  de l’enseignement en Tunisie et l’emploi a précipité la faillite du  modèle économique. La peur, l’impuissance et surtout la résistance au développement démocratique ont été le catalyseur de  la défiance de la jeunesse et la révolution du 14 janvier 2011.

La confiance  est cruciale dans l’économie moderne, alors que les Anciens y voyaient un acte de foi soutenu par Dieu.

Le capitalisme moderne, qui semble reposer sur la seule recherche du profit matériel dépend en fait d’un pur acte de confiance celui de se fier à l’autre, à ses promesses et à ses engagements.

Certes depuis  la création de l’argent qui anime notre existence jusqu’aux transactions électroniques modernes basés sur  une simple ligne d’écriture informatique tout  repose sur une mystérieuse convention de foi souvent non  écrite et  jamais signée.

Par contre, dans l’antiquité et surtout chez les théologiens le seul socle solide qui permet d’assurer la confiance c’est la foi en Dieu.

La crise économique de 2008, appelée souvent  à raison dans le monde  anglophone  Grande Récession (Great Recession) est la résultante de la crise financière mondiale qui a débuté en 2007 qui n’est autre qu’une crise de confiance due à la découverte d’arnaqueurs qui manipulent les institutions financières.

Ainsi les banques et les États ne se font plus confiance ; et les individus ne se fient plus ni aux États, ni aux banques, ni à personne c’est la faillite des institutions financières, c’est le chômage et  c’est la crise !
Je cite le philosophe français Pierre-Henri Tavoillot « en temps de crise, ce n’est pas la confiance qui disparaît, c’est la défiance qui s’accroît. Mais si la méfiance advient, alors la fin est proche ».
Bref en Tunisie, dix huit mois après la révolution, c’est  toujours la défiance de certaine catégorie de population envers l’état généré par un manque de confiance.

Seuls le partage de la richesse et la justice sociale  et un nouveau modèle économique permettront de répondre aux aspirations exprimées par nos jeunes lors  de la révolution et ce pour générer la confiance et la motivation qui sont les deux atous capable de  construire une Tunisie plus sûr pour nous tous.
L’écosystème politique est encore aujourd’hui composé d’hommes d’un certain âge pour qui l’exercice du pouvoir se résume à ce qu’ils ont connu durant leur jeunesse. Leurs solutions et méthodes sont celles du passé, et ils ne comprennent pas pourquoi ils sont aujourd’hui inefficaces et impuissants face aux exigences de cette jeunesse  qu’ils ne contrôlent plus.

Soucieux de préparer la Tunisie aux défis de la mondialisation nos gouvernants , les partis politique et la société  civile n’ont aucune autre alternative que de se mettre à table pour discuter  des enjeux stratégiques de demain qui sont :

• L’enjeu des pratiques sociales et le développement de l’esprit de solidarité nationale.
• L’enjeu de l’économie du savoir
• L’enjeu de l’enseignement et la qualité des ressources humaines
• L’enjeu de la Recherche-Développement (R&D) et l’innovation industrielle
• L’enjeu des infrastructures de base
• L’enjeu du service public et du service universel

1. Les pratiques sociales et le développement de l’esprit de solidarité nationale

La Tunisie  parviendra grâce à un  programme audacieux et original  de développement et d’équité sociale à corriger les inégalités que subissent les personnes, les groupes et les régions défavorisés pour améliorer de façon constante le  bien-être et la paix sociale des Tunisiens.

Les programmes d’enracinement des valeurs de solidarité et le  renforcement des mécanismes d’entraide entre les différentes catégories sociales est  un levier formidable pour relever les grands défis,
Au contraire de ce qui a été dit sous le règne de Ben Ali par des institutions fantoches manipulés par le pouvoir en plac , la  Tunisie a beaucoup manqué de vrai élan de solidarité.

Pendant la révolution libyenne les Tunisiens ont su démontrer qu’ils sont généreux et capables d’un formidable élan de solidarité qui a défrayé la chronique et a été salué par le monde entier.

2. l’économie du savoir

Quant à l’enjeu de l’économie du savoir, qui est seul susceptible de corriger les inégalités entre les régions , les pays développés et pays en développement, entre ceux qui ont la jeunesse, le savoir, l’intelligence et ceux qui ont l’industrie, la matière première ou l’argent.

Le pari (car c’en est un) de la technologie numérique (ou T.I.C.) s’inscrit pleinement dans ce cadre-là. En effet, les technologies numériques, par le maillage de l’espace tunisien de communication ouvrent toute grande la porte à l’essor de l’économie du savoir et  à la mobilité des connaissances, des hommes et des moyens.
En définitive, l’information est devenue réellement la matière première de la nouvelle organisation du travail d’une économie de plus en plus orientée vers la production et la jouissance de biens immatériels et des services.
Les experts ont reconnu que la Tunisie a franchi un pas important dans le secteur TIC  , mais il recommande bon nombre de réformes. Il s’agit aussi de renforcer l’indépendance et les pouvoirs de l’instance nationale de Télécommunications et libérer Totalement le secteur. D’après les experts de la Banque Mondiale,  une libéralisation des télécommunications permettra d’augmenter le PIB de 1% .

Ces experts constatent aussi que le volume des communications à l’international en Tunisie est en stagnation par contre, il est en augmentation dans les  autres pays du Maghreb et en Europe, car les appels internationaux en Tunisie sont parmi les plus chers au monde, coût comparable à celui des économies faibles tels que le Sénégal et la république du Congo.

Les télécommunications à l’international constituent un outil de développement et d’intégration dans l’économie mondiale et sont susceptibles de booster l’investissement extérieur.

Avec la libéralisation totale du secteur des Télécommunications on pourrait assister à l’émergence de dizaines d’opérateurs virtuels dans la Téléphonie mobile (MVNO), le Téléphonie sur IP et la Télévision sur IP qui vont générer des milliers de postes d’emplois pour nos jeunes diplômés et  auront également pour conséquence l’amélioration de  l’offre et le choix pour les consommateurs et l’intensification des infrastructures.

La filialisation et la mutualisation des Infrastructures réseaux en fibre optique de la STEG, de la société des Autoroutes et de la SNCFT peut booster le secteur et créer des centaines d’emplois.

Avec la mise en œuvre en Tunisie de l’administration électronique , la carte d’identité électronique, l’école numérique avec le cartable électronique, le livre électronique, les tableaux interactifs et les classe virtuelle on pourrait générer des centaines de milliers d’emplois dans le secteur du multimédia pédagogique et ancrer une industrie génératrice de devises pour l’économie nationale.

Le  pôle de communication Elgazala  constitue un modèle du genre.

– Une population totale regroupant 4000 personnes
– 80 entreprises
– 1370 emplois dont 98% sont des cadres supérieurs
– Huit multinationales
– Un incubateur qui évolue vers une pépinière d’entreprises
–  7 unités de recherche
– Un centre d’études et de recherche en Télécommunications
– 3 établissements de formation dont une école doctorale
– Rayonnement international
–  75 % de la production destiné vers l’export

3. Recherche-Développement (R&D) et l’innovation industrielle

La recherche scientifique et technologique constitue aussi un axe majeur pour soutenir l’innovation et le développement économique en Tunisie.

Ainsi les domaines prioritaires en recherche sont les biotechnologies, les télécommunications, les nanotechnologies , le biomédical, le dessalement de l’eau de mer , l’environnement et l’énergie.
Le nombre d’ingénieurs et de scientifiques en Tunisie est l’un des plus élevés au monde, soit plus de 1 pour 1000 employés..

La Tunisie dispose d’un vivier de chercheurs expatriés qui  contribuent à des programmes prestigieux de recherche en  Europe, aux Etat unis d’Amérique et au Japon.

L’implication de nos meilleurs talents expatriés dans des programmes de coopération internationale peut constituer un levier formidable pour introduire notre pays dans la sphère des pays développés.
La Tunisienne Dr Zoubeïda Ounaïes est un exemple. Elle a à son actif à ce jour aux Etat unis , deux inventions: l’une portant sur «Materials made from carbone nanotube polymer composites and methods for making same » et l’autre portant sur : «Multilayer electroactive polymer composite material ».

Karim Ghariani était déjà à 19 ans, une icône mondiale en mathématiques en simplifiant un problème vieux de plus d’un siècle relatif aux nombres de Bernoulli , grâce à sa « Karimation ».

La Tunisie a enfanté des milliers de surdoués à l’instar de Karim Ghariani de Zoubeïda Ounaïes, d’Elyes Jouini  etc  … des compétences à la réputation internationale bien établie.

Bref  l’économie du savoir qui exige juste de l’intelligence et d’audace, semble être faite pour nous les Tunisiens.

4. L’enjeu des infrastructures de base

En matière d’infrastructure et de superstructure 🙁 routes , autoroutes, maritimes et aériens) le  transport en tant que tel est un élément clé de la compétitivité de l’ensemble de l’économie d’un pays.

Avec le développement de la  logistique, la Tunisie peut jouer un rôle de carrefour et de pôle d’échange international.

Dans un classement mondial de la logistique publié par la Banque mondiale. La Tunisie arrive au (60e) rang devant  le Maroc (94e) et l’Algérie au 140e derrière.

La performance de La Tunisie s’explique entre autres par la centralité géographique, le développement du secteur des TIC, la qualité des infrastructures et le niveau des ressources humaines.

L’accélération des flux de passagers et de marchandises et le Management logistique peuvent  modifier profondément les stratégies des acteurs économiques en termes d’offre, de demande et de régulation.
La mondialisation va favoriser l’émergence de ce pôle d’activité en Tunisie pour conférer à la Tunisie une dimension internationale et asseoir son attractivité économique et gagner les défis de la compétitivité logistique.
Ces Mutations organisationnelles seront intrinsèquement liées, et à la fois la conséquence aux développements des TIC, de la qualité de nos infrastructures et de nos ressources humaines.

Les évolutions des TIC associées à de nombreuses avancées technologiques, institutionnelles et commerciales, vont  institués un cercle vertueux pour une flexibilité totale dans les échanges internationaux avec notre pays.

L’informatique, les réseaux de télécommunication, les systèmes gestionnaires de bases de données (SGBD) et gestionnaires électroniques de documents (GED), les systèmes d’identification des unités logistiques (RFID , GPS & GPRS ) et les systèmes de lecture associés, l’échange de données informatisé (EDI), Internet, les systèmes d’information géographique (GIS) tous est presque acquis à la Tunisie.

« La logistique est l’un des principaux moteurs de la compétitivité. Elle peut entraîner le succès ou l’échec d’un pays à l’heure de la mondialisation » affirme Uri Dadush, Directeur chargé du commerce à la Banque mondiale.
La logistique est  un facteur de dynamisme pour les entreprises situées en amont (la production-transformation) et en aval (la distribution). Les implantations logistiques sont souvent considérées comme sources d’emplois et constituent  un élément-clef de la bonne santé de l’économie d’un pays.

Pour des  raisons d’écosystème logistique favorable les logisticiens internationaux feront de la Tunisie  l’une de leurs destinations privilégiées pour l’échange Europe-Afrique. Près de 200 projets internationaux dans le secteur logistique  sont à la recherche chaque année d’une localisation plus optimale pour leur investissement.

La réalisation de mégas projets structurels stimule l’activité économique et accroît l’attractivité de notre pays ; De plus, ces grandes réalisations conféreront à la Tunisie une dimension internationale et constitueront un acquis majeur pour les générations futures.

Bref, la Tunisie  s’engagera dans un plus fort transfert de valeur ajoutée entre les deux rives de la méditerranée pour une intégration économique régionale dans un monde multipolaire et hétérogène
L’évolution récente des IDE (Investissements Directs Etrangers) traduit une augmentation de l’attractivité de la zone  Tunisie.

Plusieurs acteurs industriels, présents à travers des activités d’assemblage  en Tunisie, ont pris conscience de l’opportunité que représentait la présence d’ingénieurs qualifiés aux salaires modérés et capables de collaborer efficacement avec des équipes européennes.

L’implantation d’entreprises de services hautement technologiques en Tunisie répond à cette même logique de recherche de compétences rares en Europe.

Ces entreprises recrutent en Tunisie des ingénieurs fortement qualifiés et capables d’interagir efficacement avec des clients européens grâce à une maîtrise des langues et à une présence dans des fuseaux horaires proches.

5. L’enjeu de l’enseignement et la qualité des ressources humaines

L’apparition de l’enseignement supérieur en Tunisie remonte loin dans l’histoire .La Tunisie à investi énormément depuis l’indépendance dans les infrastructures d’enseignement. En quelques années, plusieurs établissements d’enseignement supérieur furent créés depuis la création de la première université tunisienne en 1960. Le nombre d’étudiant est passé de 5000 en 1965 à 346 876  en 2010 .

Ce phénomène qui est passé de la stagnation dans  les années 60 à l’explosion les années 2000, repasse à la stagnation en 2025,  suivant l’évolution démographique en Tunisie. Une question stratégique est alors posée : que faire après 2025 ?

Dans la mondialisation,  les États  ont réalisé qu’il existait un marché mondial de l’enseignement supérieur.
Il y a aujourd’hui environ 3,5 millions d’étudiants mobiles à travers le monde. De 1999 à 2004, le nombre d’étudiants mobiles dans le monde a progressé de 41 %, passant de 1,75 à 2,5 millions d’étudiants et tous les indicateurs  donnent  à penser que ce chiffre va encore progresser fortement. À l’horizon 2025, il  devrait quintupler.

L’enseignement supérieur est devenue un enjeu stratégique pour nombre de pays et se révèle être un marché concurrentiel fort. L’émergence du nombre d’étudiants africains et arabes peut  constituer un formidable vivier pour nos  établissements d’enseignement supérieur privé

L’accueil d’étudiants en mobilité internationale peut  non seulement accroître les recettes de l’enseignement supérieur local, mais peut également s’inscrire dans une stratégie plus vaste le recrutement des talents hautement qualifiés.

De nombreux pays ce sont engagés dans des initiatives de rayonnement international pour attirer le plus possible d’étudiants étrangers. Certains pays, comme Singapour, le Qatar ou Dubai, tentent d’investir lourdement pour bâtir un enseignement supérieur de haut niveau.

Je cite un rapport de L’UNESCO de 2006 : «le dynamisme de l’enseignement supérieur tient aux étudiants africains, arabes et chinois. Ils constituent la force motrice de son internationalisation ».

Cependant, les étudiants originaires d’Afrique subsaharienne restent les plus mobiles au monde, presque trois fois plus que la moyenne mondiale.

La mobilité des étudiants originaires des Etats arabes enregistre aussi une croissance continue, ces étudiants représentaient en 2006  7 % de l’ensemble des étudiants mobiles dans le monde.

Les études à l’étranger représentent le plus souvent des frais non négligeables que les bourses d’études ne couvrent en général que partiellement.

De nombreux États du nord, soucieux de ces enjeux économiques , pour conserver leur compétitivité ont  mis en place des dispositifs attractifs visant à attirer et à conserver « ce réservoir » d’étudiants étrangers.

Comment nos institutions s’adaptent-elles à cette nouvelle donne ?
La Tunisie dispose de tous les ingrédients pour réussir ce défis, ressources humaines qualifiés et une grande expérience de plus d’un demi siècle dans ce secteur.

A cet égard, la mise en œuvre de mécanismes pour le partenariat  public – privé et grandes universités de prestige  pour bénéficier des moyens du public, de la flexibilité du secteur privé  et de  prestige des grandes universités  du nord est vivement recommandée. Il s’agit aussi d’adapter les programmes et la logistique non pas en fonction du marché local, mais en termes de débouchés et d’accès à l’emploi orienté vers l’international et  cela se passe d’abord par l’utilisation des langues et notamment l’anglais.

On peut aussi réfléchir à des outils d’aide à la création en partenariat avec les pays d’Afrique d’institutions de premier cycle ou préparatoires tunisiennes et conclure des accords de double diplôme, des programmes conjoints et des délocalisations de formations avec des établissements locaux d’Afrique.

Les organismes d’aide à l’exportation tel que CEPEX pourrait aider à créer des bureaux à l’étranger pour promouvoir et recruter, voire développer, des formations spécifiques.

Un partenariat université virtuelle tunisienne avec les institutions prives en Tunisie pourrait générer des milliers d’emplois et des ressources non négligeables en devises  en coupant l’herbe sous les pieds de nos concurrents des pays du nord.

6. L’enjeu du service public et du service universel.

La Tunisie dispose aussi des ressources de grande qualité dans le secteur du service universel, tel que la poste, les télécoms,  la distribution des eaux , l’énergie et la santé.

La aussi, il faut prévoir un partenariat public-privé pour exporter ce savoir-faire tunisien dans les pays d’Afrique.
J’ai travaillé personnellement sur un programme de mise à niveau de la poste libyenne : un partenariat public- privé pourrait créer des centaines de postes d’emplois dans ce secteur.

Enfin, je dirais qu’il faut dépasser la  défiance post-révolutionnaire envers les institutions publiques et la méfiance du public envers la sphère privée et établir des règles de jeux flexibles mais transparentes.
Il est vrai que Les années quatre-vingt dix ont créé un climat malsain caractérisé par l’individualisme et un sentiment d’impuissance  qui a renforcé la défiance et la méfiance.  J’espère que l’ère de l’après-révolution développe la confiance qui  nous sécurise, nous rassure et développe la solidarité et cohésion sociale.

Avec la solidarité, la confiance et la cohésion sociale un peuple intelligent comme  le peuple tunisien est en mesure de relever tous les défis.

Nejib Belhabib

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Nobel comment atteindre l’excellence académique

                                          Par le Professeur Abdelaziz Daoud

Avec la mondialisation de l’activité économique, les pays seront ceux qui disposeront d’un capital humain abondant et hautement qualifié. C’est le système d’éducation et de formation qui créée le capital. Jusqu’a la moitié du 20 ème siècle, l’Europe est demeurée la référence internationale en matière de compétence académique et technologique. Mais aujourd’hui la plupart des prix Nobels vont aux grandes universités américaines là ou tout est assur2 pour un travail de recherche scientifique bien fondé.

Comment comparer les universités américaines et européennes ?

Le critère du prix Nobel pourrait être le plus objectif et le plus universellement accepté par la communauté scientifique.

A partir d‘informations disponibles sur le site internet et la fondation Nobel on a choisi deux disciplines pour représenter les différents modèles d’excellence académique : la physique (plus au moins liée à la technologie) et l’économie (comme indicateur de ce qui se passe dans les sciences sociales).

Nous obtenons un total de 98 lauréats du prix Nobel de physique entre 1938 et 1999.L e prix de l’économie a été inauguré en 1968 et a été jusqu’à aujourd’hui discerné à 43 lauréats.

Dans le domaine de la physique, les états unis prennent le pas sur l’Europe à partir de 1938.mais de 1969 à 1998, la chute de l’Europe a été vertigineuse entre 1938 en 1968, l’Europe remporte un tiers des prix nobel de physique, entre 1985 et 1998, on ne lui accorde pus qu’environ 7.4 les états unis 74.1 et les autres 18.5.le déclin européen n’est pas moindre en économie entre 1969 et 1984, l’Europe se taille une place respectable avec 41% des prix.Sa part touche à 24 % durant la période la plus récente alors que les états unis s’octroient 76 % de récompenses.

Aujourd’hui la plupart des prix Nobels vont aux états unis ou toutes les motivations et les incitations sont assurées

Les raisons du déclin

Pourquoi existe-t-il des différences entre l’Europe et les états unis en termes d’excellence académique.

D’abord les états unis sont plus riches que l’Europe et sont capables de dédier plus de ressources à l’éducation mais on constate cependant que le pourcentage du produit intérieur brut (PIB) dédié à l’éducation ne varie pas vraiment entre l’Europe et les états unis.

En fait, le danemark,la Finlande et la Suède consacrent une part plus importante de leurs ressources naturelles à l’éducation que les EU .l’explication doit donc être recherchée ailleurs.

Voyons les fonds consacrés à l’éducation dans les 2 continents ? Les fonds dont dispose l’éducation proviennent principalement de 2 sources : l’Etat ( c’est-à-dire les contribuables) et les apports privés sous forme de frais de scolarité ou de dons.

En Europe, la part des contributions privées est très modeste pour la majorité des pays et ne dépasse jamais 28%.

Ce chiffre dépasse 50% pour les Etats unis. Cette part importante des contributions privées a des conséquences considérables en termes de responsabilisation financière, de compétition, d’amélioration de l’enseignement et de la recherche.

Ce mode de fonctionnement aux états unis a d’importantes répercussions sur la possibilité de récompenser la performance et de déclarer ceux dont l’enseignement laisse à désirer. Les statistiques relatives à la recherche, le développement et la technologie (RDT) reflètent l’avancée technologique d’un pays et sont par conséquent utilisés comme des indicateurs du dynamisme scientifique d’une nation. Les états unis consacrent 2.6% de leur PIB contre 1.8% de leur PIB au RDT.

Adam smith a été le premier à constater que la qualité de l’enseignement dispensé à OXFORD déclinait. Il proposa alors de modifier le système de rémunération des professeurs de sorte que leur salaire ne sera plus garanti.les frais d’enseignement seraient collectés à l’entrée de la salle de cours. Par conséquent, les professeurs les plus demandés seraient les mieux rémunérés. Ce qui créerait une motivation pour améliorer la qualité de l’enseignement. La situation n’est pas très différente aujourd’hui. Les universités européennes, les titularisations académiques sont encore de règle, alors que ce principe se perd aux états unis.

En Europe, un étudiant n’a quasiment pas la possibilité de choisir son université alors que le choix est plus large aux EU. , les vrais décideurs sont les familles et les étudiants.

En Tunisie, l’éducation doit mettre en place des motivations à l’excellence académique. Une réflexion approfondie doit prôner l’acquisition des nouvelles connaissances et inciter à considérer les investissements en formation. Ceci a été d’ailleurs été recommandé par Monsieur le Président au cours de la journée de l’Entreprise.

Il serait souhaitable :

-d’instaurer une tradition, à l’instar des pays développés, qui consisterait à récompenser les compétences universitaires en leur attribuant suite à leurs retraites, le titre de professeurs émérites et ce conformément a une sélection objective tenant compte surtout de leurs travaux scientifiques (publications, encadrement de thèses…)

-de créer une Académie des Sciences composée d’illustres hommes de sciences tunisiens résidant en Tunisie et à l’étranger et des professeurs émérites  élus par leurs pairs. Cette institution, phare du savoir pourrait contribuer d’une manière permanente à la réflexion sur l’éducation et l’enseignement et les nouveaux programmes appropriés, ainsi qu’à l’analyse et à la proposition des créneaux stratégiques susceptibles de servir le développement technologique de notre pays.

Il serait enfin judicieux de penser à l’expérience des anciens cadres retraités (polytechniciens, centraliens, doyens, directeurs d’organismes d’enseignement supérieur) et de faire appel à eux dans l’étude de certains dossiers techniques jugés d’intérêt national suprême. En organisant la société scientifique, on pourrait espérer préparer la voie de l’excellence académique.

Les oubliés du prix Nobel

-le russe mendelev ( 1834-1907),inventeur du tableau périodique des éléments chimiques, l’américain Avery découvreur du rôle de l’ADN dans l’hérédité, le chimiste français Berthot (1807-1907) qui réussit la synthèse de plusieurs substances organiques…tous ont été proposés pour le prix mais ils ne l’ont eu..

-En 1923, le britannique John Maeleod reçut le prix nobel de médecine pour ses travaux sur l’insuline. Le comble c’est qu’on s’est aperçu par la suite que Mac Leod  n’a jamais participé aux travaux scientifiques sur l’insuline.

-Sigmund Freud peut être considéré comme le plus célèbre et le plus éminent des scientifiques qui n’a pas reçu le prix nobel.

Pourtant Freud a été proposé pour le prix à plusieurs reprises (de 1915 à 1938).Le fait que Freud soit juif n’a pas joué à l’époque en sa faveur. En outre la psychanalyse, comme un instrument de compréhension et de traitement des maladies mentales n’a pas été associée à la médecine qui était fondée sur les sciences naturelles exactes.

L’entreprise et le transfert de technologie

Par le Professeur Abdelaziz Daoud

 

 

A-t-on la technologie de sa culture ou la culture de sa technologie ? La technologie est-elle transférable ? Ou doit-on opposer à la notion de transfert de technologie, celle d’appropriation ou de maîtrise de la technologie ? … voilà autant de questions délicates qui montrent, à suffisance, l’ambiguïté de l’expression même de transfert de technologie et l’existence de rapports intimes entre culture et technologie.

 

Ainsi, toute tentative de définition de la notion de transfert de technologie doit être la plus englobante possible et doit fortement prendre en considération la dimension culturelle.

 

Le technologie est le reflet du savoir et savoir-faire détenus par une société. Elle exprime une certaine vision du monde et de ce fait, elle ne saurait être neutre. Par ailleurs, elle ne se justifie que parce qu’elle permet la satisfaction de besoins bien précis.

 

Le transfert de technologie ne peut donc pas se réduire à une simple opération de cession ; il est plutôt un processus complexe et continu d’appropriation de savoir-faire.

 

Principaux problèmes liés au transfert de technologie 

 

Selon qu’il se situe au niveau de l’Etat ou au niveau de l’entreprise, ce transfert soulève des problèmes plus ou moins spécifiques mais qui, pour l’essentiel, s’articulent autour de l’homme et de sa formation, de la technologie, des cadres institutionnels, etc …

 

 

 

 

 

 

 

  • Au niveau de l’Etat :

 

La volonté de développement, maintes fois réaffirmée par les responsables politiques, doit être traduite en réalisations concrètes, notamment par la mise en place des moyens nécessaires à l’atteinte de cet objectif. Aussi, en vue de favoriser effectivement le transfert de technologie, un certain nombre de conditions préalables doivent-elles être réunies. Ce sont, entre autres :

 

* La mise en place, en plus des politiques agricoles et industrielles, de véritables politiques scientifiques et techniques conformes aux aspirations culturelles des différents pays. Ces dernières serviront de cadre au développement ;

 

 

* Le développement de l’enseignement des sciences et techniques dans nos systèmes éducatifs respectifs, ainsi que la prise en compte de la formation et de la recherche dans les structures non formelles ;

 

* La mise en place d’un cadre institutionnel favorable au transfert de technologie, tout en veillant, en même temps, au renforcement de la capacité de négociation des pays en développement, de façon à les hisser au rang de partenaires vis-à-vis des pays développés ;

 

* Le nécessaire développement de la coopération régionale et sous-régionale de façon à rechercher la satisfaction des besoins en technologies, en priorité au niveau régional et sous-régional.

 

  • Au niveau de l’entreprise :

 

En plus des problèmes généraux qui viennent d’être évoqués, il faut accorder l’attention nécessaire aux problèmes aussi pratiques que la pertinence de l’expression de la demande en technologie ou l’analyse des mobiles du vendeur.

 

En effet, il est important pour l’entrepreneur à la recherche d’une technologie, de se poser les bonnes questions au bon moment, tout comme il lui est important de cerner les mobiles du vendeur pour mieux préserver ses intérêts.

 

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, l’entrepreneur, dans les pays en développement notamment, doit cesser d’être un simple assisté pour s’élever au rang de partenaire dans les négociations de contrats de transfert de technologie. Il aura recours, au besoin, à des experts ou à des organismes conseils compétents en la matière.

 

Evaluations de besoins de l’entreprise en technologie, recherche de technologies adaptées et maîtrisables

 

1) Evaluation des besoins de l’entreprise en technologie :

 

D’une manière générale, ces besoins sont de différentes natures :

 

* Les besoins essentiels ou élémentaires de la population qui sont souvent mal exprimés et pour lesquels les experts doivent, de préférence, être du même pays pour mieux les comprendre et les formuler correctement ;

 

* Les besoins de petites entreprises qui, en général, sont privées ;

 

* Les besoins des grandes entreprises qui sont, dans la plupart des pays en voie de développement, sous le contrôle total ou partiel de l’Etat.

 

Les moyens d’évaluation sont spécifiques à chacun des cas. Les petites entreprises s’adresseront soit à des centres techniques, soit à des experts qui sont pour la plupart des étrangers. Les grandes entreprises qui disposent de leurs propres moyens d’évaluation de besoins technologiques, conservent généralement la maîtrise de leurs choix technologiques.

 

2) Recherche de technologies adaptées aux besoins :

 

Une fois les besoins en technologies identifiés et la priorité de leur satisfaction établie, la question est alors de savoir que faire pour les satisfaire dans les meilleures conditions. Une réponse à trois niveaux pourrait être proposée :

 

  • Création de structures d’intermédiation :

 

Il est nécessaire de créer des structures d’intermédiation entre l’utilisateur et les sources d’information qui auront pour tâche essentielle la traduction du besoin de l’utilisateur en demande technologique.

 

 

 

 

 

  • Recherche de l’information technique :

 

Elle peut se réaliser aussi bien au niveau national qu’international :

 

* Au niveau national : l’utilisateur aidé par la structure d’intermédiation, peut interroger les centres de recherche et les centres de documentation nationaux. Ces derniers doivent accorder, dans leurs réponses, une priorité à la technologie endogène qui sera ainsi valorisée. Si la demande n’est pas satisfaite au niveau national, l’utilisateur pourra faire appel à la technologie disponible à l’étranger, en commençant par son environnement immédiat, dans une perspective d’appropriation et non de consommation passive.

 

* Au niveau international, l’utilisateur aidé par la structure d’intermédiation  peut s’adresser à des organismes spécialisés en information technique. A titre d’exemple, l’Organisation Africaine de la Propriété intellectuelle (OAPI), l’Office Européen des Brevets (OEB) et maintenant l’INNDRPI, l’Organisation Mondiale de la Propriété intellectuelle (OMP) pourraient lui fournir des rapports de recherche sur l’état de la technique dans un domaine donné.

 

 

Il faut, par ailleurs, signaler l’existence d’une documentation importante dans des organismes tels que l’ACCT, l’ONUDI, la FAO, etc … sur les sources d’information technique dans le monde.

 

  1. c) Décision :

 

L’utilisateur aidé par la structure d’intermédiation, analyse les documents reçus, choisis l’information la plus pertinente, puis décide.

 

  • Transfert du savoir-faire :

 

Après l’identification des besoins en technologie et le chois de la technologie adaptée à ces besoins, il est nécessaire, en vue d’un transfert réussi de savoir-faire :

 

* D’identifier les technologies locales et voisines et de les développer ;

 

* De bien choisir ses partenaires, tant pour les développements des technologies que pour les conseils en matière de choix technologiques ;

 

* De savoir créer les conditions d’un véritable partenariat avec des objectifs clairs ;

 

* Pour le receveur, de mettre en place les conditions d’une bonne réception et d’une bonne application de la technologie acquise ;

 

* De résoudre correctement le problème de la maintenance ;

 

* D’assurer la formation des hommes, tant au plan technique que psychologique ;

 

* De conclure des contrats simples définissant clairement les responsabilités identifiées, le meilleur rapport coût/efficience et permettant l’accès aux innovations technologiques ultérieures.

 

 

Modalités juridiques et financières d’acquisition des technologies, formation, maintenance et assistance technique

 

 

  • Modalités juridiques d’acquisition de technologies :

 

Il serait imprudent de recourir à une formule contractuelle type, de chercher un modèle idéal. Il faudra, en réalité, dans tout contrat de transfert technologique, adapter la formule contractuelle au cadre dans lequel l’opération de transfert technologique doit être faite.

 

La négociation reste un élément majeur parce qu’elle doit permettre l’élaboration de la formule contractuelle appropriée. Par ailleurs, l’institution d’une « ingénierie juridique » au sein des pays receveurs constituerait un dispositif utile.

 

  • Modalités de financement du transfert de technologie :

 

Dans la plupart des cas, le financement du transfert de technologie s’assimile au financement d’investissements matériels ou immatériels lorsqu’il s’agit de savoir-faire. Ces investissements sont souvent liés. Les recommandations se situent à quatre niveaux :

 

  1. Circulation de l’information : Bon nombre d’organismes chargés de recherche des partenaires aux promoteurs des pays en voie de développement, ou des organismes de financement en apports en capital sont tout simplement ignorés de ces promoteurs.

 

  1. Formation des experts en étude de projets : Un important travail de formation est donc nécessaire, tout en évitant de grossir à l’excès le nombre des experts salariés des organismes publics ou des banques de développement. Mieux vaut, suivant en cela l’exemple canadien, favoriser la sous-traitance auprès de cabinets privés des études de facibilité technique.

 

  1. Fonds propres : Les fonds propres doivent financer les investissements, les crédits à long terme ne pouvant que compléter les fonds propres. Or, la plupart des promoteurs dans les pays en développement sont dépourvus de fons propres suffisants. En cas de bénéfices, le promoteur du Nord serait rémunéré par les dividendes ; en cas d’échec, il partagerait le risque avec l’entrepreneur.

 

  1. L’aide d’accompagnement : Dans tous les cas, le promoteur devra faire un apport complémentaire sur ses fonds propres pour éviter tout abus d’utilisations des subventions.

 

  • Modalités humaines :

 

Au niveau de la formation, il y a deux éléments importants à prendre en compte ; la formation générale et la formation spécifique au projet.

 

  1. Formation générale : Elle relève principalement de l’Etat et doit être adaptée aux besoins du pays et complétée par une formation continue.

 

Une carence, fréquente dans les pays en voie de développement, doit être corrigée. En fait, dans ces pays, la formation s’effectue sous deux formes : soit que les étudiants partent dans les écoles du Nord (cela occasionne un exode de cerveaux) et y reçoivent une formation trop théorique pour les besoins réels soit qu’ils entrent dans les écoles nationales spécialisées. Il en est ainsi des écoles d’agriculture, de pêche, de la santé qui engendrent des techniciens aux profils trop pointus.

 

  1. Formation spécifique au projet : Elle doit plutôt relever du fournisseur de technologie que de l’Etat. Mais, elle doit être reliée à un organisme national : bureau d’étude national, institut technique, ect… Cette liaison à un organisme national est importante pour que les expériences puissent rester dans le pays et s’accumuler au cours des années. La formation spécifique doit être envisagée de deux façons : à court et à long termes.

 

Enfin, il est très important dans le volet formation de ne pas négliger le problème du recrutement local et celui des coopérants étrangers qui ne remplissent pas toujours leurs obligations.

 

Impacts de l’innovation sur le développement

Par le professeur Daoud Abdelaziz

           Le contexte de l’innovation a profondément changé depuis vingt ans. L’apparition et la diffusion accélérée de nouvelles technologies et les changements continus qui exigent des adaptations permanentes se révèlent être un défi pour l’ensemble des sociétés .Aussi, la croissance, le maintien de l’emploi et la compétitivité passent-ils, obligatoirement, par l’innovation.

Le nouveau contexte de l’innovation : la globalisation des marchés et la montée des alliances stratégiques, l’émergence de nouveaux pays concurrents sur le plan technologique, l’interpénétration des sciences et des technologies, l’augmentation des coûts de la recherche, la montée du chômage et des facteurs sociaux tels que l’environnement, sont autant de phénomènes qui ont bouleversé  aussi bien les conditions de production et de diffusion des innovations que les raisons sous-jacentes à l’intervention des pouvoirs publics dans ce domaine.

Dans ce nouveau contexte la capacité des utilisations et des entreprises à investir dans la R&D, dans l’éducation  et la formation, dans l’immatériel… est désormais déterminante. Il faut à  la fois travailler dans le moyen ou le long terme et réagir très rapidement aux contraintes et aux opportunités du présent.

Innovation et compétitivité :

Force est de constater que l’innovation est un facteur important de la compétitivité et ce, à plusieurs égards :

  • L’innovation dans les procédés: l’innovation dans les procédés permet d’augmenter la productivité en augmentant la production des facteurs et/ou en diminuant les coûts. Elle permet de jouer sur les prix et d’augmenter la qualité et la fiabilité des produits.

Par ailleurs, la compétition rend constante cette quête de la productivité : les améliorations successives sont le gage du maintien dans la course.

Le remplacement des équipements s’accompagne de plus en plus de renouvellement d’améliorations dans les méthodes et dans l’organisation.

Les changements radicaux plus rares, bouleversent les modes de production et rendent parfois possible l’émergence de produits nouveaux.

  • L’innovation dans les produits ou services: l’innovation en termes de produits (ou de services) permet la différenciation d’avec les produits concurrents, atténuant ainsi la sensibilité à la compétition par les coûts ou les prix;

Qualité et performances accrues, meilleur service, fiabilité, etc … sont autant d’éléments que l’innovation permet de renforcer et qui font la différence pour des clients exigeants .Là aussi, l’innovation progressive domine.

L’innovation radicale de produits ouvre, quant à elle, des marchés nouveaux.

Correctement protégée et rapidement exploitée, elle s’assure, pendant un certain temps, un avantage déterminant pour l’innovateur.

Associée à la création d’entreprises (et à leur développement ultérieur), elle permet temporairement, à un pays ou à un ensemble supranational, de maitriser des marchés porteurs et d’assurer, ainsi, un renouvellement du tissu économique.

  • Organisation du travail et valorisation des RH: l’innovation dans l’organisation du travail et la valorisation des ressources humaines, de même que la capacité d’anticipation des techniques, de l’évolution des besoins et des marchés sont souvent la condition sine qua non pour que les autres formes d’innovation réussissent
  • Innovation et distribution: Puisque le cycle de vie des produits et services raccourcit progressivement et que les générations de technologies se succèdent à un rythme accéléré. Les entreprises sont souvent confrontées à une pression qui les pousse à innover aussi vite que possible.

Le temps d’accès au marché ainsi que le choix du moment où l’on introduit sur celui-ci un nouveau produit deviennent des facteurs cruciaux de la compétition.

Enfin, c’est la diffusion des techniques, produits et services nouveaux dans l’ensemble du tissu économique, qui permet d’en tirer pleinement bénéfice en termes de compétitivité.

Le développement des connaissances : un ressort de l’innovation

Les nouvelles théories de la croissance (dite « endogène ») insistent sur le fait que c’est le développement des connaissances et les changements technologiques qui constituent le moteur de la croissance durable plutôt que l’accumulation pure et simple de capitaux.

Selon ces théories, les pouvoirs publics peuvent influer sur les fondements de la croissance économique en participant au développement de la connaissance, l’un des principaux ressorts de l’innovation. Les pouvoirs publics peuvent agir sur la distribution des connaissances et des compétences dans l’ensemble de l’économie de la société : par exemple, en facilitant la mobilité des personnes et les interactions entre entreprises et sources extérieures de compétences, notamment les universités ; mais aussi en veillant à ce que la concurrence s’exerce pleinement et en luttant contre les corporatismes.

Innovation et entreprises

L’innovation est au cœur de l’esprit d’entreprise. Pratiquement, toute nouvelle entreprise nait à partir d’une démarche innovante, au moins par rapport à ses concurrents existants sur le marché.

Ensuite, pour survivre et se développer, les entreprises doivent innover en permanence, même simplement, de manière progressive. A cet égard, les avancées techniques ne suffisent pas, à elles seules, à garantir le succès.

L’innovation, c’est aussi anticiper sur les besoins du marché, offrir une qualité ou des services additionnels, organiser efficacement, maitriser les détails et contrôler les coûts.

La concurrence moteur de l’innovation 

Pour qu’il y ait innovation il faut un ensemble de règles de jeu qui la stimulent :

*cela concerne la concurrence, moteur puissant de l’innovation, aussi bien que moyen de lutte contre les abus de position dominante qu’il convient d’entretenir en permanence

*cela concerne également les règles juridiques de protection de la propriété intellectuelle, facteur décisif de promouvoir et de s’adapter constamment aux évolutions des technologies et de la société.

La concurrence entre entreprises indépendantes est le premier moteur de compétitivité C ‘est aussi la concurrence qui rend les entreprises plus compétitives dans une économie de plus en plus mondialisée.

Il ya donc lieu de distinguer, aussi clairement que possible, entre les  restrictions de   la concurrence qui rendent l’innovation moins probable parce qu’elles impliquent moins de pression sur les parties aux accords en cause et les restrictions de la concurrence, indispensables pour promouvoir l’innovation et la diffusion de technologies.

En second lieu, la recherche et l’innovation ont des spécificités propres bien connues qui sont prises en compte du point de vue du droit de la concurrence.

Ces activités se caractérisent, notamment par l’importance de leurs effets externes et par la difficulté, pour les entreprises, de s’approprier les résultats de leurs efforts.

Joue aussi l’existence de processus d’apprentissage et d’économies d’échelle susceptibles d’être mieux exploités conjointement.

En matière de recherche et d’innovation, en particulier, la prise en compte des effets dynamiques dans la définition des marchés est importante pour l’appréciation des projets de concentration d’entreprises.

Etats unis Japon
·         un effort de recherche plus important ·         un effort de recherche plus important
·         Une proportion plus forte d’ingénieurs et de scientifiques dans la population active ·         Une proportion plus forte d’ingénieurs et de scientifiques dans la population active
·         Des efforts de recherche mieux coordonnés; notamment ce qui concerne la recherche civile et de défense (en particulier dans les secteurs aéronautiques: électronique et spatial) ·         Une grande capacité à adapter l’information technologique quelle que soit la source et une forte tradition de coopération entre entreprises en matière de recherche et développement
·         Une relation étroite université/industrie; permettant l’éclosion de nombreux entreprises de haute technologie ·         Une coopération université/entreprise en forte progression ; notamment par le détachement de chercheurs industriels auprès des universités
·         Un capital à risque plus développé et investissant dans la haute technologie et un marché boursier pour les PME dynamiques(le Nasdaq) ·         Des relations fortes et stables entre finance et industrie ; favorisant des bénéfices et les stratégies à long terme
·         Une traduction culturelle favorable au risque et à l’esprit d’entreprise ainsi qu’une forte acceptation sociale de l’innovation ·         Une culture favorable à l’application es techniques et à l’amélioration continue

 

·         Un moindre cout de dépôt des brevets et un système de protection juridique unifié et favorable à l’exploitation commerciale des innovations ·         Une pratique courante des stratégies concertées entre entreprise: universités et pouvoirs publics
·         Des délais de création d’entreprises et des formalités réduits ·         Une forte mobilité des personnes au sein des entreprises

 

Des facteurs expliquant les succès américains et japonais

 

Le Management de l’innovation

Par le Prof A.Daoud

Le sage du 21ème siècle sera à coup sûr le manager de l’innovation. Conducteur des changements, il trouve son équilibre dans et par le mouvement même.

Aujourd’hui, cependant, le manager de l’innovation paie encore cher le luxe qu’il s’offre en imaginant des solutions nouvelles. Il rencontre  en effet autour de lui davantage de résistance que du soutien.

Beaucoup d’acteurs de l’entreprise, beaucoup de collaborateurs, beaucoup de témoins protestent devant les tentatives de nouveautés. Ils se disent au fond d’eux-mêmes : Je n’ai jamais trouvé ça. Je n’ai jamais eu besoin qu’un autre le trouve. Et personne ne m’a jamais demandé.

Ces gens apprécient peu de vivre dans un espace ou les produits qu’ils fabriquent, les moyens qu’ils utilisent se métamorphosent sans qu’ils en soient les maîtres. Ils sentent plus ou moins confusément que la civilisation ne peut se passer d’eux mais  qu’elle passe au dessus d’eux. Le rôle du management de l’innovation est d’aider à mener un projet à son terme. Il a pour tâche de résoudre un paradoxe : la relation insuffisance du nombre des innovations comparativement à l’entendue des connaissances scientifiques et techniques s’accumulant dans le cerveau des cadres et des diplômés.                                 En fait, le savoir technologique et le bagage scientifique constituent une potentialité formidable, précieuse mais qui reste à convertir en nouveaux produits, nouveaux services et nouveaux processus de fabrications. Le management de l’innovation est une discipline qui s’adresse à l’homme complet, pris sous toutes ces facettes : ingénieur, producteur, chercheur, gestionnaire, acteur social, individu.  Innover mobilise la personne toute entière. Ainsi l’ingénieur, pour gagner en efficacité, ne se cantonne plus aux préoccupations technologiques qu’on lui réservait autrefois.      On peut repérer trois étapes à franchir sur le chemin de l’innovation qui correspondent d’ailleurs aux 3 lignes de force du management en tant discipline à maîtriser :

-Générer des idées remises et les faire partager.

-Répondre aux opportunités du marché.

-Dresser le diagnostic de rentabilité des projets novateurs.

L’enfermement dans notre univers intérieur nous tente parfois. Mais pour insuffler l’innovation, il faut marcher avec les autres, se frotter aux avis contradictoires, se battre pour arracher l’information essentielle, pour la transmettre et pour en donner le sens, prêt aussi à rencontrer la compréhension et l’adhésion la plus motivante. Autre frein à l’innovation : le peu d’élan manifesté par certains décideurs pour supporter tel projet nouveau. L’innovation a en fait un double visage : le nouveau, ce n’est seulement  un progrès par rapport au passé, c’est aussi un dénigrement du passé et une dévalorisation des atouts détenus par le corps en place, d’où la résistance de ces derniers.                                 Ajoutons à cela une certaine traque de l’individualisme dans l’entreprise. Les innovateurs sont des hommes ouverts et enclins à l’innovation. Il leur faut un climat propice à la créativité qui génère les idées et pour surcroît, l’élan, l’enthousiasme et la volonté. Il faut voir à quel point  chaque innovateur a ses théories favorites, ses méthodes d’approche préférées, ses techniques ingénieuses, ses solutions, ses propositions personnelles de projets. Innover, c’est également investir. On assiste à une irrésistible ascension des dépenses en investissements immatériels, frais de Recherche et Développement, coût de prototypes des mises à l’essai, de dépôt de Brevet, d’étude de faisabilité, coût des études de marché, des achats de clientèle, des acquisitions de savoir-faire, de la formation, de l’assistance au démarrage de l’installation, coût du plan de financement, du montage de dossier d’investissement, du contrôle budgétaire, etc…Dans les firmes  de hautes technologies, en tout cas, l’aptitude du personnel à exercer des fonctions techniques, le savoir-faire managérial sont considérés comme des avoirs précieux. Ils font l’objet d’un investissement important. Une telle compétence polyvalente de l’entreprise innovante est un atout incomparable face à la concurrence actuelle qui utilise constamment l’arme de l’innovation. Ainsi on peut qualifier d’entreprise de l’excellence toute entreprise performante exigeant de plus en plus que ses cadres remplissent pleinement leur rôle de ce manager de l’innovation.